Le lycée sous le signe de l'arbre aux 1000 écus
 
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 Au TCI, la cliente est une princesse [Feat. Nagisa Chikage]

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MessageSujet: Au TCI, la cliente est une princesse [Feat. Nagisa Chikage]   Ven 16 Sep - 21:23

Devant mon verre d’eau, je fixais la glace derrière le bar. Je n’arrivais pas à regarder autre chose que ce miroir, en me demandant pourquoi mon employeur m’avait choisi moi plutôt qu’un autre pour ce weekend. Si ce n’était qu’une soirée avec la gagnante, ça m’aurait amplement suffit. Mais non, il fallait en plus que je passe un weekend entier avec une personne inconnue. Pour comprendre mon état, revenons un mois en arrière.

~~~

Ce jour-là, mes collègues et moi avions débarrassés, rangés et nettoyés la salle, quand notre patron nous avait réunis au bar. C’était très étrange de sa part, car cela ne lui ressemblait pas du tout. J’étais curieux de savoir ce qu’il avait à nous dire, mais à observer son sourire, je ne me sentais pas rassuré. Il avait même pris la peine de nous servir des boissons avant de nous annoncer la nouvelle.

« Mesdemoiselles et messieurs, j’ai eu une grande nouvelle pour épater nos clients ! J’ai décidé d’organiser un tirage au sort ! »

J’échangeai un regard interrogatif vers ma voisine, comme tous les autres. Mon employeur avait de bonnes idées pour animer le Tokyo Crazy Island. Je savais que j’avais un côté extraverti, mais Monsieur Gotô était bien plus extraverti que moi. Je buvais ma boisson en attendant la suite de ce que nous réservait le boss. Les choses se précisaient un peu plus quand je le vis poser face à nous un tableau blanc.

« J’ai eu une interview pour le TCI et j’ai demandé à ce qu’on publie vos photos messieurs. C’est simple, les demoiselles intéressées rempliront le coupon réponse en bas de la page et devront la renvoyer au restaurant avant une date précise. » , dit-il en montrant le magazine et la page concernée.

Je me rappelais que la journaliste trouvait l’ambiance du TCI conviviale et agréable, que j’avais oublié le moment où elle m’avait prise en photo. Je clignais plusieurs fois les yeux en voyant que je portais le numéro un à côté de mon image. Comme un élève, je levais le doigt en demandant des explications sur la numérotation.

« Tu es justement la récompense ! Je vous explique. Parmi tous les coupons, je choisirais cinq demoiselles et elles passeront un weekend avec chacun des serveurs ! Mais ce n’est pas tout. Elles seront vos princesses et vous, vous serez de parfait gentlemen. Vous les chouchouterez et pour cela, j’ai prévu séance de massage, dîné aux chandelles, petite séance de shopping, séance SPA également et également une soirée à l’hôtel. Bien évidemment, les chambres seront séparées mais elles communiqueront ensemble. Ne vous en faites pas je n’ai choisi que les célibataires et dans deux mois ce sera au tour des filles… Bref, en attendant, messieurs faites que leurs rêves d’enfants deviennent réalité ! »

J’étais presque abasourdi de ce que je venais d’entendre. Qu’avait-il donc prit avant de sortir une idée pareil ? Je ne savais pas quoi dire et quoi penser. C’était certes une proposition intéressante, mais stressante. Déjà que je ne suis pas très à l’aise avec une fille alors passer un weekend c’était presque une épreuve du feu. Je ne pouvais pas refuser car je devais tout faire pour mon patron.

~~~

Je bus mon verre d’eau, pour d’une part me rafraîchir la gorge et pour être prêt à tenir une discussion avec la demoiselle que j’allais devoir m’occuper. Je sentis la main d’Hikaru sur mon épaule et j’écoutais ses conseils alors que j’étais nerveux par la surprise du boss. C’est une collègue avec qui je m’étais lié d’amitié. Mais ça ne suffisait pas à me calmer. Je me retournai pour voir fixer la porte d’entrée en écoutant les autres prétendants parler sur leurs futurs « princesses ».
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Nagisa Chikage
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MessageSujet: Re: Au TCI, la cliente est une princesse [Feat. Nagisa Chikage]   Ven 16 Sep - 22:39

Alors que je marchais d'un pas lent – tremblante de stress – je repensais à ce qui m'avait conduite à me rendre au Tokyo Crazy Island aujourd'hui. *Pourquoi il a fallu que je sois tirée au sort ? POUR... QUOI ??* C'est vrai qu'on se le demanderait bien. En même temps, on ne m'avait pas mis le couteau sous la gorge quand j'ai rempli le bulletin de participation. Disons juste que j'ai des amies convaincantes. Non, correction : tout le monde peut être convainquant avec moi ! Il suffit de savoir y mettre les formes. Or, Minji sait y faire. Très bien même. Du coup, avec ses « t'as une chance sur un milliard, de quoi t'as peur ? » elle avait réussi à me faire participer à cette tombola des plus particulières.

Ce jour là, j'étais bêtement en train de lire un magazine sur notre temps de midi quand tout à coup, une ombre au-dessus de moi me fit relever le nez. C'était la métis qui épia sans gêne et sans façon, l'article que je lisais. La première page était une présentation d'un bar – restaurant, le « Tokyo Crazy Island », agrémenté d'une interview. L'autre page par contre, toujours en rapport avec ce fameux TCI, était plus surprenante. Le patron – loufoque au possible – avait décidé de mettre ses serveurs et serveuses en gages. Il suffisait de compléter le petit bulletin de participation en bas de page et d'attendre.

Du coup, nous avions passé tout le temps de midi à contempler chaque photo avec minutie ; lu chaque petite fiche en-dessous, pour finalement convenir que le dénommé Akira était le meilleur. Non seulement, il était le numéro un dans la liste, mais en plus, sa photo dégageait un petit « je ne sais quoi » qui nous plut à toutes les deux. C'est ainsi que son nom finit en tête de liste sur les trois prénoms à inscrire à la question « quels sont les trois serveurs avec qui vous aimeriez avoir un rendez-vous ? ». Je me souviens d'ailleurs que j'avais rougis comme une tomate au soleil en remplissant le formulaire. Puis, quand Minji l'avait mis sous pli et posté, je ne sais combien de fois je ne l'ai pas suppliée de ne pas le faire et combien de fois je n'ai pas pleurniché à l'idée qu'elle l'avait bel et bien fait.

« Une chance sur un milliard hein ? Tu parles... » grommelais-je entre mes dents

*Et le premier prix s'il vous plait, rien que ça.* Alors que je pestais toujours, mon téléphone résonna dans mon sac à main aussi blanc que ma petite robe. C'était ma sœur qui me téléphonait... Quelle ne fut sa surprise d'apprendre ce qui m'arrivait. Au départ, elle était ravie pour moi. Savoir que sa petite Na-chan avait gagné le premier prix d'un concours, ça n'arrive pas tous les jours. Mais quand elle connut la teneur du cadeau, elle marqua une petite pause avant d'éclater de rire.

« Mais c'est pas drôle ! » protestai-je avec force. « Je vais passer tout un weekend avec un garçon que je ne connais pas du tout ![...] Hein ? Euh bah euh... ou... oui – oui, il est beau mais [...] Là n'est pas le propos! Ça ne te fait pas peur que je passe un weekend avec un inconnu ? » M'indignais-je. « Et si c'était un détraqué sexuel ? Ou un alien ? [...] Oui, bon ok, les extra-terrestres ne risquent pas de faire ce genre de chose mais quand même. [...] Quoi ? Mais... mais non ! Je n'ai pas de string et de porte-jarretelles ! » hurlais-je à tue-tête.

Chose à ne pas faire ! J'avais un tantinet oublié que j'étais en rue et que celle-ci était loin d'être déserte... De quoi me faire piquer un phare quand près de dix paires d'yeux me dévisagèrent. Ce fut suffisant pour me rendre ma couleur rouge vif et me faire baisser la tête autant que mon cou me le permettait. J'en fus même réduite à cacher ma bouche – et par la même occasion le bas de mon téléphone – pour poursuivre la conversation à voix basse.

« Non mais Onee-chan, t'es pas bien. Arrête de te moquer de moi, je ne sais vraiment pas quoi faire. [...] Mais si, j'ai promis à l'amie *la traitresse* avec qui j'ai rempli le bulletin de participation. Donc je dois y aller » puis reprenant une voix normale « D'ailleurs, faut que je te laisse : j'arrive. »

Mais avant de ranger mon téléphone, je découvris que j'avais également reçu un texto. De Minji, me souhaitant bonne chance et de tout lui raconter en détails. Et que, si besoin, je pouvais l'appeler. Faible consolation en sachant qu'à moins de cinquante mètres se trouvait le fameux bar à thème qui serait mon point de départ pour un weekend en « charmante compagnie » comme le disait si bien la lettre de félicitation.

Devant le bar justement, deux filles discutaient entre elles. Il sembla qu'elles étaient toutes deux gagnantes également et se demandaient qui pouvait être la veinarde à passer son weekend avec Akira : *ah bah ça commence bien*. Les deux me paraissaient être de vraies chipies, ce qui s'avéra exacte quand j'eus le malheur d'admettre que c'était moi. Les deux pestes me regardèrent de la tête aux pieds avant de soupirer de mépris. Mais avant même que l'une d'entre elles ne put m'envoyer une pique bien cinglante, le patron des lieux nous accueillit les bras grands ouverts.


« Mesdemoiselles, vous êtes rayonnantes ! Prêtes à passer un weekend en charmante compagnie ? Vos chevaliers servant vous attendent à l'intérieur, je vous en prie, allez-y. » lança-t-il joyeusement tout en laissant passer les deux harpies. Puis, se tournant vers moi, l'homme remarqua mon stress palpable. J'étais devenue presque aussi blanche que ma tenue. La seule trace de couleur était le petit cache-cœur à longues manches roses qui s'accordaient avec mon sac de voyage dans la même teinte. « Stressée mon ange ? Tu es Chikage-chan si je ne m'abuse ? Ne t'en fais pas, Akira n'a jamais mangé qui que ce soit... enfin, je ne crois pas du moins » ria-t-il. « Non, je plaisante, tu es entre de bonnes mains avec lui » finit-il en posant sa main dans mon dos pour m'entraîner vers l'intérieur, alors que nous fûmes suivies par deux autres demoiselles, venues visiblement pour la même chose.
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MessageSujet: Re: Au TCI, la cliente est une princesse [Feat. Nagisa Chikage]   Lun 19 Sep - 21:57

Je sentais le regard des clients habitués sur moi. J’imaginais très bien leur sujet de conversation. J’étais plus préoccupé par mon weekend avec l’inconnue plutôt que de m’intéresser aux clients dans la salle. C’était une mission terrible pour moi, mais il fallait que je garde la tête froide et que je reste concentré. Même si mon employeur m’avait donné des instructions pour ce premier rendez-vous, je n’étais pas détendu. J’avais l’impression que Monsieur Gotô jouait l’entremetteur pour les serveurs célibataires qu’autre chose. J’aurai du aller le voir pour lui en parler, mais quoiqu’il en soit, je n’aurai sûrement pas eu l’occasion de sortir un mot qu’il m’aurait convaincu d’accepter. Mais pourquoi avais-je cette sensation ? Pourquoi avais-je envie d’annuler et de partir au dernier moment ? Non, je ne pouvais pas abandonner comme ça. De plus, l’image du TCI était en jeu.

Je m’apprêtais à me lever pour passer de l’autre côté et me servir de nouveau à boire, quand le patron arriva dans notre direction pour un dernier encouragement. Il en profita pour inspecter nos tenues et quand il arriva à la mienne, il se contenta de m’adresser un grand sourire avant de s’en aller. J’avais l’impression qu’on allait accueillir des ministres que des demoiselles. Je l’observais se diriger vers les trois filles devant l’entrée. Deux d’entre elles se dirigeaient vers le bar en me lançant un petit regard, mais j’étais intrigué par la personne qui était au bras de Monsieur Gotô. Je les voyais s’approcher de moi, j’en déduisais donc qu’elle était l’heureuse gagnante. C’est avec un sourire nerveux que je l’accueillais. Mon patron nous présenta l’un à l’autre et nous souhaita un bon weekend. Je me contentais de hocher la tête en guise de réponse avant de me tourner vers Chikage-chan. Ma main alla chercher la sienne et mes lèvres se sont posés sur sa main suivie d’un « Enchanté ». Je plongeais ma main jusqu’à la taille de la rouquine pour l’emmener à une table sous le regard des autres participantes et de mes collègues serveurs. Je tirais la chaise invitant ma partenaire à s’installer.

« Tu as passé une bonne journée ? »

Il fallait bien un début à tout, non ? Et mon début à moi commençait ainsi. Une serveuse nous donnait les menus accompagnés d’une enveloppe. Je tournais la lettre dans tous les sens et la regardais avec un sourcil relevé la manière dont elle était cachetée. Elle aurait pu être fermée comme un courrier normal, sauf que la un sceau y était cacheté avec les initiales du restaurant. Je l’ouvris et sortis la carte d’invitation. Je lisais silencieusement cette carte qui présentait d’un côté, un petit message du patron et de l’autre, une liste des activités prévues pour le weekend. Je m’attardais sur l’une des activités, car le grand chef tenait absolument à ce que chaque serveur apprenne à masser les prétendantes. Je me rappelais qu’il nous avait donné une semaine dans les mains de professionnels pour nous apprendre les massages.

Je craignais beaucoup cette partie de l’activité. Même si je paraissais très à l’aise, au fond de moi-même, j’en tremblais. J’avais surtout peur de ce que Nagisa allait penser de moi. Je ne savais rien d’elle. Comment devrais-je m’y prendre ? Je comptais sur ma camarade Soraya pour me donner quelques conseils, mais à part de me rire au nez, elle ne m’avait été d’une grande aide. Me parler à moi-même était le seul moyen que j’avais trouvé pour m’encourager. Après tout, je n’avais rien à perdre. Je devais avoir confiance en moi et rester le plus naturel possible.

« Il n’y a pas vraiment d’ordre pour les activités…On pourra choisir ce qu’on déteste le plus et garder les meilleurs pour la fin.... Je suis tout autant stressé que toi…quoique contrairement à toi, j’ai la pression de mon employeur en plus. Ce n’est pas précisé dans la carte, mais c'est la maison qui offre. Donc tu peux te faire plaisir étant donné le patron a décidé que c’est la fête ce weekend. »

Pendant que j’installais ma serviette sur mes genoux, désignant les plats à ma collègue qui avait, visiblement, du mal à prendre ma commande. Je le regardais du coin de l’œil qu’elle se retenait de rire. Mon dîner sera composé d’un Karē udon (les udon sont présentés dans une soupe au curry japonais. Il est possible d’y ajouter de la viande et/ou des légumes. A noter les udon au curry de la ville de Biei (美瑛町) (préfecture de Hokkaidō) qui sont une succulente variante des udon au curry traditionnels)*, d’une coupe de glace au thé vert pour le dessert et d’un thé au jasmin pour finir la soirée.

Je posais mes mains sur la table et observait le visage de la jeune fille. Je lisais les traits de son minois en me demandant quel âge elle avait. Je savais qu’elle était plus jeune que moi. Je servais un verre d’eau fraîche avant d’entamer une question qui lui trottait en tête.

« Pourquoi as-tu participé à ce concours ? »

J’étais curieux de le savoir. A en juger son allure, elle avait l’air d’être une fille plutôt réservée et discrète. Je pensais que j’allais plus tomber sur une personne du style BCBG. Oui, car la plupart des personnes que j’avais servi était très élégants et sophistiqués. Quoique d’un côté, j’étais ravi d’être avec une personne de la même classe sociale que moi. Je pouvais me détendre et employer un vocabulaire moins approfondi. Le TCI était certes un restaurant à thème, mais je servais des personnes de la haute bourgeoisie qui était là pour se « décoincer » ou alors pour me poser des questions sur mes cheveux verts. Encore heureux que je n’étais pas un vrai extra-terrestre, sinon je n’oserai même pas imaginer les expériences qu’ils auraient fait sur moi. Pour l'instant, je voulais comprendre pourquoi elle avait envoyée le bulletin.

*Source : Click Japan
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Nagisa Chikage
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MessageSujet: Re: Au TCI, la cliente est une princesse [Feat. Nagisa Chikage]   Mar 20 Sep - 19:23

En entrant dans les lieux, je me sentais comme la première ministre. Tout le monde me regardait en coin ; certains en chuchotant, d'autres en se contentant de me fusiller du regard. Je surpris même un petit rire – sans doute d'une des pestes qui me trouvaient pathétique pour Akira. Il faut dire que je n'en pensais pas moins : la photo que j'avais vue de lui m'avait profondément marquée – d'autant plus quand je sus que j'allais devoir passer tout un week-end en sa compagnie. Il dégageait vraiment ce « je ne sais quoi » t'intimidant. Le truc qui fait qu'on se dit *Ah mince le voilà, que vais-je faire ? Maman, au secours, j'ai peur... on annule. Allez, Monsieur le directeur, on annule, hein dites, vous voulez bien ?*.

Je venais de voir le jeune homme debout dans la salle. Il était là, il attendait, debout et fier face à nous. Tandis que moi, je sentais mes jambes ralentir la cadence. Mes tremblements intérieurs s'extériorisèrent et bientôt, je tournais la tête vers le directeur qui m'entraînait, pour le supplier du regard. Mais au lieu d'abréger mon calvaire, il sourit de toutes ses dents pour nous présenter l'un à l'autre. Je n'avais donc plus le choix. Je reposai mon regard sur le garçon pour l'imiter dans l'inclination. De toute façon, je n'aurais rien su dire : j'avais la bouche sèche et un nœud dans la gorge. Pourtant, je dus subitement prendre la parole. Mon stress ne supportant pas trop le baise-main.

« N...N... non, non, non, pas la pei... »*...ne*

Je bredouillai qu'il n'avait pas besoin de faire ça mais c'était déjà trop tard. Ma peau avait senti ses lèvres, mes yeux croisés son regard : j'étais morte ! J'allais finir calcinée à force de rougir comme je le faisais à l'instant. Je pensais sérieusement que ça ne pourrait pas être pire : et bien si ! J'avais trouvé quelqu'un de confiance en la personne du patron – car c'est un adulte, un patron d'établissement respectable et qu'il m'avait rassurée... un peu – mais voilà qu'une fois les présentations faites, il s'en alla. Un pic de stress s'empara de moi tout à coup. J'eus un pas dans sa direction, pas loin de vouloir lui dire de rester mais déjà sa main dans mon dos était remplacée par une autre.

J’esquissai donc un petit sourire tendu à Akira avant de le laisser me guider, encore et toujours sous les yeux des autres personnes présentes. J'étais à la fois gênée de la situation et des gens qui nous observaient. Comme si nous étions l'attraction. N'y avait-il pas quelque-chose d'autre à faire ? S'occuper de son propre week-end par exemple ? Plutôt que de se focaliser sur le mien... Tout ça ne m'aidait franchement pas à calmer mon cœur qui se projetais contre la parois thoracique comme un forcené. Je n'avais pas assez de mes deux mains dessus pour le calmer mais je ne savais pas quoi faire de plus, si ce n'est prendre une profonde inspiration, suivie d'une seconde quand je me suis assise. Baissant la tête pour regarder mes pouces batailler sous la table.

« Euh... ah... oui merci, et t... v... Akira -san ? »

Celle-là, je ne m'y attendais pas vraiment. Il venait de me parler comme si de rien était, comme si on se connaissait déjà plus ou moi. Pas étonnant que ça m'aie surprise au point que je relève le nez à la vitesse de la lumière. Par-contre, entre les vouvoiements, les tutoiements : il y avait de quoi en perdre mon latin. Donc, au final, j'ai bégayé comme à mon habitude, dans ce genre de situation inconfortable. Contrairement à la chaise qui l'était beaucoup. Tout dans ce bar était agréable : les décorations sur un thème somme toute très romantique, Les draps qui ornaient, autant les fenêtres que les tables... même les tenues des serveurs et serveuses encore en fonction aujourd'hui.

D'ailleurs, j'eus tout à loisir de contempler un de ces uniformes de plus près quand une demoiselle nous apporta les menus et une enveloppe qu' Akira s'empressa de prendre. Ce qui ne fut pas plus mal. Si je l'avais prise, j'aurais eu les mains qui auraient tremblés, j'aurais repris un teint pâle et je serais morte de crise cardiaque avant d'avoir lu deux lignes. À la place, j'ai donc regardé le menu, levant mon nez toutes les deux secondes pour décrypter le visage de mon cavalier. Pas joyeux cela dit : il semblait soucieux, ce qui ne manqua pas de m'inquiéter. *Mais qu'est-ce qu'il y a d'écrit là-dessus ?* Mystère et boule de gomme ! Je n'avais droit qu'à des bribes d'informations parlant d'activités, stress, pression, fête. Ce qui fait peur ! Je déglutis en l'écoutant tandis que je replongeai mon nez dans le menu.

Une fois nos repas commandés – qui se résuma par un « je prendrais la même chose » pour ma part – je pus enfin prendre la carte que le jeune homme reposa sur la table. Le patron avait encore eu les mêmes mots que dans la lettre de félicitations qu'il avait envoyé. Non vraiment, il exagérait : comment pouvait-il organiser de tels évènements ? Je me serais tout d'un coup cru dans un club d' hosts à la différence que là, j'allais avoir le numéro un pendant tout un week-end. Bien rempli à ce que je pouvais en lire. Au fur et à mesure que je lisais les activités prévues, je devenais blanche comme un linge et mes mains se mirent à trembler à la simple vue du mot « massage ».

« Mais... mais on doit vraiment toutes les faire ? »

Pas spécialement besoin de réponse à cette question pleine de panique. Il me suffisait de voir la tête de mon vis-à-vis et de la serveuse pour comprendre que je n'échapperais ni aux massages, ni à la balade en tandem, ni à la fête foraine. Et encore, ce n'était qu'une ébauche du programme. Un planning de ministre où tout était étudié pour que des amoureux s'amusent. Sauf qu'en l'occurrence, on n'était pas des amoureux ! On se connaissait à peine pour dire vrai. Ce qui se confirmait plus ou moins par la question suivante. Autant la question était simple – gênante mais simple – autant l'attitude d' Akira me rappela au bon souvenir de ma timidité. J'attrapai ma serviette et me mis à la tortiller au-dessus de mes genoux pour répondre.

« On m'y a un peu poussé... » avouais-je non sans mal. « Je... »

*Aaah mais arrête de me regarder comme ça* Sa façon de me regarder, comme ça, en détaillant les traits de mon visage, me déstabilisait plus qu'il n'était permis. Du coup, comment vouliez vous que j'aligne deux phrases correctement. Non mais franchement. Baissant aussi vite les yeux que je les avais levé, je me raclai la gorge pour reprendre.

« Une amie m'a dit que j'avais peu de chances de gagner donc que ça serait comique de le faire – pour le fun »

Si la serviette que j'avais en main n'avait pas été en tissu plutôt qu'en papier, elle serait en confetti à l'heure qu'il est. Je la tordais dans tous les sens. À vrai dire, j'avais même un peu peur de la quitter, ne fusse que d'une main. Pourtant, dieu sait que j'avais soif et que je mourais d'envie de me saisir du verre qu' Akira avait servi pour moi. À la place, j'observais mes mains, ne levant que de temps en temps les yeux pour regarder autour de moi ou accessoirement Akira. Ce dernier me gênant toujours autant au point de rebaisser la tête aussitôt.

« Vous... enfin je veux dire : ça se fait souvent ce genre de choses ici ? » en imaginant que oui, la suite vint d'elle-même. « Je suis désolée. Ça doit te changer des habituées... »

Ma voix s'estompa sur la fin tandis que je tournai la tête vers les deux pestes d'un peu plus tôt. Mais je n'eus pas le loisir de les regarder plus avant que déjà la serveuse revenait avec deux verres de cocktails. Panic ! De toute évidence, vu son signe de tête en direction du patron, sûre que ça venait de lui. Il avait juste oublié un petit détail – si tant est que cela soit alcoolisé :

« Mais... mais mais mais... je n'ai pas l'âge ! Je vais à peine avoir 17 ans. » lançais-je paniquée et sur un ton un peu trop élevé peut-être...
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MessageSujet: Re: Au TCI, la cliente est une princesse [Feat. Nagisa Chikage]   Mar 27 Sep - 22:27

Je n’avais pas prêté attention à la manière dont je me comportais avec elle. C’est sur que mon tutoiement pouvait être une marque d’impolitesse. Mais n’était-ce pas plus facile pour moi ? Je posais une main devant ma bouche me rendant tardivement compte de mon erreur.

« Allons, je ne vais pas te manger, ni même te faire subir des expériences pour la science martienne… »

Que venais-je de dire ? En disant cela, je risquais de la faire fuir plus qu’autre chose. Bref, quoiqu’il en soit la soirée ne faisait que débuter et je redoutais un peu la suite. Dès ce soir en rentrant au pensionnat, il fallait que je trouve un moyen de faire le poirier et de réfléchir à mon organisation. Faire le poirier était pour moi, ma façon d’être zen avec moi-même. D’ailleurs, je me demandais si un de mes colocataires ne m’avaient surpris dans cette position là. Ca m’est arrivé la semaine passée. Oui, je planchais sur un devoir en sciences et je bloquais sur une question. C’est donc dos au mur avec la tête à l’envers que j’avais essayé de résoudre le problème.

Je buvais mon verre mon eau tout en écoutant ma cavalière. Mes yeux ne fixaient plus la demoiselle et mes mains ne restaient plus en place. J’étais amusé de l’entendre dire que la coupable venait d’une de ses amies. C’est vrai que moi-même je n’ai jamais participé à un concours. Peut-être qu’un jour je tenterai ma chance en pensant également que j’aurai peu de chance d’être le gagnant.

« Comme quoi c’est quand on s’y attend le moins que ça nous arrive. Je t’avoue que si c’était mon cas, je me serais sûrement travesti et j’aurai sûrement tenté de séduire la personne tout en attirant l’attention des personnes autour de nous… », dis-je en laissant ma phrase en suspend avant de jeter un regard sur ma partenaire.

Bien que le restaurant était accessible à toutes personnes et de tout âge, il avait ce petit quelque chose en plus qui m’avait poussé à y travailler. D’ailleurs, je trouvais que cela me détendait un peu plus que d’habitude. Pendant que je lui parlais, j’avais eu l’idée de faire des pliages sur ma serviette. Je savais qu’il n’était pas l’heure de faire de l’origami, mais je suis arrivée les mains vides et l’improvisation ça me connait.

« Tu peux me tutoyer tu sais. Ne t’en fais pas. Il est vrai que ça me change de mes habitudes, mais ça me fait plaisir. » Je décollais légèrement mon postérieur pour m’incliner légèrement Chikage-chan et de lui murmurer : « Je dirais même plus que tu viens de me sauver la vie. Je n’avais pas envie de passer mon week-end avec une des filles qui est venu en même temps que toi. » Je me rassis avant de poursuivre. « Et puis, elles viennent souvent ici donc voir de nouveaux visages me ravi, à un tel point que je donnerai cher pour ça. »

Je me redressais sur ma chaise pour laisser ma collègue nous servir, quand l’heureuse gagnante cria son âge. Sa voix venait de calmer le restaurant. Tout était devenu silencieux et je sentais les regards des curieux à notre table. C’est donc dans un fou rire que j’avais réussi à poursuivre la soirée. Mon rire venait de rappeler les autres à leur repas. Je venais de terminer ma rose avec la serviette que j’avais en main pour la déposer à côté de Nagisa. Je demandais une autre serviette à ma collègue.

« C’est sans alcool, Nagisa-chan.»

Je me tournais vers mon patron qui levait un pouce en l’air dans ma direction. Aurait-il tout prévu ? Décidément, je ne savais pas s’il voulait me rendre la monnaie de ma pièce ou un service. La serveuse m’apporta une autre serviette et je sentais un objet à l’intérieur. Je regardais le truc que j’avais entre les mains et ma collègue qui me faisait un large sourire. Que devais-je comprendre ? A ce moment là, j’avais porté mon verre à ma bouche et je gonflais mes joues avant d’avaler ma boisson. Mais quand la serveuse nous annonça que ce soir je ne rentrerai pas au pensionnat, mais que j’allais passer la nuit dans un hôtel en compagnie de Nagisa, ma pauvre collègue venait de subir les conséquences de ce qu’elle a dit. Je venais de recracher l’eau que j’avais gardé dans mon antre buccale, venait de ressortir laissant une énorme tâche sur l’habit de l’employée.

« Comment ça ? Nos chambres sont prêtes ? »

J’avais l’impression de brûler les étapes. Que je dîne avec une personne, je n’étais pas contre, mais de là à finir à l’hôtel avec une inconnue…qu’était-il arrivé à mon boss ?
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Nagisa Chikage
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MessageSujet: Re: Au TCI, la cliente est une princesse [Feat. Nagisa Chikage]   Lun 3 Oct - 11:47

Un bref instant, je regardai Akira, interloquée : avait-il lu dans mes pensées ? M'avait-il espionnée quand j'avais parlé à ma sœur de son côté extra-terrestre ? *Oh mon dieu, et s'il avait entendu à propos du porte-jarretelles !! Non allez, calme toi Nagisa, il ne t'a pas entendue, c'est une coïncidence. Troublante quand même. Oui mais non : c'est une coïncidence ! Avec ses cheveux, il doit entendre ça à longueur de temps. Oui, c'est ça, pas de quoi s'alarmer... enfin je crois. Dois-je m'alarmer ?* Mais au lieu de le lui demander, je ne réussis qu'à esquisser un petit sourire crispé. Celui qu'on fait quand on ne sait pas quoi dire ou faire et qui nous replonge dans notre activité précédente. En l'occurrence : le tripotage de ma serviette. Mais cette activité ne fut pas de longue durée...

Alors que je venais de baisser une énième fois la tête en expliquant la raison de ma venue ici, voilà qu'il m'exposa une théorie très peu ressemblante à mon portrait. Par contre, en supposant qu'il aurait réellement fait ça : son explication m'en apprit pas mal sur lui. *oh mon dieu...* Encore une fois. Ma bouche s'entrouvrit au fur et à mesure qu'il racontait son histoire de travesti, tandis que mes yeux se levaient de plus en plus sans que ma tête ne bouge. Autant dire que si j'avais mis mes lunettes : je regarderais au-dessus à cet instant précis. Mais ma jolie petite monture bordeaux était dans son étui, dans le fin fond de ma valise trônant à l'entrée de l'établissement, dans le vestiaire prévu à cet effet. Là où le patron l'avait mise... Tandis que moi, j'étais ébahie devant Akira :

*Il est fou. C'est réellement un psychopathe ou quoi ? Note que ça serait comique à voir mine de rien. On ne croise pas tous les jours des jeunes hommes prêts à se travestir pour s'amuser. Et encore moins draguer... Ah mais* Une illumination de génie m'envahit alors que nous discutions. Je n'étais pas encore au summum du bien être mais l'idée qui m'avait traversé l'esprit m'aidait. Assez pour relever la tête et me pencher vers Akira quand il vint me faire une confidence. Me penchant par-dessus la table en m'appuyant sur mes avants-bras, je ne pus m'empêcher de regarder en direction des deux pimbêches attablées avec deux autres serveurs qui semblaient mi-figue, mi-raisin.

Les pauvres devaient sûrement en entendre de vertes et de pas mûres avec ces deux là. Pour peu, je les aurais plaints. Mais je n'en avais pas le loisir et puis ma timidité m'en aurait empêchée pour deux bonnes raisons : je me voyais mal aller les trouver en disant que je compatissais à leur sort et puis parce que Akira venait de me gêner excessivement beaucoup ! Il n'avait pourtant pas dit grand chose d'intimidant mais trop d'assurance quant au fait que je lui avais sauvé la vie... ça a de quoi me donner des couleurs et me stresser encore plus. Pas étonnant que je hurle à l'arrivée des cocktails évidemment.

Plaquant mes mains en croix sur mes lèvres juste après, je regardai mon cavalier avec de grands yeux clignotant. Puis vint le tour des autres occupants des lieux. Lentement, je pivotai la tête de droite à gauche pour regarder les réactions qui ne se firent pas attendre. Certains riaient, certains haussèrent les épaules pour reprendre le fil de leurs vies, certains chuchotaient et Akira me rassura en disant que c'était sans alcool. Pauvre de moi... *Allez, calme. Akira ne pourra rien tenter n'est-ce pas ? Qui se travestirait et draguerait un gars hormis... un gay ?! Hm ? Donc tu n'as plus besoin d'avoir peur. Dis toi que c'est une bonne copine...* Enfin soulagée grâce à cette idée survenue plus tôt, je pus reprendre un teint normal et laisser un petit rire quant à ma maladresse.

Un rire qui s'accentua quand Akira cracha sur sa collègue. Je fus bien forcée de remettre mes mains sur mes bouches pendant que je riais face à cette scène inattendue. Tour à tour, je regardais les deux personnes à ma table sans pouvoir cesser de rire. Sans pour autant que ça soit le fou rire du siècle. Juste un rire bienfaiteur, évacuant le trop plein de stress que j'avais eu depuis l'annonce de ma victoire – c'est dire comme j'en avais à revendre ! Pourtant, je parvins à tendre ma serviette toute chiffonnée à la serveuse avant de boire, moi-même, un coup de mon cocktail.

« Hm c'est bon dites donc ! »

Cette phrase sortit toute seule. Ce mélange de fruit, d'eau et de « je ne savais trop quoi » était un vrai délice. Dommage qu'une gorgée – celle de Akira – avait fini sur le bel uniforme de la serveuse qui s'en retournait vers l'arrière boutique pour se changer et revenir plus tard avec nos plats. Ce qui me laissait le loisir d'expliquer à Akira ce qu'il en était car, apparemment, ce coup ci, j'avais une longueur de plus que lui. Pourtant, je dus d'abord me racler la gorge pour ensuite avoir le courage de tout lui dire d'une voix plus claire mais toujours aussi timide, les yeux posés sur mon verre que je faisais tourner en le tenant par le pied, entre mon index et mon pouce.

« Ton patron ne t'a rien dit ? C'était écrit sur la lettre de félicitations... attends » me rappelant que j'avais cette lettre dans mon sac, j'abandonnai mon verre pour me tourner vers le dossier de ma chaise où mon sac était accroché en bandoulière. Farfouillant dedans un petit instant, je tendis ensuite la lettre à Akira.

« Tu vois, c'est écrit vers le milieu : munissez-vous de votre nécessaire de toilette, de vêtements de nuit et de quoi vous changer. Vous allez passer deux nuits – en chambres séparées - dans l'un des plus prestigieux hôtel de Tokyo. Vous y serez traitée comme une princesse. Il sera également votre point de départ pour vos différentes activités du week-end. Celles-ci vous seront révélées vendredi soir lors de votre rencontre avec votre cavalier. »

C'était un comble que l'employé ne sache rien de cela alors que moi, j'avais du remuer ciel et terre pour les autorisations. J'avais dû prévenir maman – qui d'ailleurs avait visiblement bien gardé le secret vu que ma sœur ignorait tout – qui elle-même prévint l'école pour que, enfin, je puisse avoir l'autorisation de déloger ce weekend. J'avais même tenté de convaincre maman de refuser mais elle trouva, comme Kaori et Minji, que c'était une bonne idée : ah les traitresses toutes les trois ! Mais bon, contre mauvaise fortune, bon cœur n'est-ce pas ? Alors j'en étais là, reprenant ma lettre une fois que mon vis-à-vis l'eut parcourue des yeux.

« De ce que j'ai pu lire sur internet, c'est un Onsen. »

Chose que la serveuse confirma quand elle revint avec nos plats. Elle avait pu changer de tenue pour une parfaitement identique à la précédente. En nous servant, elle nous expliqua alors les spécificités de l'hôtel aux allures traditionnelles, au charme sans égal et le dépaysement total malgré qu'on soit toujours dans la région. C'était à ne plus rien y comprendre : *Y a que Akira qui ne sait rien ?* C'était bizarre quand même. Surtout que, en regardant en direction des tables des autres gagnantes, personne ne semblait surpris de recevoir les clés avec le reste des instructions.

« Excusez-moi » murmurai-je alors en me levant. Petite manie typiquement moi : je voulais faire un détour par les petits coins avant de manger.
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MessageSujet: Re: Au TCI, la cliente est une princesse [Feat. Nagisa Chikage]   Jeu 1 Déc - 21:15

Je m’excusais auprès de ma collègue pour avoir tâché la jolie tenue de serveuse. J’essuyai ma bouche avec ma serviette avant de reporter mon attention sur ma camarade de table. Elle me tendit une lettre que je pris et je la lisais dans ma tête. A vrai dire, je la lisais en même temps que Nagisa me la récitait à voix haute ce qui était inscrit sur la fameuse lettre. En effet, il était question d’un hôtel prestigieux dont nous allions passer un weekend en tête à tête. Si je connaissais la personne, je n’aurai refusé pour rien au monde d’être avec elle et là…j’avais plus l’impression à une rencontre arrangée. Je ne savais rien de cette demoiselle qui avait l’air effrayé de me voir en chair et en os. Je me remémorais des paroles de mon employeur et en effet, il avait évoqué l’hôtel. Mais au moment où il nous l’avait annoncé, je me rappelai que ça ne m’avait pas marqué plus que cela.

« Je crois qu’il nous en avait parlé, mais je devais sûrement avoir la tête ailleurs pour que ça ne m’est pas marqué. »

J’adressais un nouveau sourire plus serein. Je n’espérai rien, mis à part que ce je souhaitais c’était qu’elle passe un bon moment avec moi et qu’elle ne me prendrait pas pour un psychopathe. De plus, je venais d’apprendre qu’ils allaient être logés dans une Onsen. Je n’allais pas m’en plaindre non plus, je devais me dire que c’était comme si on m’offrait des vacances. Bien qu’il est rare que les patrons offrent des congés à leurs salariés, je n’étais pas déçu. Au contraire, même si j’étais étonné, je me disais que ça pouvait être amusant et relaxant. Car entre les cours du soir, les révisions et le travail, j’avoue que je ne trouvais pas le temps pour moi.

« Je t’en prie. », dis-je avec le sourire.

C’était bien connu. Les filles avaient besoin d’aller faire un tour aux toilettes quand elles étaient au restaurant. Je baissais la tête afin de cacher mon sourire amusé. Pendant que je l’attendais, la serveuse qui s’occupait de nous et mon patron vinrent à ma table. Je n’étais pas satisfait, ou plutôt pas prêt du tout. Je décidais donc de faire part de mes doutes et de mon inquiétude aux deux personnes. Je sentais les mains de mon employeur qui me massait les épaules et qui me donnait quelques consignes comme un entraîneur qui motivait son petit protégé. J’en profitais également pour lui signaler que je n’avais pas prévu que j’allais directement à l’hôtel après le restaurant et donc que je n’avais aucun vêtements de rechange. Monsieur Gotô m’informa que je n’avais pas de soucis à me faire et qu’il s’était déjà arrangé avec le directeur de mon pensionnat.

Quant à ma valise, elle était déjà prête dans mon vestiaire. J’étais enfin seul et en attendant la jeune Nagisa, je réfléchissais à la manière dont je pouvais entamer un sujet de conversation.
Je commandais une nouvelle boisson et fredonnait l’air de la musique que j’avais préparé à la trompette. Ce n’était pas une carte que j’allais mettre sur la table ou même un jeu de séduction. Non, c’était une surprise d’une part et…je ne saurai comment décrire…De plus, il fallait bien que je trouve d’autres occupations. Il était évident que nous n’allions pas nous regarder éternellement dans le blanc des yeux et rester silencieux durant ce weekend. Et que risquais-je réellement ?

C’était pour moi, l’occasion de la connaître et allez savoir ce qui allait se passer. J’étais tellement plongé dans la musique que j’avais en tête que mes doigts se trouvaient en l’air juste devant ma bouche. Puis je les bougeais comme si je tenais vraiment ma trompette. J’étais tellement concentré que je ne me souciais plus de ce qui se passait autour de moi. Ce n’est qu’au retour de ma partenaire, que je pouvais revenir à la réalité. Hikaru nous apportait nos assiettes de Karē udon et elle nous souhaitait un « bon appétit » par la même occasion. Je collais mes mains l’une à l’autre, puis les plaçaient devant mon torse suivi d’un :

« Itadakimasu ! »
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Nagisa Chikage
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MessageSujet: Re: Au TCI, la cliente est une princesse [Feat. Nagisa Chikage]   Jeu 8 Déc - 19:20

Avais-je besoin d'aller aux toilettes ? Non, pas vraiment... mais au final, j'avais besoin d'être dans un endroit tranquille, loin de tous. Donc, quoi de mieux que cet endroit pour réfléchir et reprendre ses esprits. Une fois dans la petite cabine, assise sur la cuvette fermée et donc avec toujours mes vêtements correctement mis sur moi : je me mis à réfléchir et surtout : à me rassurer. Car même si cette idée de voir Akira comme un gay me traversait l'esprit depuis un petit moment, il me fallait m'en persuader. C'est donc relativement bien installée, les coudes sur les genoux et le menton dans le creux de mes mains que je me suis mise à discuter... dans ma tête !

Plus exactement, je revoyais chaque détail de mon entrevue avec ce jeune homme à la couleur de cheveux si particulière. J'avais eu tellement peur de cette confrontation que finalement, cette espèce de paranoïa m'avait gagnée plus qu'il n'aurait fallu. Sans compter les sous-entendus du patron alors qu' Akira semblait gay. Ou alors je me trompait ?! Rien que de croire que je faisais fausse route fit trembler mes genoux, s'entrechoquant l'un contre l'autre. *Non, non, non, non... il est gay !* Il le fallait, tout du moins, sans quoi j'allais faire un arrêt cardiaque dès mon retour à notre table.

Par contre, il était vrai que je n'avais d'autre indice que son idée saugrenue de se travestir pour séduire la personne en face. Ce qui impliquait, draguer le serveur qui lui servirait de cavalier pour ce weekend. C'est pourquoi j'ai tenté de l'imaginer, encore et encore, en train de le faire. Ainsi, c'est avec conviction que j'ai tapé sur mes genoux pour me relever et enfin sortir des toilettes où j'eus la surprise de tomber nez à nez avec une autre jeune femme.

Celle-ci me demanda si j'étais bien la personne à table avec Akira et me félicita car j'avais beaucoup de chances. *Ah ?* Il faut d'ailleurs croire que ma pensée était lisible sur mon visage car, pendant que je me lavais les mains, elle commença à me vanter les mérites du serveur qu'elle connaissait – sans vraiment le connaître – depuis quelques temps : depuis l'instant où elle avait commencé à venir régulièrement dans ces lieux. Charmant, attentionné, à l'écoute, drôle, timide aussi parfois. Ce qui, finalement, ne m'aida pas beaucoup vu que j'avais déjà constaté ça moi-même...

Dès lors, j'abandonnai la jeune femme, qui put enfin aller aux toilettes, pour retourner à ma table où le patron et la serveuse étaient assis. Mais ils durent sentir mon arrivée car ils partirent avant même que je ne quitte l'encadrement de la porte des WC. Me laissant donc rejoindre Akira. Sauf que finalement, comme il ne m'était pas de face, je suis restée là à le regarder au loin. Ainsi, je m'amusai de le voir jouer de l'air trompette. J'eus d'ailleurs du mal à le comprendre. Je dus plisser les yeux pour enfin réaliser ce qu'il faisait. Puis, une fois – enfin – détendue et définitivement moins stressée après m'être convaincue qu'il était gay, je pus aller le rejoindre avec le sourire et l'imiter dans l'attaque du repas.

« Itadakimasu ! »

La première bouchée était un régal. Comme celles qui suivirent mais ce fut celle-là qui illumina mon visage alors qu'un « Oishii » apparu sur mes lèvres sans pour autant le dire à voix haute. Donc, avec ma main devant ma bouche pour le dire, autant signaler qu' Akira ne put que deviner ce que je marmonnais, avant que je lui souris à nouveau, visiblement plus à l'aise.

« Tu joues de la trompette ? » Demandais-je alors entre deux coups de baguettes entre mon plat et mon visage. « Je t'ai vu tout à l'heure... » admis-je en rougissant un peu.

Puis, après un petit temps où je reprenais un teint normal, j'ajoutais ce qu'il en était pour moi. Au moins, la musique était un sujet sur lequel j'étais intarissable et indéniablement idéal pour me détendre complètement.

« Moi, je joue du piano... et un peu de violon. En fait, ma sœur et mon frère jouent du violon donc j'ai un peu appris avec eux. Et eux, ont appris un peu le piano avec moi. » Pour peu, j'en aurai oublié de manger alors que je bus une gorgée du cocktail. « Et toi, tu as des frères et sœurs ? »
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Au TCI, la cliente est une princesse [Feat. Nagisa Chikage]

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