Le lycée sous le signe de l'arbre aux 1000 écus
 
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 [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]

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Eiji Kimihiro
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MessageSujet: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Dim 20 Fév - 14:52

La dernière marche des escaliers s'effaça pour laisser place à une grande esplanade parfaitement balayée d'où s'échappait une atmosphère paisible en ce début d'après-midi. Eiji s'arrêta un instant, parcourant le temple du regard, avant de franchir le dernier tori et de réellement pénétré dans son enceinte. Dans une habitude forgée par des centaines de visites avec ses grands-parents, le jeune homme se dirigea vers la fontaine pour se soumettre aux petits rituels de purification qui lui autoriseraient l'accès réel au temple. A l'heure de la modernité, entre touristes et désacralisation de tout, personne n'aurait regardé le jeune homme de travers s'il ne s'était pas soumis au rituel, mais lui-même ne se serait pas senti à sa place s'il ne l'avait accompli. Et en cette période de changement, il avait besoin de ces certitudes apportées par ces actes assez répétés pour devenir une seconde nature.

A la sortie des cours, le jeune homme avait troqué son uniforme contre un jean et un t-shirt plus adapté au magnifique temps à l'extérieur et glissé dans sa poche le petit livret sur les environs que le lycée leur avait généreusement fourni lors de leur intégration. Eiji l'avait machinalement feuilleté quelques jours plus tôt et s'était arrêté sur les photos du temple Yokuoin, avec l'envie de voir si le temple était aussi calme qu'il en donnait l'impression sur les images. Les indications en dessous expliquaient qu'il était assez facilement accessible du lycée, si bien qu'à la première après-midi de libre, il avait abandonné ses compagnons de chambre – chacun à leurs clubs ou occupations – pour suivre ces directions. D'abord le bus à prendre devant le lycée, puis la longue marche au travers de la forêt, où chaque pas et passage d'un tori était comme une caresse sur son esprit. Il aurait pu inviter quelqu'un d'autre à venir comme Kanta et Hugh, voir Konata mais... Konata était la seule à même d'apprécier le temple autant que lui, et il fallait encore qu'ils parlent tous les deux. Ils s'étaient juste croisés dans leur nouveau club de Kendo, sans faire allusion à leur précédente relation. Il faudrait qu'il rassemble son courage pour qu'ils discutent un peu et essaient de recoller les morceaux. Même sans aller plus loin, sa relation avec la petite jeune fille énergique lui manquait.

Revenant au temps présent, Eiji s'avança un peu dans la cours vide à l'exception de deux personnes en yukata qui se tenaient juste devant l'entrée et d'un touriste européen en train de prendre des photos, et de quelqu'un qui balayait la cours dans un geste si lent qu'il en devenait soporifique. Le jeune homme l'étudia quelques instants avant de s'intéresser aux arbres qui ombrageaient le temple et coupaient la chaleur sourde du moins de juin. S"il pouvait rester là et ne pas revenir au lycée avant d'avoir les réponses à ses questions...
L'inaction le rendait dingue et pourtant, ces derniers temps, il avait l'impression d'en être réduit à ça. Même ses longues séances de sport ne suffisaient plus à créer l'illusion qu'il avait véritablement un but. Il n'aurait jamais cru voir venir le jour où le kendo n'avait suffisamment de sens.

Ses pas finirent par le mener devant la grosse cloche silencieuse, menaçante de part son poids. Après tout... pourquoi pas ? Le jeune homme prit la corde à deux mains et sonna une fois, avant de frapper dans ses mains, les yeux clos, alors que le son résonnait à travers toute l'esplanade, attirant sur lui les regards des quelques présents. Son vœu était confus – était-ce seulement un vœu, ou bien juste une discussion qui prenait à témoin les kamis présents dans le temple ? - mais son esprit était bien le seul endroit où il pouvait encore parler de ce qui le tourmentait, du moins quand il était sobre. Combien de temps resta-t-il immobile, les yeux fermés ? Une minute, ou peut-être dix ? Il n'aurait su dire s'il se sentait mieux quand il rouvrit les yeux. En tous cas, il n'avait pas envie de mettre son poing dans la figure du premier venu qui lui adresserait la parole pour le simple plaisir de le faire, mais ça, c'était peut-être plus du à l'atmosphère du temple en lui-même que grâce à l'effet miraculeux de la prière. Au point où il en était... il allait plutôt aller s'acheter quelques charmes à accrocher dans sa chambre, ça ne pourrait pas faire de mal.


Dernière édition par Eiji Kimihiro le Mar 8 Mar - 9:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Dim 20 Fév - 18:13

    « Kimihiro-san ? »

    Ce phonème résonna non loin de l’étudiant qui venait de finir la formulation silencieuse de son vœu. Elle appartenait à un jeune homme du même âge qui se tenait non loin de là, mais à l’accoutrement bien différent. Celui-ci était vêtu d’un kimono à l’éclatante lactescence et aux quelques touches écarlates. Sa longue chevelure noiraude était détachée et dansait avec le zéphyr, tandis qu’au creux de sa main, reposait un Ema sur lequel était calligraphié un souhait. Un nippon dans tout son traditionalisme qui attirait le regard des touristes étrangers, ébaubis de son allure.

    Dojima Ryosuke, un patronyme non méconnu des prêtres ou autres personnes vivant dans le sanctuaire puisque depuis qu’il avait intégré l’établissement de Ginkgo Gakuen, il s’y rendait minimum une fois par semaine. Et aujourd’hui, il avait ressenti l’ardent désir de venir prier les kamis. La nuit dernière avait été cataclysmique : il n’avait pratiquement pas fermé l’œil de la nuit. La raison ? Des mauvais songes, cauchemardesques au possible et revenant à la charge dès qu’il s’assoupissait. Il s’était plusieurs fois réveillé en transe, le rythme cardiaque et la respiration affolée allant même jusqu’à effrayer son colocataire. Un esprit se moquait-il de lui ? Dans le doute, il avait décidé qu’à la fin des cours il irait purifier l’essence de son être dans un refuge saint. Il s’était ainsi levé bien plus en avance que nécessaire et avait patiemment attendu le début de la journée en repassant ses leçons du jour. Il s’était ensuite rendu en classe silencieusement, avec un peu moins de présence psychologique qu’à l’accoutumée, et s’était même surpris à piquer du nez en mathématiques en tentant de faire son calcul. La matinée avait été longue et propice à bien des interrogations : quelle était la cause de cette horrible sorgue durant laquelle il n’avait pu trouver la paix ? Il n’y avait pourtant rien qui le préoccupait ces derniers temps, rien qui ne l’offusquait vraiment… Peut-être était-ce un signe ? Fallait-il qu’il se méfie de quelque chose ? Il fut tellement pris dans sa quête qu’il n’avait rien pu suivre du cours d’espagnol pourtant dispensé par son sensei de Kyudo, qu’il appréciait beaucoup. Lorsqu’il parvint au bout des quatre heures d’enseignement matinales, le jeune homme ne prit qu’un fruit à manger et retourna à sa chambre. Epuisé, il s’était écroulé sur son alcôve et avait pu s’accorder une petite sieste… Qui ne dura pas longtemps puisqu’à nouveau, il fut persécuté par de sombres chimères. Puisque son après midi était aujourd’hui libre, il décida de se préparer pour se rendre au sanctuaire. Puisqu’il allait prier, il voulait le faire dans une certaine tradition shintoïste qu’il représenta dans les teintes de sa tenue. Philosophie sous le symbole du rouge et du blanc associés, allégories du ciel et de la terre.

    C’est ainsi qu’il se rendit dans le lieu sacré et adressa une longue patenôtre aux kamis, après être passé par tous les rituels de purification nécessaires. Lorsqu’il eut fini, sa physionomie semblait avoir retrouvé une certaine quiétude, et il décida de dédier le reste de sa journée à flâner dans la beauté du temple qui avait le don de l’apaiser. Sur sa route, les étrangers lui lançaient des œillades curieuses, parfois chuchotaient entre eux et même – à plusieurs reprises – le stoppèrent dans sa badauderie pour lui demander une photo ou deux. Bien que se faire remarquer de la sorte n’était pas son but, il acceptait volontiers de donner de sa personne pour laisser de beaux souvenirs aux visiteurs de son pays. Puis, alors qu’il était entré en pleine discussion culturelle avec un couple britannique, le doux son d’une cloche chatouilla ses tympans. Instinctivement, il se tourna vers le responsable… Ce fut lorsqu’il aperçu ce dernier qu’il fut véritablement surpris.

    Bien qu’il ne pouvait le voir que de dos, Ryosuke en était presque persuadé… Il s’agissait du président du club de kendo de son école. Il s’inclina auprès de ses interlocuteurs et se retira pour passer non loin de celui qu’il pensait connaitre. Intrigué, il identifia son faciès et confirma ses doutes : il s’agissait d’Eiji. Kimihiro Eiji pour être exact, arrivé il y a environ deux semaines de cela. Les deux hommes ne se connaissaient pas vraiment, mais autant qu’il sache, Ryo n’avait rien contre lui. Il pouvait certes lui reprocher sa maussaderie quasi-quotidienne, mais l’estimait pour son excellent niveau de kendoka, et était intimement persuadé qu’il n’avait pas mauvais fond. Lors de l’un de leurs entrainements, Ryosuke avait voulu réajuster le tare d’Eiji sans prévenir ce dernier et s’était octroyé – innocemment – une trop grande proximité. Sans doute surpris – mais pas seulement – la réaction du grand brun avait été stupéfiante, et trop virulente pour ne pas cacher quelque chose. Suspicieux, le japonais s’amuse depuis ce temps à le provoquer sur un terrain dangereux mais subtil, bien décidé à confronter son pauvre leader à ses plus vils démons.

    Malgré cela, il l’appréciait, chose peu étonnante de sa part, mais restait indécis sur l’opinion d’Eiji à son sujet. Cela ne l’empêchait pas de rester extrêmement courtois avec lui. Cependant, il était pour le moment stupéfait de le voir ici, expression qui se lisait sur son visage.


    « Quelle surprise. » Reprit-il d’une voix calme, avant d’accrocher un sourire suave sur ses lèvres. « J’espère que les kamis seront aptes à réaliser ton vœu. » Il émit un frêle rire jovial. « Je ne m’attendais pas à te voir dans un tel endroit, il est plutôt rare de voir des étudiants prier hors période d’examens. »
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Eiji Kimihiro
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Lun 21 Fév - 9:58

La voix douce qui s'éleva à côté de lui manqua de le faire sortir de sa peau tant il était perdu dans ses pensées. Eiji se tourna d'un bloc, fixant intensément le jeune homme en kimono qu'il lui fallut quelques secondes pour identifier, tant le kimono traditionnel changeait de l'uniforme classique du lycée, le vieillissant quelque peu. Même dans un temple, voir un lycéen en kimono n'était pas ce qu'il y avait de plus fréquent, et si le jeune homme avait pu comprendre en deux semaines que Dojima était tout ce qu'il y avait de plus japonais, rien ne l'avait préparé à le voir dans cette tenue. En tous cas, celui apprenait que son camarade de classe devait avoir une famille très traditionnelle et fort aisée. Si lui mettait sans sourciller yukata ou hakama, il en allait autrement pour le kimono classique.

" Dojima-san. Je ne pensais pas croiser un autre lycéen ici si tôt après les cours."

La voix d'Eiji était plus retenue qu'à son habitude, pour la simple raison qu'il ne savait pas trop comment se placer par rapport à l'autre garçon qu'il croisait pourtant souvent au club de kendo. A priori au même niveau – tous deux 2ème dan – c'était le nouvel arrivant qui s'était vu propulsé en tant que président. Pour son plus grand plaisir personnel, puisque entrainer et motiver les autres était un plaisir tout aussi grand que se battre lui-même, mais sans qu'il sache exactement pourquoi Dojima avait été écarté de la sélection. Mésentente ou juste désintérêt de la part de l'autre, il ne connaissait pas le fin mot de l'histoire, présent depuis suffisamment peu de temps pour pouvoir interroger les autres. Quand à Dojima en lui-même, au delà de ça... il ne savait pas trop comment interpréter son comportement, à la fois très suave et poli, mais aussi très... inquisiteur ? A chaque fois qu'ils s'entrainaient ensemble dans le dojo, il avait l'impression de sentir le regard de l'autre posé sur lui, près à signaler une de ses erreurs pour la corriger. En temps normal, cela ne le dérangeait guère – au contraire, c'était motivant pour s'améliorer – mais face à lui.... il n'arrivait pas à savoir si l'autre voulait vraiment l'aider ou juste l'enfoncer en public. Son sourire doucereux n'était pas pour améliorer les choses.
Ou tout simplement, il voyait bien trop loin et donnait à Dojima des arrières-pensées qu'il n'avait pas tout simplement parce qu'il n'était pas encore bien à son aise avec l'autre garçon. Au fond de lui, le jeune homme espérait tout simplement qu'il s'agissait de ça. Une rivalité était bonne à entretenir quand on était armé et sur le shiai-jo, mais pas à l'intérieur du club en lui-même.

Dans cette optique d'ouverture d'esprit, le jeune homme afficha un léger sourire et secoua la tête, levant machinalement la main dans ses cheveux pour les remettre en place après le mouvement. Quand il voyait combien ses cheveux mi-longs pouvaient déjà être gênants et se prendre dans son casque, sans parler de sa boucle d'oreille, il ne voulait pas imaginer ce qu'il aurait du faire avec des cheveux comme ceux de l'autre garçon, aussi longs que ceux d'une fille. Sans parler de l'entretien général... déjà que Hugh se foutait de lui pour passer 30mn dans la douche à essayer d'en faire quelque chose... Pas de sa faute s'il appréciait de sentir ses cheveux doux sous ses doigts. Bref, ce n'était pas le sujet du moment.

" Ça doit être aussi rare que de voir un jeune homme en kimono je suppose. Pour les examens, à la rigueur, je préfère compter sur mon travail personnel que sur celui des kamis. Vu leur sens de l'humour, je n'aurai pas tellement confiance dans le résultat."

Le regard du jeune homme en revint à la cloche, amusé et circonspect. Les gravures dans le bronze ne semblaient avoir aucune signification précise à ces yeux de jeune homme moderne, mais il se souvenait de contes racontées par son grand-père, souvent améliorés pour faire peur au petit garçon qu'il était, agrémentés de la présence de kamis et surtout de yokais qui s'amusaient aux dépends des humains.

" Tu viens souvent poser pour les touristes ? "
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Lun 21 Fév - 16:44

    Circonspection ? C’était le mot adéquat pour qualifier l’attitude d’Eiji, du moins à son égard. Cette hésitation n’était pas sans amuser Ryosuke qui ne pouvait s’empêcher de sourire de plus belle… Ce jeune homme au tempérament si enflammé semblait prendre des gants avec lui, ignorant sur quel pied danser. Il est vrai que derrière son habituel faciès d’archange, l’on pouvait avoir du mal à savoir ce qu’il pensait réellement, et encore moins connaitre ses intentions. De plus, le contexte de leur rencontre s’était fait mitigé il fallait le dire. L’ancien président du club de kendo, qu’il connaissait bien pour avoir fait sa rencontre dès le premier jour de classe, avait été contraint de quitter ses fonctions et de nommer un remplaçant. Contre toute attente, ce ne fut pas Ryo qui fut promu à ce poste mais le nouvel étudiant fraîchement arrivé, défiant par la même occasion toute logique. Ce jour-là, le vaincu ne dit mot et n’exprima aucune émotion inhabituelle, il fut le même qu’à l’accoutumée. Les élèves du dojo s’étaient tous questionnés, mais aucun n’avait abordé le sujet avec le principal concerné. Manque de courage ou d’intérêt ? Il l’ignorait, mais ne donnerait la version officielle que lorsqu’on la lui demanderait. Le principal était qu’il n’en tenait aucune rigueur au nouveau leader et tentait au contraire de rendre son arrivée plus confortable. Qui plus est, il avait rapidement comprit qu’Eiji faisait une excellente figure d’autorité… Du moins, en ce qui concernait le kendo. Pour ce qui était du reste du personnage, il restait songeur.

    Lorsque son vis-à-vis commenta l’attitude roublarde de certains kamis, le nippon à la longue chevelure partagea son humour en exhalant un rire cristallin. Il se demandait combien de personne venait prier ou adresser leurs vœux aux esprits sans vraiment y croire et pensaient que seule la providence pourrait les aider. Quant à lui, il traduisait la providence comme l’acte d’un être immatériel, mais ne sollicitait pas leur bonté pour n’importe quelle lubie qui le traverserait. Toutes les demandes des mortels étaient entendues, et si elles n’étaient pas considérées c’est qu’il y avait une raison. Peu de choses arrivent par hasard, la vie ne pouvait être une succession de coïncidences sans signification.

    C’est alors que la question d’Eiji fut inattendue. Surpris, Ryosuke en perdit son sourire le temps de comprendre de quoi il pouvait bien parler. Puis, instinctivement, il observa sa tenue qui – il fallait l’avouer – ne se mêlait pas à celles de la foule. De plus, il avait dû remarquer les œillades fureteuses des touristes, que lui ne voyait d’ailleurs même plus par la force de l’habitude.


    « Ah, ça. » Répondit-il en riant. « Contrairement à ce qu’on pourrait penser ce n’est ni un déguisement ni un déploiement fastueux. Je ne peux pas me rendre dans un lieu sacré sans avoir une tenue correcte… » Il se frotta la nuque, prenant un air plus sérieux et un peu plus préoccupé en repensant à la raison de sa présence. « D’autant plus que je ne suis à la base pas venu pour me promener… Mh… Je suppose que c’est ainsi quand on est éduqué par un prêtre. »

    En effet, il était facile de faire le rapport entre le chauvinisme de Ryosuke en sachant que son père était une certaine figure importante de la religion. Mais bien que pieux, le jeune homme n’était pas une âme totalement immaculée non plus… Les étrangers le dérangeaient certes parfois dans sa sérénité mais c’était le prix à payer s’il voulait être en règle avec lui-même, là était sans doute l’une des raisons pour lesquelles il préférait le calme d’un petit sanctuaire comme celui de son paternel. Et puis, c’était toujours un plaisir de voir que l’on s’intéressait à sa culture. L’étudiant balaya ses pensées d’un frêle mouvement latéral de la tête, puis récupéra une expression plus lumineuse en s’adressant à nouveau à son interlocuteur.

    « Allons, si tu n’es pas trop pressé, nous devrions marcher un peu. » Il se mit de profil en invitant Eiji à le rejoindre d’un geste de la main. « On ne peut pas dire qu’on ait vraiment eu le loisir de faire connaissance, je pense que c’est l’occasion idéale. »
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Eiji Kimihiro
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Mar 22 Fév - 11:02

Élevé par un prêtre ? Voilà qui expliquait une attitude qui aurait pu paraître excentrique d'un autre point de vue. Certes, les couleurs du kimono restaient sacrément voyantes à son goût mais si l'autre garçon se plaisait dans ces tenues là... à chacun son éducation il supposait. Quelque part, il n'était pas vraiment sur que les kamis s'insurgent vraiment de le voir en jean et baskets. Enfin, il faudrait plutôt poser la question au père prêtre de Dojima, si la réponse l'intéressait tant que ça. Etait-ce aussi pour ça que le jeune homme était aussi posé, comme un bouddha dans son jardin, à contempler ce qui se passait autour de lui sans se départir de son sourire assuré ? Sauf quand on lui parlait de touriste. Eiji n'avait pu s'empêcher de noter l'instant de surprise de l'autre garçon à la plaisanterie.

La proposition de se promener le laissa sceptique quelques instants, voir même mal à l'aise. Il n'avait pas grand chose à dire à Dojima. En d'autres temps, et d'autres lieux, il aurait adoré parler kendo avec lui, mais ne sachant pas exactement comment l'autre prenait les choses par rapport à cette histoire de présidence, il était assez difficile de lancer la conversation. Quand au reste... Eiji n'était pas la personne la plus douée qui soit pour la conversation de salon, tout simplement. Ou de temple, en l'occurrence. Le jeune homme fixa un instant le visage de l'autre nippon sous ses cils légèrement baissés, cherchant à comprendre ce que l'autre attendait de lui et si, le cas échéant, il n'était pas tout simplement en train de se moquer de lui d'une manière un peu trop subtile pour qu'il la comprenne. L'idée était vexante. Raison pour laquelle il ne pouvait pas ne pas relever le défi, absent ou pas.

" Si tu veux..."

Eiji suivit l'autre garçon plus avant dans les méandres du temple, suivant une petite allée ombragée par d'antiques érables. L'un deux, plus imposant que les autres, était certi d'une lourde corde, une shimenawa, lui donnant un air d'empereur parmi sa cours. La comparaison n'était pas si fausse puisque que la présence de la corde indiquait la présence d'un kami. Enfant, il avait adoré essayer de grimper à ces arbres, se faisant généralement attraper par la peau des fesses par un grand-père ou un prêtre outragé. Pas de sa faute si lui voulait seulement trouver la présence qui était indiquée par la grosse corde ! Sans compter que celle-ci faisait un appui idéal pour commencer à grimper sur la base de ces énormes troncs par toujours évidents à escalader. Dommage qu'il soit un peu plus raisonnable : avec sa taille actuelle et sa musculature, il aurait eu beaucoup plus de facilité à grimper maintenant. A l'idée, Eiji ne put s'empêcher de laisser un sourire amusé effleurer son visage. C'était parfois dommage de s'assagir.

Tout à ses souvenirs, Eiji se rappela d'un coup qu'il était accompagné, et tourna à la hâte son visage vers le porteur du kimono, régalien dans le moindre de ses mouvements à cause du lourd empennage de tissu qu'il trainait avec lui comme un paon avec sa traîne de plume. Certes, pas plus difficile à porter que le hakama, même moins puisque le tissu du hakama était bien plus épais et lourd que celui d'un kimono, mais qu'importe, la mauvaise foi se nichait partout.

" Euh... il est magnifique. J'imagine que tu le fréquentes beaucoup."

Difficile de trouver un sujet de conversation. Ah si, il aurait pu aussi bifurquer sur le lycée, les classes, les profs, et tout ce genre de détails qui sont le fondement de la vie journalière estudiantine. A garder en mémoire quand il serait à court de commentaires par rapport au temple. Qui sait, cela pourrait même lui être utile pour la suite des évènements.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Mar 22 Fév - 18:40

    Avait-il réfléchi à sa proposition avant de la suggérer au kendoka ? La spontanéité et son sincère désir d’apprendre à le connaître avaient occulté sa réflexion, mais même s’il y avait songé avant de parler, il aurait fini par lui proposer une quelconque activité. Il n’avait rien prévu pour le reste de sa journée et il estimait que d’avoir un minimum de complicité avec un acolyte sportif – qu’il était tout de même destiné à voir souvent – était important. S’ils voulaient que le club prenne de l’importance, il leur fallait se soutenir les uns les autres… Et pour l’instant ils restaient assez éparpillés. Du moins, c’était l’impression qu’il avait, ils manquaient cruellement de communication… Et puisqu’il avait le président sous la main, cela aurait été stupide de le laisser filer aussi facilement. Présider un club tel que celui du kendo demandait de l’investissement dans et à l’extérieur du dojo, un rôle aux multiples responsabilités qui n’était pas toujours aisé à tenir. Deux semaines n’étaient pas une période suffisamment longue pour qu’il pose un avis arrêté sur les compétences d’Eiji dans cette fonction, et malgré qu’il était fortement bien parti il lui fallait faire preuve d’efficacité mais surtout la faire perdurer. La source d’un certain stress, après tout, tous les membres avaient les yeux braqués sur lui, cela ajouté au fait qu’il devait s’habituer à un nouvel environnement… Ryosuke espérait sincèrement qu’il ne craquerait pas, bien qu’il ne soit pas réellement inquiet à ce sujet.

    Pourtant, l’autre étudiant se fit dubitatif quant à cette promenade improvisée, qu’il finit par accepter à la plus grande joie du nippon. Le binôme se mit en marche, progressant lentement dans l’étendue de magnificence qu’offrait le sanctuaire. Lorsqu’il lorgna discrètement Eiji, il vit ce dernier visiblement plonger dans ses réminiscences et préféra ne pas le déranger. Chacun de leur côté, les deux jeunes hommes semblaient méditer sur les symboles qu’ils croisaient, et ce fut serein qu’il laissa son leader prendre la parole en premier. Son commentaire, et l’hésitation avec laquelle il avait entamé sa phrase, lui tirèrent un large sourire.


    « De temps en temps oui, mais je préfère les sanctuaires plus petits et un peu plus intimes. » Il prit un air amusé avant de regarder Eiji. « Mais tu sais, ce n’est pas parce que je t’ai dit que mon père était prêtre que tu dois te sentir obligé d’orienter le sujet sur le temple. » Il observa les alentours. « Mais je ne peux qu’appuyer tes dires, c’est un endroit magnifique. »

    Non, bien sûr, il ne le blâmait pas pour avoir tenté de trouver un sujet de conversation, il avait seulement remarqué cette marotte qu’avaient les gens de parler de sanctuaire ou religion après qu’il leur ait dit la profession de son paternel. Amusant, mais Ryosuke était décidé à ne pas parler de la pluie et du beau temps. Ce qu’il voulait, c’était un dialogue qui leur permettrait de mieux se découvrir sans passer par quatre chemins. Il savait que son interlocuteur n’était pas dans la plus grande aise, mais il trouverait bien le moyen d’atténuer sa crispation. Soudain, il se souvint qu’il n’avait pas les mains vides, et observa la tablette dont il avait oublié l’existence.

    « Oh, mince j’avais oublié mon ema… Mh, tant pis, je l’accrocherai tout à l’heure. » Il se frotta l’arrière du crâne et reprit calmement. « A croire que tu me perturbes. Cela dit, je n’aurais jamais pensé me retrouver avec le nouveau président du club ici, c’est assez amusant. »

    Ryo se tourna à nouveau vers son vis-à-vis en le fixant sans détour. Tout les opposait dans leur style vestimentaire, ce qui amenait à une situation assez comique de les voir ainsi côte à côte. Il n’y avait que lorsqu’ils foulaient le sol du dojo qu’ils se trouvaient une ressemblance… Du moins, étaient-ils si différents que cela ? Il était temps d’entamer sérieusement la conversation, ce qu’il fit alors qu’ils arriveraient bientôt à la croisée de deux sentiers.

    « Dis-moi donc, comment te sens-tu dans ton nouvel environnement ? Je suppose que ça ne doit pas être simple d’arriver dans une école en cours d’année. »
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Eiji Kimihiro
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Mer 23 Fév - 11:10

[hrp : à la 1ère lecture, j'ai lu enema au lieu d'ema, et j'ai ricané comme un perdu pendant un sacré moment u_u ]

Eiji haussa légèrement les épaules quand la conversation se tourna vers lui, et sur son arrivée au lycée. De manière ironique, il y avait suffisamment d'autres choses qui le perturbaient pour que le changement d'établissement passe comme une fleur, bien mieux que le changement de l'année dernière en fait. Trois établissements en deux ans, pour quelqu'un qui n'avait quasiment jamais changé jusque là, il avait fait fort. Cette fois-ci, c'était somme toute assez simple. Même si le lycée était différent, les repères étaient logiques et connus, les mêmes que ceux des écoles qu'il avait fréquenté toute son enfance. Il n'avait eu qu'à se glisser dans l'uniforme pour se laisser aller aller dans le flot... c'était à la fois effrayant, tant de mimétisme, et rassurant. Et ces derniers temps, les points de repère, c'était tout ce dont il crevait d'envie. Etre juste un lycée comme les autres, qui participe aux clubs, sort un peu après les cours et bosse pour ses exams. Un sourire léger s'afficha sur les lèvres du jeune homme alors qu'il tournait la tête pour fixer Dojima en répondant. A force de se trouver avec des élèves d'origine étrangère dans son précédent lycée, voir quelqu'un d'aussi grand que lui n'avait plus rien de surprenant.

" Oui et non... j'ai eu la chance de ne pas arriver seul, et le lycée est... normal ? Je sais, le terme est bizarre, mais mon lycée précédent avait un fonctionnement un peu particulier. Ça devrait le faire. Et avec le club de kendo... je compte bien arriver à le gérer, arrivé en cours de route ou pas. "

Il y avait bien un soupçon de défi dans la voix d'Eiji. Oui, il arriverait à gérer le club. Pour sa fierté personnelle, son accomplissement, mais aussi et surtout parce qu'il aimait le kendo dans son intégralité, au delà du simple aspect du combat. Guider, partager, entrainer les autres, motiver l'équipe, le défi était là, séduisant. Sans oublier que s'il se noyait dans le kendo et dans l'entrainement, il n'aurait pas à penser aux autres petits détails de sa vie qui le tourmentaient ces derniers temps. Ce dernier point n'était pas tout à fait conforme à l'esprit du kendo, mais tant qu'il se focalisait suffisamment sur la tache devant lui pour oublier le reste, ça devrait aller.

Un mouvement vif au coin de son oeil attira son regard, réveillant sa nervosité. Eiji tourna la tête vers l'objet du délit et pu constater que celui qui l'avait inquiété n'était autre qu'une petite écureuil gris qui serrait un gland dans une patte, pressé de retourner à sa demeure. Rien de bien effrayant pour un kendoka de sa taille donc bien qu'il suivit son trajet jusqu'à le perdre de vue au milieu des arbres. La petite course de l'animal avait eu quelque chose d'apaisant pour son esprit, et quand il se tourna vers Dojima, il se sentait moins vindicatif, si bien que la question qui lui brulait les lèvres fut enfin posée.

" Pourquoi n'est-ce pas toi qui te retrouve en position de président du club de Kendo ? "

Au moins, s'il devait avoir affaire avec la rancœur de l'autre, il serait fixé. Il n'avait aucune envie de partir comme président avec des bases pourries et la méfiance des membres. Bizarrement, même s'il avait été tout juste promus, la place lui plaisait. Il savait qu'il pouvait très bien s'en sortir... si les membres n'essayaient pas de se tourner vers quelqu'un présent depuis plus longtemps que lui. Eiji n'était pas sur de savoir quel type d'effort il allait devoir faire pour mettre Dojima de son côté, ni même s'il avait envie de les faire. Le jeune homme lui paraissait trop... souple ? Sirupeux ? Il n'arrivait pas à mettre exactement le doigt dessus, mais n'était simplement pas à son aise.

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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Jeu 24 Fév - 17:18

    Visiblement, Eiji savait ce qu’il voulait. Il semblait s’être bien adapté à son nouvel environnement et était même empli de détermination. Ryo ne s’étonnait pas qu’il ait été si promptement désigné président, il avait les épaules et le mental pour. Maintenant qu’il en parlait, il est vrai qu’une impressionnante vague de nouveaux venus avait frappé l’établissement il y a deux semaines. Les élèves déjà présents s’étaient tous questionnés et il y avait même d’étranges rumeurs – entièrement inventées – qui avaient circulé, et qui devaient toujours être d’actualité, sur la raison de leur venue. Toutes sortes de calomnies sur leur ancien lycée, le kendoka avait même entendu dire qu’ils étaient une secte prête à enrôler les plus fébriles, ce qui l’avait d’ailleurs fait doucement rire. Que les gens pouvaient être mauvaise langue lorsqu’ils étaient dans l’ignorance, surtout pour pouvoir inventer des bêtises aussi conséquentes que leur ineptie. Pour autant, ce n’était pas cela qui avait empêché son interlocuteur de prendre de l’importance dans l’établissement, et il comptait se tenir à ses engagements. Cela était rassurant, il n’aurait pas besoin d’être derrière lui pour veiller au bon fonctionnement du club et espérer faire progresser les élèves.

    En guise de réponse, Ryosuke hocha la tête en signe d’approbation, montrant qu’il était d’accord avec ce qui venait d’être dit. Puis, il fut également interpellé par la vivacité du rongeur, attendri par ce spectacle. La proximité avec la nature était l’une des bases spirituelles du shintoïsme – raison pour laquelle les dévots étaient très à l’écoute de leur environnement – et chaque élément vivant ou non était respecté, par suspicion qu’un kami ne se cache derrière une apparence quelconque. Avoir ainsi croisé la route de cet écureuil était un signe de quiétude et sembla même conforter l’autre étudiant dans son audace, puisque celui-ci posa enfin la question fatidique. Non mécontent de l’entendre enfin, le nippon fut soulagé de constater qu’il n’aurait pas à patienter des mois et des mois avant de lui donner le fin mot de l’histoire. Cependant, il ne répondit pas tout de suite, se permettant de faire languir Eiji un peu plus longtemps.


    « Je suis content de voir que tu t’intègres bien. » Bientôt arrivés à la croisée de deux sentiers, il désigna une direction. « Allons à droite veux-tu, le lac est par là. »

    En effet, rapidement une musique aquatique se fit entendre et une allée de pierre les invitait à rejoindre le pont cintré qui leur permettrait d’atteindre l’autre rive sans difficulté. C’était un endroit que Ryo adorait, dans lequel on ne pouvait que contempler ce qui nous entourait et propice à une grande paix intérieure. Une fois, lorsqu’il était petit, il avait réussi par il ne savait quel moyen à traverser la barricade et à tomber directement dans l’eau. Par la suite, il avait évité d’emprunter des ponts pendant quelques temps, effrayé qu’il ne chute à nouveau sans que personne ne puisse venir à son secours. Il lui avait fallu de longs mois avant d’oser s’y aventurer sans crainte, et depuis, il gardait toujours un œil sur les enfants qui s’amusaient prés des cours d’eau. D’ailleurs, une petite troupe de téméraires jouaient aux explorateurs non loin du binôme, et il ne put empêcher ce vieux réflexe que de les observer avec une certaine méfiance, juste au cas où… Mais il n’en oublia pas le cœur de la conversation non plus, et peut-être lui faudrait-il songer à donner des réponses à Eiji avant que celui-ci ne pense qu’il évitait tout bonnement le sujet.

    « Je connais très bien ton prédécesseur tu sais. » Dit-il en faisant allusion à l’ancien président du club. « Nous nous sommes rencontrés dès la rentrée et avons rapidement sympathisé. J’ai su avant tout le monde qu’il démissionnerait. » Il prit un temps de pause, avant d’échapper un ricanement. « Ce jour-là, il est venu me voir en s’excusant. Lorsque je lui ai demandé la raison, il m’a dit qu’il ne me nommerait pas président malgré toute l’amitié qu’il avait pour moi. Ce que certains auraient pu prendre pour une trahison, je l’ai pris comme de l’intelligence. Il savait que je n’étais pas fait pour être au sommet d’une hiérarchie, je n’ai pas le tempérament pour ce genre de chose. » Ryosuke se tourna vers Eiji, accompagnant ses paroles de quelques gestes. « Certains sont nés pour être des leaders, d’autres non. Si nous étions à une autre époque, je dirais que tu es un empereur et moi un conseiller. C’est fort comme allégorie, mais c’est une bonne illustration. Quoi qu’il en soit, il s’est mis à chercher un successeur, c’est là que tu es arrivé. Tu lui as fait une forte impression, nous t’avons donc observé et mis un peu à l’épreuve. Lorsqu’il a pris sa décision, je l’ai encouragé, j’étais certain que tu ferais un excellent président, puis il t’a nommé. » Son regard se tourna vers le paysage. « Voilà tout. Les membres du club sont persuadés qu’il y a un malaise car c’est illogique que ce ne soit pas moi, mais personne n’ose demander. Pour ma part, je suis plus satisfait comme ça. »
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Eiji Kimihiro
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Ven 25 Fév - 19:34

Une chose était sure : Dojima était doué pour les longues explications qui tournaient au petit discours, métaphores sophistiquées – selon Eiji – à l'appui. Le jeune homme avait suivi l'autre garçon vers le lac, avant de s'appuyer à la balustrade pour contempler la surface paisible de l'eau tandis que l'autre se lançait dans ses explications de sa voix calme et un brin professorale. Une fois ou deux, il tourna la tête comme pour être sur qu'Eiji l'écoutait, avant de reprendre la suite de sa démonstration. Eiji esquissa un sourire. Il n'était pas fait pour ce genre de long discours explicatif un peu ennuyeux, mais il avait retenu l'essentiel : Dojima n'était pas intéressé par la position de leader, ce qui était à leur avantage tous les deux, et qui éviterait d'avoir une équipe scindée derrière deux personnalités totalement différentes.
Le jeune homme se retourna, s'adossant à la barrière plutôt que s'appuyant sur elle. Dojima sur fond de lac faisait une vue agréable, qui n'aurait pas dénoté sur une carte postale, le rouge du kimono s'opposant aux couleurs vertes et bleues de la nature environnante. Il se demandait s'il aurait un jour l'occasion de le voir autrement que parfaitement contrôle et propre sur lui. Probablement pas non. Contrairement à lui, il devait être posé jusqu'aux bouts de ses ongles bien entretenus, ce qui n'était probablement pas un mal.

Un tel discours demandait réponse, qui ne tarda pas. Le kendoka s'inclina en direction de son condisciple dans une manifestation de respect plus adaptée aux lieux qu'à leur statut de lycéens. Un rituel d'une autre génération qui n'avait pourtant pas perdu son sens.

" Merci de ta franchise. J'avoue que je suis content de t'entendre dire que nous n'aurons pas à nous battre pour diriger l'équipe. Je préfère pouvoir utiliser mon énergie dans un autre sens... j'espère que nous ferons un bon travail avec elle. Ensemble."

C'était sincère. Il avait beau encore ne pas vraiment être totalement à l'aise avec l'autre garçon – ils étaient trop différents pour s'entendre bien rapidement – avec un peu de chance, une motivation commune les ferait travailler dans le même sens, même s'il devrait prendre sur lui quand l'autre s'amusait à le corriger d'une manière un peu trop proche. Apprendre à travailler avec d'autres personnes n'étaient jamais évidents, raison pour laquelle il n'était pas tellement doué dans les vrais sports d'équipe comme le basket ou le foot. Dans le feu de l'action, il avait plus de mal à penser en terme d'équipe et se concentrer juste sur ses capacités. Raison pour laquelle il avait choisi le kendo, quand déjà tout jeune il avait fait montre de cette tendance à foncer comme un furieux dans le tas. Par la suite... était-ce le kendo qui avait continué de façonner sa façon de penser, ou bien n'était-ce qu'une confirmation des bases ? Qu'importe, l'art martial lui allait comme un gant taillé sur mesure, lui collant à la peau sans qu'il n'en ai jamais assez.

Une idée passa dans l'esprit d'Eiji, illuminant son visage d'un sourire bien plus amusé que celui qu'il avait affiché jusque là.

" Par contre, je crois que se lancer dans un duel devant les membres du club pour le moment ne sera pas une bonne idée... Je pense qu'ils s'imagineront que nous voulons juste régler nos comptes à l'ancienne."

Idée qui aurait été presque amusante en fait. Avoir un adversaire vraiment à son niveau, ce que Konata n'était pas, autant qu'il puisse l'adorer... lui faisait regarder l'autre garçon avec quelque chose qui devait ressembler à de la gourmandise. L'année se profilait peut-être bien en fait, avec quelque chose à penser autre que son sensei de kyudo.... il pourrait entrer dans le dojo sans jeter des coups d'oeil furtifs en se demandant s'il risquait de le croiser. Au final, il n'avait peut-être pas besoin de plus que ça : un moyen réel de penser à autre chose.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Dim 27 Fév - 13:34

    Ryosuke s’était étalé en terme de temporalité, si d’ordinaire il se contentait d’une explication minimaliste, il avait désiré ne parlait de cette affaire qu’une seule et unique fois. Bien trop frivole pour s’y intéresser plus longtemps, Eiji connaissait à présent toute l’histoire, et ce serait sans doute la dernière qu’il en entendrait parler des lippes de son acolyte kendoka. Il n’y avait qu’à son président – le principal concerné – qu’il estimait avoir envie d’en parler en détails, si une tiers personne escomptait connaitre le fin mot de ce mal entendu il se contenterait de lui répondre que de mal entendu, justement, il n’y en avait aucun. Les esprits se faisaient si aisément leurrer et en tiraient des conclusions hâtives que la plupart du temps les querelles ne sont qu’illusions, voilà pourquoi il y réfléchissait toujours à deux fois avant de poser une opinion arrêtée. Eiji, bien que troublé de quelques doutes, avait préféré l’intelligence du renseignement direct que la facilité d’une déduction éloignée. Voilà l’une des raisons pour lesquelles il ne se souciait pas pour lui, il était apte à se débrouiller seul sans faire preuve d’immaturité. Du moins, c’est ce qu’il avait cru comprendre en l’observant depuis qu’il était arrivé.

    Lorsque son odyssée prit fin, le jeune homme observa un instant l’environnement dans toute sa beauté, puis guetta une quelconque réaction chez son interlocuteur. Cette discussion changerait-elle quelque chose à leur entente ? Il l’espérait, bien que le contraire ne le ferait pas changer de comportement envers l’autre étudiant. Soudain, ce dernier sembla entendre ses confessions d’une bonne oreille et fit une courbette qui surprit agréablement celui en kimono. Il ignorait s’il avait fait cela à cause de son habit formel lié au lieu dans lequel ils étaient ou simplement pour lui prouver sa sincérité, dans les deux cas, son geste fut très bien accueilli et le fit sourire. Il le salua à son tour d’un mouvement de tête, approbateur à son discours qui était une excellente introduction à un avenir plus sûr. Si l’atmosphère était plus détendue entre eux, peut-être le deviendrait-elle pour tout le club qui ne se demanderait plus quand la guerre éclaterait. D’ailleurs, Eiji songeait visiblement aussi à entretenir de moral des troupes chez les kendokas en évitant un affrontement qui aurait pu être mal interprété. Le nippon échappa un rire et lui lança un regard inquisiteur exagéré.


    « Tu ne chercherais pas à fuir le combat tout de même ? Parce que si tu penses que je ne te défierai pas avec cette excuse, tu te trompes lourdement. » Il ricana à nouveau et prit un air plus suave. « Tu n’as pas tord, mais je ne me priverai pas d’un tel face-à-face. Je pense qu’il suffit de prouver à nos membres qu’il n’y a aucune animosité entre nous. »

    Patienter pour devoir l’affronter ? Hors de question. Ce n’était pas le fait même d’attendre qui révoltait Ryosuke, mais celui de le faire pour l’avis des autres. Bien sûr, il comprenait tout à fait l’inquiétude qu’il avait, mais il leur suffisait de montrer l’exemple en guise de bonne entente. Depuis le temps qu’il désirait se mesurer à un kendoka à l’excellent niveau, il ne s’en priverait sûrement pas, quoi qu’en dise le président.

    Alors que la friction entre les deux étudiants semblait progressivement s’apaiser, l’inattendu frappa à nouveau. En pleine conversation, nul ne remarqua les petits imprudents qui avaient décidé de se mettre en danger, un duo d’enfants s’amusaient à sauter de pierre en pierre pour traverser l’étendue aquatique qui ne leur faisait vraisemblablement pas peur. Cependant, ce sentier rocailleux n’était qu’une décoration parmi d’autre mais nullement destiné à être emprunté. Ce qui devait arriver, arriva, deux fracas de plongeon vinrent perturber la quiétude du sanctuaire, les deux inconscients venaient de tomber à l’eau et s’agrichaient comme il le pouvait aux pierres. Aussitôt interpellé par les cris de détresse de leurs camarades restés sur la rive, Ryo découvrit la scène, et sa réaction ne se fit pas attendre.


    « Eiji !! »

    Hurla t-il en lui agrippant l’épaule, les yeux ronds. Tant pis pour la politesse, il fallait agir ! Il se hâta de descendre du pont pour rejoindre la troupe d’enfants paniqués et analysa la situation. Heureusement, les naufragés ne se trouvaient pas excessivement loin, avec un peu de chance leur taille leur permettrait d'avoir pieds. Ryo lança un furtif regard envers son comparse, avant de pénétrer dans l’eau glacée pour entamer la mission de secours qui ne se voulait heureusement pas réellement périlleuse. Il espérait qu’Eiji le suivrait sans hésiter, car seul il ne parviendrait peut-être pas à s’occuper des deux enfants en question.
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Eiji Kimihiro
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Lun 28 Fév - 20:46

Un sourire moqueur fut la seule réponse à la suggestion qu'il cherchait à fuir le combat. Il suerait peut-être sang et eau, finirait avec des bleus sur tout le corps, mais il comptait bien avoir droit à un combat digne de ce nom avant la fin de l'année. Il tenait juste à ce que les conditions soient réunies pour qu'il puisse le déguster à sa juste manière. De toute façon, parti comme c'était, ils ne manqueraient pas de possibilités de s'affronter dans le dojo. Un beau combat motiverait le reste de l'équipe à l'entrainement.... ou l'idée de se faire botter le train par un des deux le ferait.

Un plouf résonna un peu plus loin, attirant vaguement son attention. Les gamins devaient s'amuser à faire des ricochets sans trop de réussite... Ce ne fut qu'au moment où Dojima se précipita dans l'eau, en dépit de son lourd kimono, qu'Eiji réalisa que quelque chose clochait, en la raison de deux gamins qui avaient fini dans l'eau glacée du lac après avoir joué sur les pierres glissantes. Pas besoin de se poser la question de savoir s'il devait y aller ou non. Qui de bon sens serait resté inactif en voyant deux enfants en train de se noyer ?
L'adolescent remercia le temps clément qui l'avait laissé habillé légèrement et glissa dans l'eau à son tour, appréciant à sa juste valeur l'eau froide qui lui enserra les cuisses et le ventre, collant à sa peau son jean gorgé d'eau glacée. Il regretta juste de ne pas avoir pris le temps de retirer son t shirt avant de sauter à l'eau : au moins aurait-il été épargné.

Le jeune homme ne comprit réellement la teneur de sa mission qu'en s'approchant du gamin qu'il récupéra en l'attrapant au collet, le hissant contre lui. Le regard mi-penaud, mi-fier du petit diable convenait parfaitement à la situation alors que le grand jeune homme le fixait, l'eau dépassant à peine sa taille. Question noyade, on pouvait dire que le risque n'avait pas été si grand que ces sales gosses avaient essayé de le faire croire. Eiji observa un instant le gamin qui avait passé ses bras autour de lui, ravi, et sentit l'eau qui commençait à transpercer son t shirt jusque là plus ou moins épargné, comme si avoir froid aux jambes n'était pas suffisant.
Dans ce genre de situation, il n'y avait qu'une seule chose à faire.

Eiji éclata de rire d'un rire sonore alors qu'il ramenait le petit garçon à la rive où il le déposa avant de se laisser tomber sur le sol en attendant que Dojima ne ramène la seconde "victime", retirant au passage son t-shirt pour lui donner la possibilité de sécher sur l'herbe sèche en plein soleil, lieu sacré ou non. Difficile de perdre son envie de rire, même si elle se mua en un sourire plutôt ironique quand l'autre garçon fut assez près pour qu'il puisse parler sans avoir besoin de hausser la voix.

" Magnifique sauvetage Dojima. "

Si l'on oubliait le détail que les gamins avaient eu pied tout aussi bien qu'eux et les regardaient maintenant du coin de l'oeil en se demandant s'ils allaient se faire disputer, oui, ils avaient eu l'air héroïque, à se précipiter à leur secouer au premier appel. Honnêtement, il était bien trop amusé par la situation pour jouer les moralisateurs d'une bêtise qu'il aurait adoré faire à leur âge. Et puis ils avaient de le chance, il faisait assez chaud pour que son jean glacé ne le gène pas trop, même s'il avait l'horrible impression de marcher dans deux petits marécages directement importés dans ses baskets. Pour une première visite au temple, il ne risquait pas de l'oublier, mais si ce ne serait pas forcément pour les meilleures raisons du monde. Au moins, il pourrait dire qu'une de ses premières expériences à Hachioji avait été de frayer avec les carpes koi, ce qui n'était pas donné à tout le monde.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Mar 1 Mar - 23:42

    Il n’avait pas hésité une seule seconde, tant pis pour sa superbe, au diable son précieux kimono et que la froideur de l’étendue aquatique se tienne tranquille : elle ne le ferait pas fléchir ! C’est dans cet esprit de bon samaritain et de sauveteur de l’extrême que Ryosuke s’était presque jeté à l’eau dans le ferme dessein de venir en aide à ce naufragé. Il entendit Eiji en faire de même, et rassuré d’être suivi, il se concentra sur l’enfant vers lequel il se dirigeait. Une nitescence de détermination s’installa au cœur de ses prunelles alors que le liquide cristallin s’imprégnait dans sa tenue. Lorsque le contact glacial s’effectua, le jeune homme perdit un frêle frémissement qui crispa ses muscles et lui fit remercier le ciel de la présence du soleil aujourd’hui, qui leur permettrait peut-être de ne pas tomber malade. Puis, il saisit délicatement la structure de l’enfant pour l’installer contre lui… Mais voilà que celui-ci affichait une risette étrangement inconvenable aux circonstances actuelles. Le constat serait difficile…

    Ne comprenant pas ce revirement de situation, il n’en prit conscience que lorsqu’il entendit l’hilarité de son acolyte vers lequel il lança un succinct regard avant de revenir sur le farceur qu’il tenait. Tout… N’avait été qu'un traquenard ? Prémédité depuis le début lorsqu’ils les avaient vus arriver sur le pont ? Il y avait de quoi tomber des nus… D’ailleurs un peu engourdi par l’annonce, il revint machinalement vers la rive pour y déposer le plaisantin puis se prit un instant pour respirer. La paume de sa main vint légèrement frictionner son front alors qu’il baissa la tête et fut partiellement caché par sa chevelure. Il avait eu peur, c’était un fait, une peur bleue en voyant ce cas d’urgence. Lui qui avait vécu une situation comparable connaissait parfaitement la frayeur que l’on ressentait lorsque l’on était piégé par l’eau, et que l’on se débattait, impuissant… Heureusement pour lui, ce jour là son père et d’autres âmes charitables s’étaient immédiatement mouillées pour le récupérer. Bien que saint et sauf, il avait été traumatisé par son voyage et cette soudaine rencontre avec un poisson qui avait partagé son incompréhension. Il s’était ainsi revu avalé par le lac, ce qui n’avait pas manqué d’entrainer une réaction immédiate. Son pauvre cœur en martelait encore sa poitrine, et outre la sensation de se sentir stupide, il bénissait silencieusement tous les esprits imaginables que rien de grave ne se soit passé.

    Au bout de quelques secondes, Ryo redressa la tête en soupirant, nez-à-nez avec celui qu’il avait extirpé des eaux. Il semblait inquiet sur les conséquences de leur petite blague, et crut même que son « sauveur » s’était blessé quelque part en le voyant agir de la sorte. Ce dernier le rassura pourtant, il lui caressa le cuir chevelu en éclatant d’un rire complice à son tour. Les enfants n’avaient rien, là était le principal, et il devait bien reconnaitre leur talent de dramaturges pour l’occasion.


    « Fripouilles… C’était du grand art. »

    Il n’était pas homme rancunier et aurait vite fait d’oublier cette mascarade malgré l’affolement provoqué. Alors que les enfants se regroupaient dans un cri martial triomphant, le nippon sortit enfin complètement de sa pataugeoire pour constater les dégâts : son vêtement n’avait pas du tout apprécié la baignade. Non seulement il mettrait une éternité à sécher mais en plus son poids semblait double maintenant trempé, et qui sait s’il ne s’en retrouverait pas abîmé ? Et pour ne pas embellir les choses, il avait égaré son ema qui devait maintenant naviguer vers un autre avenir... Quelle journée. Après s’être lamentablement trainé un peu plus loin, il défit son obi et ouvrit son kimono pour examiner son nagajuban qui n’avait pas été épargné non plus. Les explications qu’il donnerait à sa mère promettaient d’être cocasses, au moins il aurait de quoi faire la conversation lors de son prochain appel. Par ailleurs, il ne fallait pas qu’il omette la présence d’Eiji, envers lequel il avait été fort inconvenant. Interpeller les gens de cette manière n’était pas dans ses habitudes, il en était désolé et espérait qu’il ne lui en tiendrait pas rigueur.

    « Merci de m’avoir suivi malgré tout… Et désolé d’avoir utilisé ton prénom, je…… ? Kimihiro-san... ? »

    Alors qu’il proférait ses excuses, il voulut se tourner en direction de l’autre étudiant et effectuer une courbette pour accompagner sa réplique. Ce ne fut qu’alors qu’il l’aperçut à moitié dénudé, et quelle mise en valeur ! Audacieux mais dangereux d’exposer ainsi de telles cambrures anatomiques encore chatoyantes d’humidité et ravissantes de la teinte d’ambre que leur accordait le soleil. Mais s’il voulait se conforter dans sa désinvolture, il ne mesurait pas l’adversaire qui lui faisait face… Car après l’avoir questionné du regard, il décora son visage d’un sourire en coin et entama une promenade visuelle d’une façon totalement consciencieuse... Voire emphatique pour troubler son camarade… Ses prunelles admirèrent sans détour ce corps offert, de bas en haut non sans quelques idées sur la manière de pouvoir l’utiliser… Bien que pieux, il n’en demeurait pas moins un homme, non ? Ses onyx étincelant de malice recroisèrent le regard d’Eiji, puis il s’adressa à lui en arquant un sourcil.

    « Il est parfois surprenant de constater à quel point l’œuvre est réussie sous le drap qui la recouvre… Tu m’avais caché ça. C’est agréable. »
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Eiji Kimihiro
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Mer 2 Mar - 19:31

Avec son kimono trempé, Dojima avait perdu de sa superbe, mais en échange gagné un côté plus humain qui le rendait plus appréciable du point de vue d'Eiji. Non qu'il ai quelque chose contre lui, mais son côté parfaitement maîtrisé, habillé de manière un peu trop formelle, créait une distance entre eux dont Eiji venait seulement de prendre conscience. Le voir détrempé et dépité, son sous-kimono lui collant sur les flans tandis que le tissu chatoyant du kimono, gorgé d'eau, tombait lamentablement en plis lourds, le ramenait au même niveau que lui. Eiji retint un commentaire sur la tenue du jeune homme, se contentant de secouer la tête quand il s'excusa de l'avoir appelé par mon prénom. Dans les circonstances, la familiarité avait été compréhensible, et facilement excusable.

" Aucun soucis. Je...."

La phrase d'Eiji s'étouffa dans sa gorge alors que le regard de Dojima se posait sur son torse dont il prenait soudainement encore plus conscience de la nudité. Le regard était chaud, amusé, et ouvertement voyeur et suffit à inciter Eiji à remettre à la seconde son t-shirt, encore mouillé ou non, tandis qu'il sentit ses joues lui chauffer alors qu'elles prenaient une teinte purpurine peu habituelle chez lui.
Il avait frappé – fort – pour beaucoup moins que ça. Hugh devait encore se souvenir de leur première rencontre, et elle ne datait que de quelques mois dans le passé, ne supportant même pas l'embryon d'idée qu'un autre homme puisse s'intéresser à son corps. Sans parler seulement dun compliment et de ce que tout ce que ce regard suggérait. Beaucoup de choses s'étaient passées depuis cet état de fait, et Eiji décoinça sa mâchoire avant de se mettre à grincer des dents et se leva rapidement. Des rigoles d'eau coulèrent le long de ses jambes, venant arroser une herbe déjà bien mouillée par le sauveteur. Parti comme il était, on allait pouvoir le suivre à la trace.

" Je fais du sport, normal que je sois musclé. " marmonna-t-il rapidement.

S'il se refusait à péter un cable, il n'était pas obligé d'apprécier pour autant. C'était... malsain ? Ou peut-être devait il se contenter d'y voir simplement le compliment d'un sportif à un autre, qui voyait tout simplement le corps bien entrainé d'un autre. Oui... en travestissant un peu les mots, on pouvait comprendre le compliment de cette manière, ce qui lui dénouait l'estomac. Après tout, Dojima était probablement du genre à apprécier les sculptures classiques des occidentaux antiques – les grecs ? Les romains ? Quelque chose du genre en tous cas – qui mettaient en valeur la musculature des athlètes. Certes, vu le regard malicieux lancé par l'autre kendoka, ce concept n'était pas le plus crédible, mais Eiji restait particulièrement doué pour se mentir à lui-même, surtout maintenant qu'il avait rayé l'option 'sauter à la gorge de Dojima pour lui faire ravaler son regard'. Difficile d'agresser les autres pour un regard de trop alors que son subconscient lui expliquait plus ou moins patiemment que l'anatomie masculine avait elle aussi des effets positifs quand à sa libido, sujet qu'il ne voulait pas le moins du monde aborder, maintenant ou plus tard.

" Je vais marcher jusqu'au temple pour essayer de me sécher avant de rentrer."

Il avait annoncé sa décision sans trop regarder Dojima, se dirigeant sans hâte vers le chemin qu'ils avaient pris pour venir. Heureusement, le soleil encore haut tapait assez fort pour le sécher vite fait, même s'il lui faudrait probablement attendre un peu pour que son jean soit assez sec pour qu'il se risque à prendre le bus qui le ramènerait au lycée sans risquer de mouiller les sièges.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Jeu 3 Mar - 18:51

    Il n’y avait aucune excuse à livrer pour être joueur, aucune raison nécessaire pour jouer la carte de la provocation… L’habit ne faisait jamais le moine, un vieil adage qui prenait tout son sens lorsque l’on connaissait Ryosuke. Il ne pouvait se passer de ces mimiques ébahies ou embarrassées quand il agissait de manière inattendue, et encore une fois il avait frappé juste. C’était avec l’irrésistible envie de mourir de rire qu’il observait les réactions de son acolyte qu’il estimait de toute façon responsable de cette embardée. Plus ou moins fautif à vrai dire, il s’était comporté comme n’importe quel autre homme l’aurait fait en présence d’un homologue masculin. Cela en était particulièrement avéré pour les sportifs comme eux, plus ou moins habitués au corps à corps et au changement de vêtements groupés. Sans oublier le traditionnel partage des bains tel que le sentô… En y regardant de plus près, l’attitude d’Eiji avait été totalement innocente. Mais comment ne pas agripper une perche si aisément tendue… Si cela avait été un autre camarade, sans doute n’aurait-il pas été aussi équivoque… Ou si ça avait été le cas, il ne l’aurait pas dit aussi sérieusement que ce fut ici le cas. Fureter l’autre kendoka dans sa confusion était amusant, Ryo n’était pas dupe, lui aussi s’était posé énormément de questions lorsqu’un garçon s’était mis à flirter avec lui la première fois. Cependant, il avait accepté ce que son inconscient voulait lui faire comprendre et avait fini par s’accepter.

    Il se demandait si le président du club serait apte à en faire autant… Sûrement pas dans l’immédiat, peut-être dans l’avenir… Si ce n’était pas le cas, le jeune homme risquait fortement de rencontrer un poing dans la figure s’il allait trop loin, mais il était prêt à courir le risque. Que serait la vie sans risques ? C’était valable pour le sport également, il fallait parfois oser si on voulait atteindre la victoire. Au-delà du délassement qu’il ressentait en le taquinant de la sorte, il espérait le faire avancer dans son acceptation… Ce qu’il n’était visiblement pas encore prêt de faire. Plus que troublé, il sembla se chercher des excuses pour mieux se consoler avant de passer outre et d’annoncer sa destination. Les prunelles de l’asiate suivirent le déplacement de son interlocuteur non sans une certaine suspicion sur ce qu’il pouvait penser.


    « Très bien… Pour ma part je vais tenter d’emprunter une quelconque tenue à un prêtre, mon kimono ne séchera pas aussi facilement que ton pantalon… »

    Et ce même kimono commençait sérieusement à peser son poids et la sensation d’être collé au tissu était fort désagréable. Il n’imaginait pas réellement rentrer jusqu’au lycée ainsi, heureusement qu’il connaissait un peu de monde dans le sanctuaire. Et pour se faire, il devait se diriger dans le sens opposé à celui d’Eiji, leur chemin se séparait donc ici… Mais se recroiserait rapidement dans les corridors de l’école. Impossible de s’éviter lorsqu’on était voisins de chambre, élèves dans la même classe et partisans dans le même club. Quoi qu’ils puissent en dire ou en penser, ils étaient condamnés à se voir jusqu’à la fin de l’année.

    Ryosuke observa la silhouette de l’autre étudiant… Il n’était pas certain, mais il lui semblait avoir aperçu un tatouage qui serpentait auprès de son omoplate. Il était incapable de dire ce que cela pouvait être, du lézard au dauphin, tout était plausible… Le dernier peut-être moins. Il se demandait s’il l’avait depuis longtemps. Il trouvait cet art graphique corporel merveilleux mais hésitait encore à se lancer dans l’aventure pour diverses raisons. Il y songeait pourtant, il pourrait peut-être se renseigner auprès de l’autre jeune homme maintenant qu’il savait qu’il en était marqué… Une autre fois peut-être, il garderait le sujet dans un coin de son esprit et l’aborderait à l’occasion.


    « Je ne te propose pas de m’accompagner… Je suppose que des vêtements version shintoïstes ne te conviendraient pas vraiment, n’est ce pas ? » Il ricana avant de rabattre une mèche de ses cheveux. « Oh, au fait… » Il afficha un nouvel air taquin en posant son index sur ses propres lèvres. « Je ne pensais pas te voir un jour avec de telles couleurs aux joues… Adorable. »
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Eiji Kimihiro
Élève de la 3-A

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Âge : 20 ans
Chambre / Appart : 102

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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Sam 5 Mar - 18:10

Eiji se figea sur ses pas et se retourna lentement, le regard mauvais, n'étant pas tout à fait certain de ce qu'il avait entendu – ou, plus précisément, refusant d'y croire – jusqu'à ce qu'il croise le sourire chafouin de Dojima et ses yeux bien trop brillants pour être honnête, convoyant exactement la même signification que ses mots, voir un peu plus. Eiji serra les points le long de son corps, retenant l'envie violente de se retourner et d'en coller une à Dojima, autant pour la moquerie que pour la suggestion.
Etait-ce dans les habitudes du garçon, ou avait-il perçu quelque chose en lui qu'il cherchait maintenant à déterrer comme un chien avec un os ? Pour lui qui ne le connaissait pas, difficile de faire la part entre un comportement de jeu et une moquerie plus sournoise. A la limite, les choses auraient été plus simple si Dojima l'avait traité de tapette : la bagarre aurait déjà été en cours.

Ce fut finalement le jean mouillé qui l'incita à se bouger plutôt qu'à rester sur place en se demandant s'il allait sauter à la gorge de l'autre ou non. De toute façon, ils allaient se revoir, et les choses éclateraient assez rapidement si Dojima continuait au même rythme. Il avait certes fait quelques progrès au niveau du self-control – voir même phénoménaux vu sa totale absence il y avait de cela encore quelques mois – mais pas assez pour s'abstenir complètement de réagir. A la limite, il voulait juste attendre un peu depuis son arrivée au lycée pour s'offrir sa première colle pour bagarre.

" Demain, dans le dojo après les cours."

Sa voix avait claqué, bien plus sèche qu'elle ne l'avait été quelques instants auparavant quand la conversation était légère est détendue. D'aucun aurait pu dire qu'il ne s'embarrassait pas d'hypocrisie sociale, ou même de politesse, mais la vérité était simplement qu'il n'était pas habitué à cacher ses sentiments. Et prévenir les gens qu'il était en rogne était souvent une bonne manière de les motiver à limiter les commentaires s'ils voulaient préserver leur propre santé, même si présentement "l'invitation" dans le dojo semblait indiquer tout le contraire.
Au final, un duel avec lui lui apparaissait maintenant comme une merveilleuse idée pour passer ses frustrations et son agacement face à son comportement un peu trop léger. Eiji relégua à grands coups de pieds dans l'arrière-train tout au fond de son esprit la petite voix qui susurrait qu'il tenait à faire ça dans le but de prouver sa virilité à Dojima en brandissant un gros bâton. De toute façon, écouter les petites voix dans son esprit n'était jamais une bonne idée.

Le jeune homme n'attendit pas de réponse avant de partir, d'abord parce qu'il ne se faisait pas confiance pour garder ses poings le long du corps si Dojima continuait ses allusions – étrangement, il était presque sur qu'il les continuerait – et ensuite parce que Dojima faisant partie du club de kendo, il finirait forcément par le voir à un moment ou un autre pendant les horaires d'entrainement même s'il ne daignait pas se pointer un peu plus tôt pour faire plaisir au président.

Le pas énervé du jeune homme eut tôt fait de le ramener en vitesse sur le parvis du temple, loin de toute menace en kimono. Au final, encore trop humide pour aller prendre le bus, le jeune homme opta pour une longue ballade en solitaire dans les chemins ensoleillés histoire de faire disparaître humidité et agacement. Dommage que le deuxième mette plus de temps à s'évaporer que le premier...
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MessageSujet: Re: [Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]   Lun 7 Mar - 20:23

    Aucun doute possible, il avait tapé dans le mile. Et si Eiji se retenait de lui sauter à la gorge, Ryosuke lui se retenait comme il le pouvait de ne pas exploser de rire, réaction qui aurait sans doute été mal perçue. Quoi qu’il puisse en être, il ne perdait pas de sa suave provocation même lorsque son antagoniste le fixa sans tressaillir. Le nippon était homme à assumer ses actes et paroles, ne laissant que peu de choses au hasard, et ne se plaignait jamais si les conséquences se montraient acariâtres. Il doutait qu’à la longue, ce petit jeu risquait de mal se terminer s’il insistait trop. Il allait devoir alterner entre accalmies et offensives en un parfait équilibre qui ne risquerait pas d’imploser. Plus aisé à dire qu’à faire, il laisserait son instinct jugeait de la situation, et pour l’instant celui-ci lui susurrait qu’il valait mieux laisser son acolyte s’en aller.

    Il semblait d’ailleurs bien pressé, et ce fut sans attendre de réponse qu’il s’éloigna d’un air renfermé. Ryo ne chercha pas à se faire entendre, se contentant d’afficher un frêle sourire de complaisance en observant sa silhouette disparaitre dans la vénusté de la nature. Puis, comme si Eiji était capable de le voir, il hocha doucement la tête en guise d’approbation. Ainsi, ils se rencontreraient le lendemain, cette fois, entre kendokas. L’entrainement se promettait d’être intéressant, encore plus qu’usuellement. Une certaine impatience naquît en lui, cela faisait quelques temps maintenant qu’il n’avait pas expérimenté un adversaire de son niveau… De plus, tous deux ne pratiquait pas le kendo uniquement par hobby, mais par passion. Ils avaient cette ferveur similaire qui animait leurs chorégraphies martiales, alors qu’ils le veuillent ou non, leur affrontement serait bien plus qu’un moyen pour montrer l’exemple à leurs camarades. A dire vrai, il était presque persuadé que la compétition s’emparerait d’eux… Fierté masculine ? Sans doute, ils avaient leur virilité à défendre malgré tout.

    A son tour, il se décida à mouvoir son corps pour tenter de trouver une autre tenue à mettre. Se déplacer avec un kimono n’était pas si facile, mais se déplacer avec un kimono trempé l’était encore moins. Ce fut donc en trainant son poids avec lui qu’il partit à la rencontre des prêtres, pour par la suite regagner l’internat à son tour.
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[Terminé] Kami es-tu là ? [Ryosuke]

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