Le lycée sous le signe de l'arbre aux 1000 écus
 
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 Virée Tokyoïte [Libre]

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MessageSujet: Virée Tokyoïte [Libre]   Dim 6 Fév - 22:48

Dimanche 13 juin 2010

Il arrive un moment dans une vie où on souhaite entendre sa langue maternelle! Ça peut paraître futile pour certains mais pour moi, ça devenait relativement urgent. Pas que je me plaigne d'entendre du japonais à longueur de temps ou de l'anglais et de l'espagnol en cours mais là, aujourd'hui, j'ai eu une furieuse envie d'entendre de l' hangeul, de me gaver de kimchi et de me rappeler qu'avant tout: je suis coréenne! Hélas, je n'ai pas trouvé de quartier coréen dans le coin. Certes, je n'ai pas fouillé la ville de fond en comble mais je n'avais pas non plus envie de passer mon dimanche à arpenter les rues pour, peut-être, ne rien trouver. C'est pourquoi je me suis réveillée extrêmement tôt ce dimanche pour prendre le premier train en partance pour Tokyo. En effet, je me suis souvenue que lorsque j'ai visité la capitale quelques mois plus tôt, mes pas m'ont menée à Okubo, tout près de Shinjuku. C'est, ni plus – ni moins, le quartier coréen de Tokyo! Dès lors, moi si calme et « mou du genoux » en temps normal, je me suis surprise à être comme une pile électrique. Si d'ordinaire je me prépare déjà rapidement le matin, là, je peux vous assurer que j'ai battu mon record. De même que les pneus de mon vélo qui n'ont pas été loin de fumer tant j'ai pédalé sec pour me rendre à la gare. Je me souviens même avoir failli renverser quelqu'un mais au lieu de m'arrêter pour m'en assurer, j'ai juste placé ma main au-dessus de mon front, les doigts serrés vers le ciel en hurlant « Mianhae » en guise d'excuses.

Cela étant, un doute m'a envahie après ce risque d'accident. *Et si « Mianhae » avait un mot voisin qui serait une insulte en japonais?* Dans le doute, quand j'ai failli percuter quelqu'un d'autre, j'ai effectué le même geste de la main tout en inclinant la tête rapidement. Sauf que cette fois-ci, j'ai crié « Gomen ne! ». Mais le colosse à qui s'adressait cette excuse n'en a eu rien à faire que je sois désolée ou pas. Pour lui, j'étais un petit caïd en salopette de jeans large et casquette en arrière qui n'en avait rien à faire des passants dans la rue. C'est pourquoi il a commencé à courir après moi tout en vociférant, m'obligeant à pédaler en danseuse pour ne pas perdre de la vitesse quand une pente s'est profilée face à moi. Toujours à cause de lui, j'ai même fait trois fois le tour du quartier de la gare – histoire de l'épuiser – avant de pouvoir sagement attacher mon vélo dans le parking prévu à cet effet et me rendre sur le quai où presque une demi heure d'attente se dessinait. Vingt-trois minutes plus exactement, qui furent les bienvenues car je n'en pouvais franchement plus... c'était d'ailleurs la première fois que je ressentais l'absence d'exercice d'athlétisme depuis mon arrivée au Japon. Je me suis donc laissée glisser contre le mur longeant le quai, les avants-bras posés sur mes genoux et la tête vers le ciel de cette fin de printemps, qui devrait être bleu dans la journée, à en juger par la météo.

Le long de la voix ferrée, plusieurs personnes attendaient également ce train. À croire que dimanche ou pas, beaucoup allaient malgré tout travailler à la capitale. Je dis ça car leurs tenues faisaient définitivement sérieux. Une poignée d'hommes étaient en costumes – cravates. Certains y avaient ajoutés un long manteau noir. Tandis que la majorité des femmes étaient en tailleurs sobres, tant dans la coupe que dans les couleurs. Je me suis même demandée quel travail pouvait se faire le dimanche? Mais avant même que je ne trouve la moindre ébauche de réponse, mon regard a été attiré par un groupe d'oiseaux volant en W dans le ciel. Mon visage a donc été de droite à gauche pour suivre leur trajectoire jusqu'à ce que les volatiles disparaissent derrière la gare. Ce qui me ramena aux personnes ici présentes. On n'a parfois pas idée de ce que les quidams peuvent faire en attendant un train. Certains lisent le journal fraichement imprimé, dont la première page traite de l'accident qui a impliqué six voitures la veille au soir sur une autoroute près d'Osaka. D'autres – vraisemblablement des collègues de boulot – traitent de sujets purement professionnels. D'autres encore, se pensant seuls ou dans l'angle mort des autres voyageurs, n'hésitent pas à gratter quelques parties de leur anatomie, méticuleusement ou avec vigueur. De quoi sérieusement vous donner envie de regarder ailleurs, là où des gens plus civilisés discutent et rient ensemble.

Certaines personnes vous apportent aussi de bonnes odeurs. Comme cet homme qui est venu se dresser à côté de moi contre le mur. Il était visiblement passé par la petite boutique en face de la gare où on sert de bons cafés crémeux. Ce doux parfum m'amena à imaginer l'établissement aux couleurs appétissantes, l'étalage pleins de petits pains fourrés. Cet arôme de café fraichement moulu, les clients en après midi qui discutent joyeusement autour d'une table ronde où trône fièrement une petite décoration florale. *Aaah* j'en soupirais de bien être en m'imaginant moi-même à la terrasse de ce petit café, lunette de soleil sur le nez et une tasse de café entre les mains. J'aurai même demandé au barista de dessiner une tête de chat avec la crème, juste pour le plaisir de boire quelque-chose aussi appétissant que bon. Mais ça ne sera pas pour aujourd'hui! C'est ce que je me suis rappelée quand j'entendis la voix dans le haut parleur annonçant que le train de sept heure quatre pour Osaka arriverait dans quelques instants sur le quai cinq. Ça ne me concernait pas mais ça suffit à me ramener à ma réalité: aujourd'hui, je vais à Tokyo pour retrouver le quartier coréen! Ce train qui va arriver dans dix minutes si je me fie au panneau d'affichage. Encore dix minutes à rester là, le nez vers le sol cette fois ci, avec ma casquette remise à l'endroit pour cacher mon regard posé sur mes baskets blanches, assise sur le carrelage froid de la gare entre cet homme debout à côté de moi et une grande étendue de quai libre à tout nouveau voyageur.
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Seiji Nakamura
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MessageSujet: Re: Virée Tokyoïte [Libre]   Mar 8 Fév - 18:19

Il avait décidé de faire les magasins. Une simple idée qui lui était venue en tête la veille au soir et avait justifié l'enclenchement de son réveil, chose finalement bien inutile. Réveillé plus tôt que prévu par ses colocataires, Seiji avait pris tout son temps pour prendre son petit-déjeuner et finalement se préparer. Le temps était chaud à l'extérieur, comme pour un mois de juin tokyoïte, mais heureusement une légère brise venait rafraîchir ceux qui voulaient malgré tout sortir en ce dimanche.

Avec un peu de surprise, le blondinet constata qu'il était loin d'être le seul. Si bien qu'à force de discuter avec une jeune fille d'une autre classe, il se retrouva à déjeuner un peu plus tard avec au lieu de partir au matin comme il l'avait envisagé. Finalement, ils se rendirent ensemble à la gare et ils se séparèrent alors qu'elle allait retrouver sa petite sœur.

Le jeune homme se rendit sur le bon quai après avoir acheté le bon ticket, le avant le nez en slalomant par habitude au milieu de ceux qui attendaient le train. Rabaissant finalement le nez pour se trouver un endroit où attendre, il reconnaît sans trop en être sûr une silhouette vaguement familière. Lui qui ne retenait pas les noms – ou souvent de travers – se savait plutôt physionomiste. Sans hésitation, il s'avança vers la personne dont il ne pouvait pas tout à fait voir les traits puisqu'une casquette les masquait partiellement. Le première année en vit néanmoins assez pour savoir qu'il avait l'une de ses camarades de classe devant lui.


« Hum, tu es... »

Comment s'appelait-elle déjà ? Il ne s'agissait pas d'un nom japonais, pourtant il eut un doute. Après quelques secondes de silence néanmoins, il sourit un peu et se lança, à peu près certain pour une fois de savoir correctement nommer la personne face à lui.

« Kim-san non ? On est dans la même classe, je suis le nouveau, Nakamura Seiji. »

Bon, étant arrivé une semaine plus tôt, il supposait qu'elle l'avait réalisé elle-même. Peu importait, il préférait encore se présenter pour rien plutôt qu'engager la conversation avec quelqu'un gêné de ne pas mettre de nom sur son visage.

« Ça te dérange si j'attends le train avec toi ? »
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MessageSujet: Re: Virée Tokyoïte [Libre]   Mar 8 Fév - 19:07

Toujours l'oreille attentive à ce qui m'entourait, j'écoutais les conversations des gens les plus proches. Bien qu'au final, ce n'était pas très intéressant. Tout au plus, certaines personnes apportaient des précisions sur cet accident de la veille. D'autres papotaient allègrement de la dernière recrue au bureau. Pas de quoi fouetter un chat en somme. Il m'en faudrait beaucoup d'ailleurs pour avoir l'idée de mettre en pratique ce proverbe dont je ne comprendrais jamais l'origine... Quoiqu'il en soit, il n'y avait vraiment que l'odeur de ce café qui me titillait les narines quand une ombre se profila sur moi. Une nouvelle personne non-identifiée apparemment, un nouveau sujet d'étude pour mon esprit observateur: un garçon de toute évidence à en juger par ses jambes et... sa voix! J'ai presque instinctivement froncé les sourcils en entendant son début de phrase. *Mais à qui il parle?* Voilà qui était des plus intriguants, c'est pourquoi j'ai poursuivi mon initiative de relever la tête jusqu'à croiser son regard, à l'instant même où il m'eut dit mon nom.

Nakamura -ssi ou -san, ou -kun... ou comme vous voulez! Je me demande encore comment il a fait pour me reconnaître car ce n'est pas vraiment comme si j'étais habillée comme d'habitude. Quoiqu'il en soit, j'ai hoché la tête en guise de réponse à sa question pour ensuite m'aider d'une main contre le mur derrière moi, pour me relever. Je n'allais quand même pas rester parterre avec ce type qui me parlait. Du coup, une fois debout, j'ai épousseté l'arrière de ma salopette ¾ pour ensuite reporter mon attention au blond. Je ne comprenais vraiment pas pourquoi il était venu me parler quoique, pour ce que j'en avais vu, il était de ce genre là. Du genre à venir au devant des autres sauf que j'étais la dernière personne à aller voir en classe. Tout au plus venait-on me demander une réponse pour une interro. Or là, pas de feuille de test dans les parages ni de problème insoluble. Dans le pire des cas, les contrôleurs de train étaient là pour ça.

Ne comprenant donc pas bien son intérêt à venir me voir, j'ai retourné à nouveau ma casquette en arrière pour machinalement me gratter la nuque. Tic nerveux que voulez-vous. Même mon regard, un sourcil toujours froncé, s'est mis à regarder aux alentours. Vous savez, cette mauvaise habitude que de regarder en direction de la voie ferrée avec une mine impatiente alors qu'on sait que le train n'arrivera de toute façon pas avant plusieurs minutes. Et en parlant de train, voilà que Seiji voulait en plus l'attendre avec moi! Autant dire que j'ai mis de côté mon observation des rails pour le regarder en coin, clignant plusieurs fois des yeux.

« Euh... »

Oui j'ai osé marqué une pause, l'air embarrassé, tout en frottant encore ma nuque.

« Oui. Si tu veux. »

Je n'avais aucune raison de lui dire non. Donc fatalement, j'ai accepté bien que je ne voyais pas du tout l'intérêt. Ni pour lui, ni pour moi. Au contraire, sa présence était un peu stressante au point que pour cesser de ressembler à un gamin plein de puces, j'ai fourré mes mains dans mes poches arrières. Mais un tic nerveux est vite remplacé par un autre. C'est pourquoi je me suis retrouvée à faire des demi-pointes à rythme régulier, pendant que ma bouche prenait une forme de cœur et que mes joues se gonflaient. Puis quand je sentais qu'on m'observait, je laissais doucement l'air filtré tout en roulant des yeux. Mais en même temps, je n'avais rien à dire et je me sentais un peu stupide comme ça, à côté d'un des types les plus sociales de la classe.
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MessageSujet: Re: Virée Tokyoïte [Libre]   Jeu 10 Fév - 17:45

Il la mettait mal à l'aise. Ce fut sa première observation et le moment de flottement où elle sembla hésiter le fit hésiter l'espace d'une seconde. Il ne voulait pas s'imposer, mais ne doutait pas assez de lui pour se sentir de trop. Elle était juste mal à l'aise et n'était pas la première qui du reste avait des réactions de jeune pucelle effarouchée avec lui. Une chose à laquelle il s'était à peu près fait, aussi un sourire rassurant apparu sur ses lèvres alors qu'elle acceptait finalement sa présence.

« Merci. »

Le blond vint s'installer à côté d'elle, face aux rails qu'il fixa sans trop y songer. Il n'était pas particulièrement pressé et, de toute façon, ils resteraient probablement ensemble dans le train. Avec une heure vingt de trajet – même si l'école affirmait qu'il ne fallait que quarante minutes - il lui paraissait peu important de fureter en attendant leur train.

« Ils ne sont pas trop durs à l'école avec toi ? Les Japonais ont du mal avec les différences... »

Lui le premier, mais les multiples bizarreries de son ancien lycée l'avaient cependant un peu rôdé. L'androgénie manifeste de la jeune fille – qu'il aurait prit pour un adolescent s'il n'avait pas été dans sa classe – n'était pas plus étrange que les multiples raretés génétiques et le comportement bizarre des gaijin de Hamura.

Seiji ne savait cependant pas à quel point Ginkgo Gakuen pouvait être ouvert sur la question. S'il acceptait plus d'étrangers que la moyenne grâce aux échanges internationaux – sans doute des élèves de l'école partaient-ils ailleurs aussi – ça ne voulait pas pour autant dire qu'ils étaient très bien acceptés par tous les élèves. Comme partout sans doute, réalisa-t-il.


« Pendant la semaine, j'ai eu l'impression que le lycée était assez calme et ouvert. Par contre il est affreusement grand, heureusement qu'il y a les passerelles parce qu'on s'y perdrait... Tu viens bien de Corée hein ? Je suppose que ça doit te changer d'être ici, mais c'est courageux de partir à l'étranger. »

Comme toujours, il ne laissait pas vraiment le temps de répondre aux questions qu'il posait – parce qu'il en connaissait la réponse dans ce cas précis et ne s'en servait que pour lier ses paroles. Il tourna un peu la tête vers elle et sourit doucement, sans trop s'attarder à la fixer. Ses traits n'étaient pas complètement nippons, bien qu'indéniablement asiatiques. Il y avait quelque chose chez elle – peut-être dans ce qu'elle dégageait – qui indiquait qu'elle venait d'ailleurs. Il détourna le regard rapidement et reprit en fixant devant lui.

« En tout cas, je ne le ferais pas... »
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MessageSujet: Re: Virée Tokyoïte [Libre]   Lun 14 Fév - 13:43

Toujours aucune trace de ce train. Au contraire, c'était sur la voie de derrière qu'un autre TGV fit son apparition quand Seiji me stoppa net dans mon attente scrupuleuse du train. Alors que jusque là je « jouais » à évacuer l'air lentement pour dégonfler mes joues, là, tout sortit d'un bloc, comme un ballon de baudruche qu'on lâche tout à coup après l'avoir rempli d'air. Une chance d'ailleurs que mes lèvres n'ont pas fait le même bruit. À la place, j'en suis restée comme deux ronds de flan. Lui au moins, il ne tournait pas autour du pot... Ce qui me désarçonna au point qu'immanquablement, une de mes mains retourna à la base de mes cheveux pour la frotter. Ce simple geste aida d'ailleurs ma nuque à tourner pour regarder Seiji avec mes yeux ronds comme des soucoupes.

« Hum... euh... non. Ça... ça va. »

Non mais franchement, c'était quoi cette question? *Je lui demande moi, s'il n'a pas de remarque sur ses cheveux blonds? Ou sur... sur...* en le regardant de la tête aux pieds, j'avoue qu'aucune réaction ne me venait. C'était de toute évidence un garçon qu'on n'embêtait pas... pas pour les mêmes raisons que moi en tout cas. Au contraire, lui, à la St Valentin par exemple, il avait dû recevoir pas mal de chocolats et marques d'affections. Ses cheveux blonds ne devaient qu'accentuer son charme donc non, il ne devait pas subir les mêmes ennuis que moi! Alors, par dépit, j'ai juste froncé les sourcils. De toute façon, si j'avais voulu étoffer ma réponse, ça aurait été peine perdue vu qu'il s'avançait déjà sur quelque-chose d'autre.

Il n'était d'ailleurs plus question de jouer au poisson ballon avec mes joues car ma bouche resta immuablement ouverte. *Comment peut-on parler autant? Il ne me laisse même pas en placer une* ironisai-je intérieurement alors qu'une espèce de névralgie s'empara d'un de mes yeux, incapable de savoir s'il devait cligner ou rester imperturbablement ouvert face à ce garçon qui faisait les questions et les réponses tour à tour. Je me suis même demandée si j'étais la seule à m'en rendre compte. C'est pourquoi, tout en humidifiant ma bouche qui se déshydratait à force de rester entrouverte, j'ai jeté un coup d'œil aux alentours.

Mais bien sûr, personne ne se souciait de la conversation de deux adolescents qui parlent entre eux. Aucun n'avait vu que des deux, le plus petit – moi en l'occurrence – était stupéfait par l'attitude de l'autre. À tel point que même ma main dans ma nuque ne savait plus bouger. Seule ma tête acquiesçait de temps en temps bien que par moment, je ne suivais le fil de son blabla quand je me perdais dans mes remarques. À savoir qu'il parlait trop, qu'il en savait trop, qu'il était en plein monologue et que j'étais sûre que si je m'éclipsais en mettant mon « camarade » au café si aromatisé à ma place, Seiji ne verrait même pas la différence.

Cela dit – croyez le ou non – le moment où j'ai été le plus surprise fut quand j'entendis la voix dans le haut parleur annoncer l'arrivée imminente du train et les mesures de sécurité en bord de quai. Le fait que je l'ai entendu signifiait que Seiji ne parlait plus! Or moi, je ne l'avais pas lâché du regard jusque là, perdue entre son discours bien trop long et mon hébétude quant à sa capacité à parler si librement de tout et de rien. Mes yeux clignèrent alors plusieurs fois, comme pour me ramener à la réalité... et à la vie.

« Hein? Le train? Déjà? »

Sans même réfléchir, j'ai détourné la tête pour voir le panneau d'affichage qui montrait qu'effectivement, il était l'heure pour notre train. Ce qui déclencha un petit rire nerveux alors que ma main reprit sa manie de frotter ma nuque. Mon stress s'amplifia quand mon cerveau fit un bref récapitulatif de la situation: *je suis en compagnie d'un moulin à paroles qui prend, de toute évidence, le même train que moi. Or, ce train est un direct pour Tokyo. Ce qui signifie minimum 40 minutes avec cet individu qui parle, qui parle, qui parle... beaucoup* C'est pourquoi, dans un bref espoir que je savais pourtant vainc, je me suis retournée lentement vers Seiji. Mon visage était de toute évidence fantomatique et ma voix, comme mes jambes, était tremblante.

« Nakamura -kun... tu vas aussi à Tokyo? »

Ma question se perdit dans le bruit du train qui défilait à côté de nous tout en ralentissant. Les gens commencèrent également à s'animer autour de nous, se préparant à entrer dans le premier wagon qui se présenterait. Des files bien ordonnées de quelques dizaines de personnes à chaque fois.


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MessageSujet: Re: Virée Tokyoïte [Libre]   Sam 19 Fév - 11:58

Il n'avait pourtant pas tant parlé. Comme la jeune fille avait semblé particulièrement surprise de sa question, il avait continué laïus puis s'était tu, attendant une réponse qui n'arriva qu'avec le train, un long moment plus tard. Seiji n'avait jamais aimé le silence, symbole pour lui d'une attention qui se détournait de son être et surtout d'un quelque chose d'oppressant, sans qu'il sache trop comment le définir. Il s'y sentait mal, avait besoin de bruit, d'attention, de paroles. Alors souvent il parlait, presque seul même.

Ici il n'en avait pas eu besoin. Elle n'avait pas répondu, mais le silence entre eux s'était vu recouvert par les bruits du quai, des conversations alentours. Ça allait mieux ainsi, même s'il aurait préféré qu'ils discutent. S'appuyant contre un mur en attendant leur train, il lui jeta un coup d'œil rapide. La mettait-il si mal à l'aise ? Ça n'était pas dans ses habitudes. Sociable, il allait facilement vers les gens et n'avaient, normalement, guère de difficultés à les dérider, mais il n'osait pas trop insister encore. Il ne la connaissait pas assez.


« Hein ? Le train ? Déjà ?
- Euh... Oui. Déjà. »

Mais sa réponse se perdit dans les bruits de pas de la foule, laquelle se pressait en files bien rangées pour rentrer dans le train. Seiji se sépara du mur et marcha pour en rejoindre une lorsque la question de la jeune fille le fit se retourner vers elle, un peu étonné. Que pensait-elle donc ? Qu'il attendait pour le plaisir ?

« Bien sûr. Et tu devrais te dépêcher si tu ne veux pas rester à quai. »

Sans attendre davantage, le blondinet rejoignit la file puis lui fit un signe pour qu'elle vienne à son tour avec un léger sourire aux lèvres, presque amusé. Les gens avançaient doucement, bien ordonnés et très vite il put rentrer à l'intérieur du wagon où il chercha une place du regard. Il en trouva deux côte à côté où il se dirigea sans vraiment se presser. Il n'y avait pas autant de monde qu'en semaine et les gens avaient tous de quoi s'installer. Une fois assis, il fixa la Coréenne du regard, puis reprit la parole, bien décidé à apprendre à la connaître un peu.

« Tu t'es inscrite dans un club à l'école ? »

Lui avait choisi de rejoindre celui d'athlétisme, comme à la Hamura High School. Kimihiro n'étant plus président de club, il ne s'était pas trop posé de questions, même s'il lui semblait bien l'avoir aperçu durant la semaine. En vérité, malgré l'entrainement exagéré que le kendoka lui avait donné, Seiji avait fini par prendre goût au saut en hauteur comme à la course. Le choix du deuxième club s'était fait un peu par hasard, sur un coup de tête et il s'en était mordu les doigts lorsqu'il y avait mis les pieds après son inscription. Le club de journalisme ne comptait que très peu de membres et avait un mal fou à s'organiser, si bien que la moindre décision à prendre devenait un combat acharné entre les membres. Le président paraissait complètement dépassé par la situation et bien peu à l'aise dans son rôle.
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