Le lycée sous le signe de l'arbre aux 1000 écus
 
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 Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]

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Mitsu Rowani
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MessageSujet: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Mar 22 Nov - 21:18

Vers 13h dans un appartement chic de Tokyo, Mitsu s’enfonçait doucement de plus en plus sur sa chaise. Nonchalamment, de la pointe d’un ongle manucuré de frais, elle raclait le bois de la table tout en feignant l’intérêt pour le discours maternel de quelques « ay ay » bien placés. Après un récit complet de la soirée de la veille, un lot de conseil sur les tenues à porter et les consignes pour sa ligne –dont elle n’avait vraiment pas besoin-, Sayuri avait enchaîné sur les éloges sur son nouveau petit ami, un certain Shinto que Mitsu avait en fait déjà croisé de bon matin devant la porte de la salle de bain. D’ailleurs, tandis que sa mère se répandait en louanges sur lui, l’adolescente s’était déjà fait une idée très précise du gaillard : pervers et obsédé par le fric. Enfin, elle concédait toutefois à sa mère que pour une fois il n’avait pas l’air d’un étudiant mais bien d’un homme. Un changement notoire dans la quête du « paraître jeune » de Sayuri.

Après les dernières recommandations d’usage – faire attention à sa tenue, prendre soin de ses ongles, de ses cheveux, rester féminine et… bien étudier – Mitsu avait quitté le nouveau domicile familial. Les écouteurs de son lecteur mp3 solidement vissés aux oreilles égrainaient les rifles lourds d’un groupe de métal quelconque. Hé ouais, la rêveuse adolescente avait une préférence pour les sons violents pour se débarrasser la tête des tartines futiles de Sayuri. Après s’être engouffrée dans le métro, avoir collé un coup de pied « discret » de la pointe de la botte dans les tibias d’un type aux mains un peu trop baladeuses – elle se laissait pas compter la Mitsu ! – le programme musical se cala enfin à l’humeur que la jeune fille avait montré tout le reste de la semaine : les rêveries un brin romanesques au sujet d’un certain professeur.

Bêtement, elle avait d’abord pensé qu’y laisser libre court lui permettrait de passer rapidement à autres choses. En fait, elle reconnaissait que l’effet inverse s’était produit. A force de tenter de se rappeler dans les moindres détails de ses traits expressifs, de l’éclat de son regard pour les esquisser le plus fidèlement possible sur le papier, elle lui avait accordé une part conséquente de son temps à dispo pour buller. S’extirpant tant bien que mal de la rame bondée, elle gagna le plus rapidement possible l’extérieur. Aaaah enfin l’air pur de Tokyo s’engouffrait dans ses narines, enfin l’air libre… mmh le ciel libre ? Bref, .. La place de la gare s’étalait, animée, à quelques pas. Elle jeta un coup d’œil à son portable pour vérifier l’heure, 13h45, et un éventuel message pour décommander : Rien. Bien, plus qu’à attendre maintenant.

Fermant les yeux, elle prit une longue inspiration pour retrouver complètement son calme et chasser d’une expiration toutes les images niaises dont les magazines l’avaient abreuvée la veille. Puis, elle s’étira de tout son long. Renfonçant son trillby sur son crâne – le chapeau donne une certaine classe – elle remit de l’ordre dans sa tenue. D’une main, elle lissa un peu son chandail noir porté sur un short en jeans vieilli mettant en valeur ses longues jambes galbées. Les talons discrets des bottes beige, un peu trop large pour un effet décontracté, lui garantissait encore quelques centimètres de plus. Déjà qu’elle tutoyait les jeunes hommes de son âge en terme de taille, Sayuri – car maman avait choisi la tenue de sa fifille comme toujours – estimait encore qu’elle devait dominer en taille la plupart des gens pour plus de prestance. Pour une fois, l’ado n’avait pas rechigné. Effort conscient pour être à son avantage ? Il y avait de ça. Pour le reste, cela relevait plutôt de la manipulation : Pour obtenir ce qu’elle souhaitait - Les clés de la galerie et la paix – il lui suffisait d’offrir à sa mère la satisfaction de la voir accoutrée exactement selon ses désirs.

L’heure approchait. Au lieu d’arpenter toute la place à la recherche de son sensei, Mitsu s’appliqua à faire du sur place. Ainsi, il serait peut-être plus aisé de se repérer. Si elle se mettait elle-même à chercher, il ne servirait à rien de quadriller le secteur pour se retrouver vu qu’ils avaient de fortes chances de se « manquer » en permanence. Toutefois, elle guettait attentivement et scrutait la foule pour retrouver Hasegawa.
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Mer 23 Nov - 15:09

Il n’était pas parvenu à dormir très tard. Pourtant, il était sorti le soir précédent. Mais, le canapé d’un ami, même si c’est celui d’un ami, ce n’est pas aussi confortable que son propre lit. Mais il était resté trop tard pour rentrer chez lui. Néanmoins, il y avait un bon coté dans cette histoire. Après tout, il avait enfin le temps de réfléchir à ce rendez vous qu’il allait avoir dans quelques heures.

Ainsi, couché avec une vague couverture trop petite pour le couvrir, Hasegawa regardait le soleil se lever sur la ville. Mais ses yeux fixaient le lointain sans le voir vraiment. Il était déjà tout à ses pensées. Il était concentré, entrain de reconstituer le visage de Rowani.

Longtemps, son esprit avait été incapable de se souvenir des visages féminins. C’était une sorte de blocage mémoriel, de compulsion que sa mère avait réussi à lui imposer alors qu’il était enfant. Mais depuis qu’il vivait seul, loin de tout ça et qu’il combattait cet héritage destructeur, il pouvait y parvenir avec quelques efforts de concentration.

Le jeune artiste fronça les sourcils. Il sentait une résistance quand il cherchait à se rappeler du regard de Mitsu. Il finit par fermer les yeux pour mieux se concentrer et il y parvint. Oui, elle ressemblait à cela, elle l’avait regardé ainsi lors de leurs dernières rencontres. Il l’avait retrouvé, il allait pouvoir clairement penser à elle.

Mais qu’en dire ? Très vite après le départ de l’élève, il avait commencé à regretter d’avoir accepté le projet. Mais, il ne l’avait pas annulé pour autant. Quelque chose le retenait dans cet acte. Il n’était pas sûr de savoir pourquoi il le regrettait vraiment. Etais-ce en lui un sentiment de responsabilité qui le prévenait qu’il allait trop loin ? Ou étais-ce quelque chose de plus intime et insidieux, le sentiment de culpabilité d’un enfant qui verrait ce rendez vous comme une trahison envers une mère un peu trop affectueuse et possessive ?

Démêler ses propres sentiments des émanations de l’inconscient n’était pas une mince à faire. Le jeune artiste avait cru trouver la réponse dans ses rêves. Mais comme par hasard, ces derniers quittaient de son esprit avant qu’il ne parvienne à s’en souvenir. Résultat, il n’avait aucune idée sur l’attitude qu’il devait adopter.

S’il pouvait au moins avoir la certitude qu’il agissait bien pour lui-même, qu’il agissait vraiment parce que c’était bien ce qu’il désirait, il pourrait vraiment se laisser aller sans inquiétude.

Il poussa un soupir lourd et déchirant. Un juron gagna ses lèvres mais il le retint. Se levant du canapé, il se rendit à la salle de bain ou il décida de se remettre un peu d’aplomb en s’arrangeant un peu.

D’ailleurs, qu’est ce qui l’avait véritablement motivé à accepter cette proposition ? A cette question, l’émotion qu’il avait ressentit en écoutant la voix de la jeune fille parler passionnément de l’art lui revenait. Malgré le doute et une vilaine boule qui serrait sa gorge, il se mit à sourire.

Ce dernier aurait pu passer inaperçu mais il faisait face à un miroir. Le voir fit augmenter le malaise du jeune homme et ce ressentit termina de le convaincre. Ce qui le rendait mal à l’aise, ce n’était pas quelque chose de raisonné comme pourrait l’être une attitude de professeur face à une élève. Non, ce qui le troublait tellement avait une origine plus viscérale et infiniment plus douloureuse.

Il en était certain désormais. Il faisait face à un vieil ennemi et il n’était plus question de le laisser gagner la partie. S’armant de détermination, il se prépara pour son rendez vous.

Yuusuke ne devait pas par la suite, changer d’idée. Maintes fois durant la matinée, il se motiva à parler et à sourire. Quittant son ami en le remerciant de son accueil, il partit en avance pour marcher tranquillement dans la rue et observer le monde autour de lui. Saisissant les regards quand il les croisait, rencontrant et discutant aux grés des hasards, il allait vers le lieu du rendez vous. C’était sa gymnastique mentale, sa manière de faire réduire cette pression qu’il avait l’impression de ressentir au niveau de la gorge, de se détendre. Car ainsi, il prouvait au combien comme sa mère avait eu tort de lui décrire un monde atroce et sombre rempli de méchancetés et de mensonges.

Peu à peu, un autre stress le gagnait, mais ce dernier était différent, il ne pesait pas sur ses épaules. Au contraire, il allongeait ses pas et lui donnait envie de sourire. Cette sensation d’excitation intense, il ne l’avait pas ressentit depuis des années et il adorait ça.

Enfin, il la trouva du regard et s’avança à grand pas vers elle avec un sourire irrésistible. Le jeune professeur était heureux de la retrouver, de la voir en avance et de tout le reste aussi…


« Rowani-san ! Bonjour ! Tu vas bien ? »

Qu’il était étrange de ne pas voir une élève dans son uniforme mais dans ses vêtements quotidiens. Il n’était même pas sûr de la manière dont il devait lui parler. Mais, il prit parti de négliger la question et de se laisser définitivement aller à être spontanée.

A la réflexion, Hasegawa ne se serait pas douté que la jeune femme n’avait que 17 ans. Elle était grande et ses vêtements n’avaient rien d’enfantin. Bien au contraire, ces derniers accentuaient définitivement la féminité de l’élève.

Si ses pensées n’avaient pas été tant occupées par Mitsu. Il aurait pu porter un regard similaire sur lui-même. En effet, le jeune homme portait un jean bleu délavé avec des chaussures brunes ainsi qu’une chemise rouge et un manteau noir. Rien à voir avec son costume bleu nuit à chemise blanche qu’il étreignait dans les couloirs et dont il arrivait rarement à supporter la veste.

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Mitsu Rowani
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Ven 25 Nov - 18:36

On a tous connu à un moment ou un autre de notre vie un instant d’attente interminable. Ces cinq petites minutes se transformaient toujours en éternité, lorsqu’on mirait le ciel pour éviter de se tortiller bêtement d’un pied à l’autre à cause de l’anxiété et d’excitation. Tout et rien nous passait par la tête. Et généralement des bêtises : est-ce qu’on s’est bien laver les dents ? Rien ne restait coincé entre elles au moins ? Avait-on donné le bon numéro ? Viendrait-il/elle ? Puis venaient quelques considérations plus enlevées : Et si on ne lui plaisait pas ? Si on s’ennuyait ? Si aucun son ne voulait bien franchir nos lèvres et qu’on restait bêtement à se regarder comme deux merlans frits ? Quoique la question de l’attirance n’effleurait qu’à peine l’esprit de l’adolescente, une autre question se bouscula soudain au portillon de la conscience de Mitsu : Comment était-il en dehors de l’enceinte scolaire ? Si ça se trouvait, il était peut-être un de ces cinglés qui achetaient des petites culottes déjà portées à prix fort. Idée vite chassée, cela ne cadrait pas avec le personnage. Mais tout de même, une hésitation à prendre ses cliques et ses claques pour décarrer vite fait naissait dans la tête de linotte.

Puis, parmi la grisaille environnante, en périphérie de son champ de vision, arriva un rayon de soleil pétillant. Entre les couleurs vives et le magnifique sourire qu’il lui offrit, elle oublia presque un instant qu’il était son professeur. Aussi la réponse à la salutation sonna un peu bégayante et hésitante :

- Bonjour Hasegawa-san… sensei…

Après un bref toussotement, elle étira un sourire d’excuse qui se changea bien vite en sourire tout court. Et voilà ! Le blanc ! Elle ne savait pas trop comment lancer la discussion. Ah si ! Répondre à la question et la retourner, ça pouvait être un bon début !

- En pleine forme ! Et vous ? Vous avez passé un bon weekend ?

Et bah voilà ! Ce n’était pas si sorcier non ? Peut-être un brin indiscret compte tenu de leur statut élève/professeur, mais peu importait. Puis, à le voir sans son costume, dans une tenue décontractée, cela encourageait fortement à se conduire comme si c’était une connaissance « normale » pour une journée « normale » dans une activité « normale ». Enfin… La situation n’avait pas grand-chose d’usuelle ou commune. Premièrement parce que la jeune fille n’était pas si coutumière que ça des rendez-vous avec un jeune homme, quelque soit son âge. Deuxièmement, parce qu’elle ne se serait jamais rendue à la galerie de sa mère avec un de ses amis. Et troisièmement, parce qu’elle n’aimait vraiment pas cette impression d’être une gamine niaiseuse qui s’entichait de son professeur. Plus elle y réfléchissait, plus c’est ce qu’elle ressentait. Ah bast, elle verrait bien. Elle trouverait bien la maturité suffisante pour gérer la situation et son léger béguin pour son sensei. Un rêve, un fantasme illusoire et courant dont un étudiant souffrait toujours un jour ou l’autre. Voilà, c’était juste ça. Il était séduisant. Il était assez jeune pour qu’elle puisse s’imaginer une idylle avec lui. Il s’intéressait à elle et ils partageaient une passion pour l’art. Elle focalisa sur la dernière pensée. A partir de ça, elle pourrait juguler sa fichue imagination pour ne retirer que la réalité : Deux personnes qui vont visiter une galerie parce qu’ils aiment l’art. Le pouvoir de l’esprit et la maitrise de soi accomplissait un miracle. De l’adolescente tendue, elle passa rapidement à la jeune femme décontractée.

- Vous préférez aller prendre un café avant ou nous allons directement à la galerie ?
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Sam 26 Nov - 7:50

Yuusuke avait acquiescé sans hésitation à la première question. Sa réponse à la seconde fut plus partagée. Un café ? Avant ? Mais ne devait-il pas juste aller à l’exposition ? N’étais-ce pas juste cela le but de leur rencontre aujourd’hui ? S’ils allaient à un café, cela ne ressemblerait-il pas de plus en plus à un rendez-vous ? Un vrai !

« Pourquoi pas… Oui ! »

Hasegawa avait hésité mais il était inutile d’aller contre ses propres sentiments. En vérité, il n’avait aucune envie de ne pas accepter. Voir même, il crevait d’envie d’accepter ! C’était juste… Et bien, il y avait cette culpabilité malsaine… Ce truc qui venait le troubler et dont il devait se dépêtrer à force de volonté. Et cela le rendait un peu malhabile.

Comme pour faire oublier ce qui aurait pu s’apparenter à de la réticence, le jeune homme reprit la parole. Il avait plusieurs cafés dans le coin en tête. Mais, il n’avait pas vraiment encore arrêté son choix.


«As-tu un endroit dans le quartier ou tu voudrais qu’on aille ? »

S’enquit-il alors avec un sourire charmant, plongeant son regard dans celui de Mitsu dans l'espoir de chasser ce sentiment de malaise par celui délicieux et électrique que lui procurait la jeune fille.
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Mitsu Rowani
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Mer 30 Nov - 18:47

Voyant l’hésitation de son professeur, Mitsu se ravisa et décida d’expliquer le pourquoi du comment de cette histoire de café. Ainsi, la bouche à moitié ouverte pour commencer sa diatribe s’étira alors en sourire à la réponse positive du jeune homme. Les yeux rivés à ceux d’Hasegawa, pendant une longue seconde, elle oublia momentanément de répondre à celui-ci. Retournant alors dans le mode « rêverie », le fourmillement des possibles se succéda rapidement devant elle. Les pensées allumèrent un temps cette petite lueur dans son regard avant qu’elle ne se détourne presque brutalement pour couper court à l’instant pouvant possiblement devenir gênant. Pointant du doigt une direction, un peu au hasard à dire vrai, elle s’exclama :

- Par là-bas, à deux pas de la galerie, il y a un petit café qui fait des délicieux cappuccinos. J’y suis allé quelques fois. Pour être dans le centre le prix est correct.

Attrapant la poignée de sa petite valise, elle la souleva pour mieux la faire rouler derrière elle. Se mettant en marche au coté de son sensei, encore hésitante sur le comportement à tenir – la distance à laisser entre lui et elle, trop éloignée ça ferait trop apeurée, trop proche… trop entreprenante et un brin louche – Pour meubler le trajet et dissiper la gêne, elle enchaîna rapidement diverses informations absolument inutiles sur le café vu qu’il allait bientôt le visiter et pouvoir juger par lui-même. Après plusieurs minutes de marche, elle s’arrêta devant la devanture de l’établissement.

- C’est ici. La galerie est juste au bout de la rue.

Elle laissa le choix au professeur d’entrer en premier ou de se raviser pour se diriger directement vers l’exposition. Toutefois, étant donné qu'il ne réagissait pas, elle ouvrit la porte des lieux.

L’établissement en coin de rue s’étalait sur deux étages. Aussitôt la porte poussée, ils entrèrent dans une atmosphère sobre mais chaleureuse. L’endroit reproduisait tout le charme d’un lounge : Le comptoir de tek et de métal, des dizaines de canapés en cuir autour de table basse de métal et de verre. Comme fond musical, quelques haut-parleurs égrainaient une mélodie électro-jazzy. Pour égayer l’endroit, dans des grands pots se fleurissaient de plantes exotiques. Sur des étagères, entre deux bibelots de décoration, de nombreux livres « anciens » probablement factice pour créer un mélange vieux-neufs d’un charmant effet.

Rapidement, Mitsu se dirigea vers un coin éloigné des fenêtres au rez-de-chaussée. Elle s’installa sur le fauteuil tranquillement en croisant haut les jambes avec une certaine élégance naturelle. Apparemment, elle a ses quartiers ici puisque rapidement un serveur vint saluer « le couple » et prendre les commandes.
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Jeu 1 Déc - 19:39

Hasegawa n’avait pas eu le temps d’admirer la façade de l’établissement que Rowani en avait déjà poussé la porte. Il lui emboita le pas sans hésiter, ne voulant aucunement s’éloigner d’elle en cet instant. A leurs entrées dans le café, un sourire se dessina sur le visage du jeune homme alors qu’il regardait à la ronde. Le décor et l’ambiance lui plaisaient.

Il fut enchanté à l’idée que la jeune fille et lui avait les mêmes gouts concernant les lieux à fréquenter. Il le fut plus encore quand Mitsu s’installa sur un fauteuil qui lui semblait familier avec une élégance charmante. Alors qu’elle croisait les jambes, ces dernières fascinèrent le jeune homme.

Il en était ému à tel point que cela lui fit marquer une certaine hésitation avant qu’il ne s’installe à son tour sur la chaise qui faisait face à Rowani. Presque immédiatement, il regretta plusieurs choses. En premier lieu, il regretta qu’une table le sépare de la jeune fille. En second, il maudit se fauteuil de ne pas être un canapé. Ainsi aurait-il pu partager une plus grande proximité avec elle.

Inutile de dire qu’en cet instant, son sentiment de culpabilité n’était plus qu’un bruit de fond dans son esprit. Le charme de la jeune fille avait fini par le balayer. Et il fallut l’intervention du serveur pour lui faire prendre conscience que le monde ne se résumait pas à la seule contemplation de ce charmant tableau féminin.

Yuusuke laissa Mitsu prendre sa commande et il en fit de même sans attendre. A vrai dire, il était assez pressé que le serveur ne s’en aille. Mais pour faire quoi ? Pour dire quoi ? Il ne pouvait sincèrement pas exprimer à haute voix ce qu’il ressentait à cet instant. Il devait parler d’autre chose. Mais difficile d’y réfléchir quand on a l’esprit ailleurs.


« Je t’ai peint. »

Quoi ! Mais qu’est ce qui lui prenait de commencer par une telle révélation ?! Bah, autant y aller totalement maintenant.

« Cela m’est venu dans la semaine. J’espère que tu accepteras que je te le montre quand j’en serais satisfait. »


Expliqua-t-il donc avec un sourire partagé entre la timidité et la douceur.
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Mitsu Rowani
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Ven 2 Déc - 3:43

Au sourire, elle devina que le décor lui plaisait ! Au moins, c’était un début. Elle avait craint qu’il ne trouve l’endroit un peu trop intimiste avec l’agencement très living-room. Pourtant, elle accueillit son fauteuil avec un certain soulagement. L’ « épreuve » de la marche au coté du jeune homme l’avait laissé bien plus songeuse qu’il n’y paraissait. Pour une fois, elle ne se trouvait pas trop grande contrairement à l’impression que lui avait laissé ses derniers rendez-vous avec des garçons de son âge. De fait, elle s’était surprise à penser au couple assorti qu’ils pourraient former. Deux grands jeunes gens, partageant les mêmes intérêts artistiques et apparemment les mêmes goûts en matière de café. Le voir assis et non debout à coté d’elle calmait un peu ce sentiment d’accord. Face à face, il pouvait redevenir le professeur et elle l’élève comme il se devait.

Quand le serveur vint prendre la commande, il lui adressa un sourire taquin auquel elle avait furieusement envie de répondre par un tirage de langue de gamine. Ils se connaissaient assez bien à cause des samedis après-midi et soirs qu’elle passait installée ici même à bouquiner et gribouiller sur son carnet pendant que sa mère travaillait à la galerie. Sans prendre le temps de regarder la petite carte, elle se commanda un « décalage horaire », une sorte cappuccino : Un fond de sirop d’érable, une couche de lait, une couche de café et de la crème chantilly saupoudrés d’un peu de cacao. Le tout était servi dans un grand verre transparent laissant apparaître les couches successives de différentes couleurs. Chacun son pêché mignon et Mitsu raffolait de ce « café » si particulier. La commande arriva d’ailleurs presque aussitôt passée et une fois les breuvages sur la table basse, le serveur se sentant probablement de trop – Les serveurs développaient souvent une sorte de sixième sens pour détecter quand un client avait que l’envie de le voir décarrer vite fait – quitta rapidement la tablée pour leur offrir cette intimité à la fois crainte et désirée.

Alors que dans la tête de l’adolescente se bousculaient déjà les détails à ne surtout pas révéler à l’objet de ses pensées, ce fut le professeur qui balaya d’un revers de main toutes ses bonnes résolutions avec sa déclaration : « Je t’ai peint ». Evidemment, le rouge monta directement aux joues de la demoiselle. Alors qu’elle arrivait à conserver encore un peu de présence d’esprit pour tenter de baragouiner des remerciements ou un intérêt poli, il porta l’estocade avec son sourire. Là-dessus, le rouge prit une teinte rosée. Puis, un sourire extatique dévora bientôt les lèvres de la jeune fille et alluma définitivement cette petite flamme au fond de ses yeux. Comment pouvait-elle rester un tant soi peu maitresse d’elle-même après ça ? Il avait pensé à elle. Juste à elle, peut-être autant qu’elle avait pensé à lui ! L’imagination de Mitsu passa alors la seconde puis la troisième en un temps record avec une belle montée dans les tours de ses battements de cœur. Sur l’instant, elle n’arriva pas à se calmer et hocha vivement la tête pour acquiescer. Avec un entrain, elle ajouta :

- Evidemment, j’en serais plus que ravie !

Fatalement, la confession entraina la sienne.

- Je vous ai moi-même dessiné. Plusieurs fois. Je n’arrivais pas à être satisfaite de la manière dont je saisissais votre regard ou votre sourire lorsqu’ils s’allument d’un soleil.

En s’entendant prononcer les mots qu’elle ne voulait vraiment pas dire en face de son professeur, elle écarquilla les yeux et chercha brusquement à s’effacer littéralement dans le fauteuil. Autant lui dire tout de suite qu’elle en pinçait pour lui et que maintenant elle rêvassait de la réciproque. Aussitôt, elle se mit à ébouriffer ses cheveux longs libres complètement gênée. Se traitant intérieurement de nombreux noms d’oiseaux – et surtout d’idiot naïve et puérile – elle ne pipa plus un mot, se préparant à la sentence de son sensei.
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Yuusuke Hasegawa
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Ven 2 Déc - 17:49

Ce fut à son tour de se mettre à sourire avec émerveillement alors que Mitsu s’exprimait de nouveau avec cette sincérité et cette passion qu’il appréciait tant chez elle. Les battements de son propre cœur s’accélèrent. L’expression de joie intense qui gagna son visage tout entier ne pouvait plus du tout laisser de doute quant à ce qu’il ressentait pour la personne qu’il regardait ainsi.

« Et bien, je crois que nous pourrons profiter tous deux de cette journée passée ensemble pour saisir ce que nous ne parvenons pas à mettre sur papier. »

Qu’est ce qu’il venait de dire ? Il n’en était pas sûr lui-même. Le sourire qui éclairait son visage, refusait de se faire plus discret. Il avait prononcé ces mots d’un ton rêveur. Son esprit n’y était pas vraiment. Il était ailleurs, comme à la fois captif et perdu. Cette femme, elle avait ce don, ce talent de lui faire perdre pied, de l’émouvoir et de le transporter.

Retrouvant son calme, son regard glissa sur la valise qu’avait Rowani avec elle. Il pouvait admirer le rose délicieux qui venait envahir ses joues et même si une partie du jeune homme s’émouvait et se plaisait à imaginer la bouffée de chaleur que la jeune femme devait ressentir à cet instant, il tenta de changer un peu le sujet, le tournant vers des préoccupations plus matérielles.


« Tu ramènes des affaires au dortoir ? Je pensais que vous aviez tous ce qu’ils vous fallaient, là-bas. »
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Mitsu Rowani
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Mar 6 Déc - 1:50

Lorsqu’il parlait, elle l’observait et cessa bientôt de se décoiffer – une vague pensée pour Sayuri et le pauvre coiffeur qui avait passé des heures à dompter les cheveux rebelles de la demoiselle – Du haut de ses dix-sept ans, elle n’avait certes pas une grande expérience de la gent masculine. Mais ce qu’elle apercevait dans les sourires d’Hasagawa-san ou percevait à travers ses mots, elle les mettait à coup sûr dans la catégorie « intérêt amoureux ». Aussi créative qu’elle fut, elle ne pouvait pas imaginer avec autant de détails quelque chose d’absolument inexistant et le prendre pour réel. Puis, les regards caressants, elle en avait surpris plusieurs fois qui s’attardaient sur ses jambes, sur son visage ou même se plongeant dans son propre regard et ça n’était pas la manière dont un professeur regardait son élève aussi mignonne soit-elle. Dans toutes les autres circonstances, elle aurait trouvé cela foutrement malsain. Mais là, elle n’avait qu'une envie : Mordre à pleines dents au fruit défendu.

Aussi, malgré la question du sensei pour changer de sujet, elle remit lentement les mèches taquines qui chatouillaient son nez en place et, dans un froissement de tissu, décroisa les jambes pour prendre sa boisson. La manœuvre exécutée, elle reprit place en recroisant sensuellement les jambes avec le fin chuchotis de ses bas fins. Bien qu’acte au charme assumé, le geste n’avait rien de vulgaire. Semblable à un jeu de séduction innocent, il s’accompagna d’un fin sourire un brin plus mutin sans doute, peut-être pour revendiquer soudainement le fait que, malgré son âge moindre, elle n’avait rien d’une gamine. A présent qu’elle s’aventurait sur ce terrain, d’égal à égal, elle se détendit légèrement et put soutenir une discussion « amicale » sans piquer de fard toutes les trente secondes. Aussi, ils purent se raconter leurs weekends respectifs, échanger quelques banalités sur le temps, le café, le quartier sans être interrompus par une bouffée de timidité de la jeune fille.

Le temps ainsi passa jusqu’à ce que leurs verres ne soient vides. En se relevant, elle donna le signal de la suite de l’après-midi. Direction la galerie ! Consommations payées, ils s’engouffrèrent à nouveau dans la rue animée. Ils la remontèrent en discutant encore sur les quelques mots aux allures de guide touristique de Mitsu connaissant bien le voisinage. Puis, arrivés à destination, un bâtiment assez récent avec une large devanture vitrée. Avant de pénétrer à l’intérieur, il n’était pas possible d’apercevoir les trésors que le lieu renfermait. La propriétaire avait pris soin de camoufler aux regards ses possessions à l’aide de grandes tentures blanches. Sur la fenêtre s’étalait le nom de la galerie en rōmaji : « Lumières d’ailleurs ». En plus petits, quelques hiragana donnaient la traduction pour les réfractaires à la romanisation ainsi que l’indication que c’était une galerie d’art. Autrement dit, l’entrée était très sobre voire ascétisée.

Après avoir fouillé son sac quelques instants, Mitsu tira les clés avec un bref sourire triomphant pour ouvrir l’antre aux merveilles. Là, dans la semi-pénombre, le jeune homme pouvait deviner une grande pièce probablement majoritairement blanche encombrée de nombreux objets. Fourrant les clés dans la main du professeur, elle expliqua avec un sourire.

- Laissez-moi une seconde pour allumer toutes les lumières. Fermez la porte afin d’éviter que quelqu’un entre. Je reviens.

S’éclipsant rapidement derrière le paravent du comptoir d’accueil, elle délaissa Yuusuke afin de composer le code de l’alarme et tourner les différents interrupteurs pour éclairer l’ensemble de la pièce. Ainsi, il eut tout le loisir de découvrir l’endroit. Comme escompté, la pièce s’étalait sur une bonne surface, toute blanche. Ça et là, d’autres paravents blancs, presque médicaux, coupaient la vue sur les œuvres qu’on devinait par un jeu d’ombres. Des tâches de couleurs plus vives des tableaux, des sculptures et parfois même un ou deux écrans plats pour des œuvres-vidéos. Apparemment, l’exposition du mois n’avait pas de thème particulier tant les œuvres aperçues étaient bigarrées et cosmopolites. Après avoir réglé les soucis plus techniques, la jeune femme s’approcha à nouveau du sensei et déclara de but en blanc.

- A vous de choisir par où commencer et l’œuvre dont vous souhaitez parler en premier.
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Mar 6 Déc - 17:41

Hasegawa en était encore à réfléchir à la beauté des jambes de Rowani quand cette dernière l’interpella. Ah oui. Ils étaient là pour visiter une galerie, c’est vrai. Il fit alors l’effort de rassembler ses idées autour de l’art tout en faisant fi de tourner un instant dans la pièce à la recherche de son premier sujet.

Quelques secondes avant, le jeune homme était encore en émoi. Le moment très agréable qu’il avait vécu avec Mitsu et ce qu’il avait saisi chez elle, ce sourire, ces gestes d’une féminité assumé, c’était autant de choses qu’il adorait voir chez une femme.

Cela pouvait ne pas paraître exceptionnel mais, en vérité, aux yeux de l’artiste, très peu de personnes de la gente féminine lui étaient jusqu’à lors vraiment apparus comme étant véritablement des femmes usant de leurs sexualités.

C’était une surprise, une agréable surprise, de voir que la jeune femme qui l’accompagnait en était capable. Désormais, son regard avait changé. Il ne pouvait décemment plus la pensée « jeune fille» et lui « jeune homme ». Tous ces mots, en vérité, désormais, ne portaient plus que des guillemets que comme des ailes faisant s’envoler leurs sens.

Et en parlant de ça…


« Approche, Rowani... »

Dit-il en lui faisant un signe vague de la main alors qu’il venait d’entrevoir une toile. Il repoussa le paravent et la découvrit ainsi aux regards.

Non, il n’avait pas oublié le « san » à la fin du nom de la jeune femme. C’était juste qu’il avait décidé d’en faire fi. Ils allaient désormais parler d’art et Yuusuke voulait dénuer, autant que faire ce peu, ce dialogue de toute hiérarchie. C’était ainsi qu’il avait appris à l’école d’art à parler avec ses propres professeurs, il était bien décidé à en faire de même avec Mitsu.

L’artiste s’écarta de la toile de sorte à se mettre à la hauteur choisie par Rowani pour la regarder. Ainsi, à ses côtés, il laissa un instant son regard s’attarder sur le visage de la jeune femme avant de revenir à l’œuvre qui se présentait face à eux. Un silence contemplatif s’installa. Hasegawa restait silencieux, laissant la liberté à Mitsu de s'exprimer en première.

Son sens professionnel l'amena à admirer l’œuvre mais son attention se trouvait irrésistiblement détourné de la toile. Une certaine nervosité le gagnait d'être ainsi au coté de la jeune femme, seuls, dans une pièce silencieuse.

Il était assez proche pour sentir le shampoing qu'elle avait utilisée pour ses cheveux. Il l'était aussi assez pour voir son visage de bien plus prêt et donc de s'émouvoir de son profil. Le résultat fut simple, sa pensée dériva et il se retrouva à fixer Rowani bien plus que l’œuvre.
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Ven 9 Déc - 0:17

Elle resta d’abord à bonne distance de l’œuvre pour l’observer dans sa totalité. Son regard allait et venait sur les différentes parties de l’image. Il s’accrochait parfois à certains détails pour mieux glisser sur le suivant. Finalement, elle se rapprocha un peu afin de prendre notes des plus petits éléments. Reprenant place au coté du professeur, elle commença par une succincte analyse de la technique. Pour dériver ensuite sur le coté pure appréciation personnelle.

- Je dois avouer que je n’aime pas particulièrement ce tableau. Il est joli, voire mignon, on peut en imaginer plusieurs choses, … Mais le thème est un peu trop enfantin et « bariolé ». Je préfère les travaux plus… sobres en couleur. Toutefois, son intérêt réside plutôt dans la multitude de petits objets détails. Le fait est, qu’on ne s’en lassera pas rapide car il y a toujours un nouvel élément à découvrir à chaque fois qu’on l’observe. Mmh... je crois que c’est surtout le style trop manga des personnages qui me dérange.

Elle hocha un peu la tête.

- Pour le coté plus… « travail de l’imagination » qu’il procure, je le trouve par contre très bien réussi.

Elle mordilla légèrement sa lèvre inférieure en réfléchissant.

- On dirait l’instant où l’on fait le point, le moment paisible entre deux aventures de gamins. Celui ou on ressasse et fabule sur la journée du jour et qu’on imagine l’aventure du lendemain. Le petit garçon a l’air de partir dans une grande explication ou déclamer une histoire lu dans le bouquin qu’il tient à la main à la fillette. Devant eux, il y a cette immense forêt à explorer et derrière tous les jouets de leurs précédentes aventures. La canne à pêche-katana qui a dû autant servir à pourfendre brigands et oni, à jouer au samouraï, que ramasser du poisson, la fiole de rhum ou de potion magique ou le poison d’une sorcière, …

Elle pointait successivement les différents éléments.

- La maisonnette ressemble à un coffre à jouet d’ailleurs. Au loin dans le coin, entre la cheminée et l’arbre, on voit la tour d’un magicien – à moins que ça ne soit que le prolongement de la branche –.

Elle étira un large sourire.

- Après, on peut partir dans une explication plus symboliste également, mais c’est moins intéressant et un peu trop académique, non ?

Câlant ses mains dans son dos, elle se détourna légèrement du tableau.

- Et toi, tu en penses quoi ?

Oui, oui, elle avait osé passé à un niveau de langage plus familier sans virer pivoine. Peut-être que c’est le « Rowani » qui l’a rassuré… Qui sait ?
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Mar 13 Déc - 14:47

Hasegawa avait écouté les propos de Rowani avec attention. Sa concentration, elle, était un peu chancelante. Son cœur ne pouvait s’empêcher de lui échapper, de s’envoler et de se perdre au doux parfum de la jeune femme. Ainsi donc, il ne l’écouta qu’à demi et cela éveilla son intuition.

Les mots que Mitsu avait prononcés de l’avait pas atteint. Cela voulait-il dire qu’elle ne laissait pas libre court à sa passion, que quelque chose retenait sa langue ? C’est ainsi qu’il le perçu en son cœur. Tout d’un coup, elle lui semblait moins enivrante et moins brulante. Il cligna une fois des paupières et son regard changea sur elle.

Il croisa son regard et entendit ses derniers mots. Ils étaient familiers et lui évoqua les ruines d’un souvenir lointain. Loin de sa mère, loin de son regard sombre et dévorant, il existait quelques ilots de bonheur. Détournant ses yeux vers la toile, il parla et à mesure, un sourire gagna ses lèvres, le ton de sa voix se réchauffa et son cœur se mit à battre chaudement.


« Cela m’évoque ces jeux d’imaginaires ou ma cousine me priait tant de l’emmener. Loin de nos parents, nous étions libres. Des royaumes que je créais par mon imaginaire fertile, nous étions les dieux, les rois ou les héros. Il n’y avait alors aucune limite entre la terre et le ciel. Les couleurs étaient plus brillantes et plus exubérantes que jamais. Le cœur de l’univers battait comme celui d’un enfant.

Le regard que la fillette porte sur le garçon, ce regard, ma cousine l’a déjà porté sur moi alors que je lui racontais les merveilles que j’étais capable d’inventer. Elle avait aussi ce sourire. Dans ce tableau, je peux presque entendre son rire, émerveillé qu’elle était de me voir si passionné avec elle alors qu’en public, j’étais si secret et si sombre. »


Il souriait mais il y avait quelque chose de terriblement triste derrière ces illusions d’enfants. Dans ses yeux, il y avait comme une ombre qui le trahissait malgré lui. Et quand il tourna son regard pour le porter sur Rowani, elle parue.

« Ton analyse est complète et rigoureuse. Mais… Je ne veux pas t’entrainer à la critique d’art. Nous ne sommes pas des galeristes ou des journalistes. Nous sommes ici en tant qu’artistes. »

Il s’approcha de l’œuvre et la montra à Mitsu comme pour souligner son propos.

« Je veux t’apprendre à rentrer en relation avec l’œuvre, à communiquer avec elle. Il faut l’embrasser du regard et du cœur, la laisser évoquer ce qui, en nous, est ému. Ainsi on peut saisir son énergie, ressentir l’écho qu’elle émet et s’en inspiré soi-même. »


Yuusuke parlait avec un ton à la fois doux et passionné, presque extatique alors que son regard se portait sur la jeune femme.
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Lun 9 Jan - 4:57

Elle le dévisagea tandis qu’il parlait avec mélancolie de son enfance. Brusquement, elle se rendit compte de ce qui la retenait. Se dévoilant autant à un professeur, lui conter rêves et imaginaires était très différent de la simple « évocation » d’art ou encore lui dévoiler son travail sans commentaire. Elle se remémora alors sa crainte du jugement de celui-ci lorsqu’il avait eu entre les mains ce fameux carnet où elle égrainait, de croquis et de mots, ses pensées. Pire encore, elle avait la crainte désormais de l’avoir déçu d’une quelconque manière. Etait-ce pour cette raison que son regard un instant s’était éteint ? Ou était-ce un douloureux souvenir ? Ne pouvant décemment pas lui poser la question, elle se contenta pour l’instant d’écouter ses « consignes » en quelque sorte. Là-dessus, une idée s’illumina dans sa ravissante caboche. Spontanément, elle attrapa la main du jeune homme – peu lui importait alors qu’il fut son professeur – pour le mener à une nouvelle toile. Tandis qu’elle le promenait à travers la galerie, sans lui lâcher la main, à la recherche de ce qu’elle souhaitait lui montrer, elle expliqua sa soudaine envie :

- Je sais ce qui clochait ! Quand il y a trop de chose à voir dans une œuvre, il me faut longtemps pour expliquer ce que j’en pense. J’ai besoin d’analyser les choses, les décortiquer pour tout comprendre quand il y a des nombreux détails. Puis, la présence de personnage me pousse à créer des histoires pour eux, leurs émotions, leur vie, … Pas vraiment à me focaliser sur ce que je ressens moi.

Arrivée devant ce qu’elle cherchait, elle le relâcha en commençant à parler presque directement. Très naturellement, elle employa une formule de politesse plus intime, moins guindée.

- Tu avais sans doute remarqué, mon regard est toujours attiré par l’extérieur. Je le cherche toujours. Le ciel. Le dehors. Là, devant une œuvre somme toute assez classique dans sa réalisation, mais simple, épurée, naturelle, je me sens plus à mon aise pour me laisser aller.

Elle marqua un temps de silence et ferma les yeux. Elle inspira longuement.

- Le soleil, même en image, quand je me sens à l’aise, il m’est toujours possible de ressentir la caresse de ses rayons sur ma peau. Je peux même ressentir la fatigue dans mes jambes d’avoir marché si longtemps et si vite sur le petit sentier caillouteux.

Elle posa une main légère sur le haut de sa poitrine et pis une nouvelle inspiration. Elle ouvrit à nouveau les yeux pour les reposer sur la toile.

- Mon cœur bat la chamade d’avoir tant cavalé. Je craignais de manquer l’instant magique. Ce moment précis où le paysage s’embrase d’une lueur d’or et rubis. Au crépuscule, les fragrances des différentes plantes semblent plus nettes et vives. L’odeur de la terre humide, des feuilles, des fleurs et même de la pierre flattent mes narines.

Sans crier gare, elle se posa au sol.

- A bout de souffle, je me laisse tomber sur un tapis d’humus. Peu importe alors que mon short soit de tel ou tel couturier, peu m’importe de devoir rentrer ensuite couverte de terre. La fraicheur traverse le tissu, j’ai froid. Mais peu m’importe. Ce siège est le meilleur sur lequel je ne me suis jamais assise.

D’un bras, elle encercla ses jambes repliées contre elle. Une main appuyée sur le carrelage, son regard vibrant parcourt toujours la toile à droite, à gauche, avant de revenir inlassablement sur le ciel. Un sourire s’installa sur ses lèvres.

- Le nez toujours rivé au ciel, j’enfonce mes doigts dans le sol meuble. Je me sens bien. Plus enivrée que je ne le serais jamais même si je vidais plusieurs bouteilles de saké. Je ne me lasse pas de promener mon regard sur les rochers et les arbres sur les cotés du panorama, sur les maisons éloignées que j’aperçois ou crois apercevoir en arrière-plan. Puis, je me replonge dans la contemplation des rayons de l’astre diurne. Le mouvement lent des nuages, non pas cotonneux et blancs comme dans un ciel d’été, mais lourds et chargés de pluie. Je me sens petite. Insignifiante devant une beauté qu’on ne peut dompter ou mesurer. Instinctivement, je sais qu’il ne pleuvra pas ce soir. Je peux le ressentir dans l’air qui s’éveille de l’activité des animaux nocturnes. Et pourtant, hormis mon souffle, aucun bruit véritable ne trouble la quiétude de lieux. En me concentrant bien, je pourrais peut-être saisir le chuintement des feuilles dans le vent encore doux pour la saison. Finalement, je perçois le crissement léger des petites pierres qui roulent sous la foulée, plus lente, d’un ami.

Relevant des prunelles brillantes vers Hasegawa, elle étira un sourire plus large encore. Puis, elle tendit la main vers lui en guise d’invite. Malgré tout, avant de lui céder la parole, elle confessa.

- C’est la première fois que quelqu’un m’accompagne pour voir le coucher de soleil. Habituellement, je m’éclipse discrètement lors de mes rares vacances avec mes parents pour grimper seule en haut de la colline. Mon père m’accompagnait avant. Même Sayuri suivait. Même si elle ronchonnait à cause de ses talons ruinés par les cailloux. Pourtant il ne lui venait jamais l’idée de mettre des autres chaussures : elle était toujours aussi pressée que nous. Quand j’étais petite, je m’endormais toujours avant qu’il ne fasse totalement nuit. Mon père me portait alors pour rentrer et je me réveillais le lendemain dans mon lit.

Une pointe de mélancolie transperça dans sa voix.

- Après leur divorce, les weekends à la campagne se sont faits plus rares et mon père était toujours trop fatigué pour retourner là-bas avec moi. Alors j’y allais seule. Je n’ai jamais eu l’envie d’emmener quelqu’un « ici », peut-être d’une certaine manière pour préserver cet instant inchangé. Pourtant aujourd’hui, je t’ai invité. Brusquement, je me dis que je dois avoir l’air idiote vu que je ne suis assise que sur du carrelage et que je regarde une photo accrochée à un mur blanc dans une galerie d’art. Et pourtant, j’ai toujours envie qu’entendre le murmure de l’herbe qui s’aplatit si tu t’assieds à mes cotés pour regarder les dernières lueurs du jour donner naissance aux étoiles.

Ainsi, elle se tut. Ses yeux s’accrochaient aux siens. Elle commença rapidement à hésiter à se relever. Ses joues prirent doucement une teinte rosée et elle porta lentement sa main à ses cheveux dans le but de les ébouriffer.
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Lun 9 Jan - 20:44

Une flopée d’insultes se déversait dans son esprit alors qu’il restait là, debout, face à elle, tétanisé, le regard plongé en elle, complétement captif. Son immobilisme ne dura qu’un moment mais ce moment fut celui d’une guerre éclair au sein de son esprit.

En un instant, une série de souvenirs survint en poussant des hurlements terrifiants. Il ressentait soudainement la violence qu’il avait subit étant enfant. Toutes ces horribles nuits à se demander s’il n’allait pas disparaître et mourir. Tous ces cauchemars qui venaient l’étrangler dans son sommeil. Yuusuke était mort de trouille, complétement terrifié.

Pourquoi ? A cet instant, tous cela surgissait en lui et venait le torturer. Tous cela parce qu’en face de lui se trouvait une promesse, quelque chose qu’il n’avait jamais vécu, ressentit, toujours espéré, éternellement regretté mais qu’on ne lui avait jamais permis, qu’on lui avait formellement interdit. Dans la voix de Mitsu, à cet instant, il y avait le bonheur.

Et cette voix, elle parvenait tant bien que mal à atteindre son cœur et à le nourrir, à le faire battre et grandir, elle le poussait à se battre, à renverser l’oppresseur interne, cette horrible mère qui lui avait interdit d’être heureux, qui lui avait interdit l’amour. Elle n’existait plus pour l’adulte, Hasegawa. Mais l’enfant qui était en lui hurlait toujours de peur, d’angoisse, de colère, de haine et de chagrin.

Rowani lui tendit la main. Le regard de l’artiste se posa sur cette dernière. La pression se faisait intense, sa gorge se serrait. Il sentait que sa tête allait exploser. Pourtant, extérieurement, rien n’était visible. Seul son regard empli d’une intensité surprenante tremblait légèrement. Son visage s’était figé dans un masque neutre.

Presque d’une autorité qu’il se surprit d’avoir, il leva sa main et saisit celle de la jeune femme. A cet instant, on aurait pu le transpercer d’une lance en plein cœur qu’il aurait ressenti la même douleur. Pourtant, il se força à un sourire. Ce dernier était un peu piteux et pourtant, jamais il n’avait été plus franc.

Il s’installa à ses côtés sans détacher son regard du sien. Le jeune homme déglutit difficilement. Il avait tant de mal, tant de mal à ne pas écouter cette peur qui le tenait. Mais, il fallait qu’il le fasse. Il fallait aller plus loin. Il était temps. Mais désormais, que dire ? Jamais dans son état, il ne pourrait avoir le lyrisme de Mitsu. Pourtant, à cet instant, il fallait laisser parler son cœur.


« Laisse tes yeux être mon ciel. »


Dit-il d'une voix qu'il se surprit tendre et chaleureuse.

C’était une erreur ! Une erreur ! Il allait droit vers la souffrance, la déception, la désillusion et la douleur. Et il serait coupable ! Coupable de ce bonheur insensé ! Qui ne devait pas lui revenir !

C’était ce que lui criait cette voix intérieure dans sa tête. Mais, il était décidé, décidé à lui tordre le coup. Rowani, elle l’aiderait à prouver que sa mère avait tort. Elle l’aiderait à montrer que lui aussi avait le droit au bonheur. Il serait heureux...

Ou étais-ce juste de la folie ?

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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Dim 15 Jan - 18:53

Tout le temps de l’attente, elle navigua dans un océan d’incertitude sur un frêle esquif de retenue. Pourtant, plus le temps passait, plus son navire prenait l’eau. Elle devait se diriger vers une terre sans plus attendre. Trouver comment réagir à ses mots, son sourire, son regard. Alors, assise à coté de son professeur, sur le carrelage froid, elle étendit la main libre vers sa joue et, avec délicatesse, y glissa la goutte de ses doigts fins. Ceux-ci, rendus froids par l’exposition prolongée au sol dallé, lui arrachèrent un petit frisson à cause de la différence de température avec la peau chaude du jeune homme.

- Je ne peux refuser ce que je t’ai déjà donné.

D’une certaine manière, la réponse était à la fois juste et complétement erronée. En s’ouvrant à lui, elle lui avait tacitement permis de voir à travers ses yeux. De là à lui permettre d’imaginer ce qu’il pouvait apercevoir dans son regard, il n’y avait qu’un pas. Qui plus est, elle avait un peu la trouille. Qu’une relation débute avec un professeur était en soi terrorisant, mais soudainement cela lui paraissait être un engagement dont elle ne pourrait plus se défaire. Elle n’avait nulle envie de compliquer sa vie. Trop jeune, elle ne voulait rien promettre, juste jouir de cette liberté qu’elle acquiérait un peu plus chaque jour. Difficile cependant de dire « juste pour maintenant, pour voir, pour savoir et ensuite, on verra.» à un homme qui vous parle ainsi.

Le cruel dilemme refaisait surface : Devait-elle suivre une inclinaison du cœur ou continuer à peser le pour et le contre ? Devait-elle abandonner la raison pour se laisser aller à l’instinct du moment ? Ce fut finalement le parfum de l’interdit, envoûtant, allié à la sensation de tristesse qui émanait de lui, qui la décida. Ses genoux-remparts s’effaçèrent afin qu’elle puisse le voir dans son entier. Toujours sa main emprisonnée dans la sienne, ses doigts se joignirent aux siens. Elle se rapprocha de lui, assez pour que leurs souffles se mêlent. Puis, avec tendresse, ses lèvres happèrent les siennes.
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Mer 18 Jan - 11:34

Hasegawa ressentait son hésitation mais ne pouvait deviner ses questionnements. Sa réponse l’avait laissé perplexe. Qu’est-ce qu’elle voulait dire ? Ce n’était vraiment pas le moment de mal comprendre. Elle avait tendu sa main et venait frôler sa joue. Il s’était emporté ? C’est ça ? Il s’était laissé embarquer par la passion qui animait la jeune femme et il avait été trop loin ?

Combien de fois cela lui avait-il arrivé ? Quel idiot ! Il devrait revenir sur ce qu’il a dit. Lui dire qu’il s’était mal exprimer, se confondre en excuse, oublier tout ça. C’était un fou… Un irresponsable… Qui était en train de lui gâcher la vie… Et la sienne… Comment ne s’en rendait-il compte que maintenant !? Quel chance qu’elle soit plus raisonnable que…



Ses lèvres étaient si douces, si tendres et si chaudes. Il voulait continuer ce baiser, encore et plus. Ses deux traits qui venaient couronner sa bouche s’unissaient aux siennes. Son cœur s’emballait définitivement. Sa pensée commençait à s’évanouir. Ses mains se portèrent pour frôler le visage de celle qui l’embrassait. Il écarta doucement ses lèvres des siennes et conserva son visage tout près du sien comme nicher dans un écrin.

Son regard surpris ne paraissait pas y croire. Pourquoi était-il tant pris au dépourvu ? Pourquoi sentait-il qu’il perdait pied ? Ce… Il ne…

« Mitsu… »

Prononça t-il dans un souffle extatique et brulant, avant de s'empresser et de l'embrasser de nouveau avec une passion toute masculine. Il en avait besoin. Il fallait qu’il sente ses lèvres contre les siennes, encore un moment, encore un instant, une éternité ? Qu’importait, les questions attendraient. Il n’était plus le moment de se poser des questions, au diable les questions même ! Qu’elles le laissent en paix, gouter à la tendresse, à la douceur, à la chaleur et à l’affection, composants secrets du bonheur.
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Jeu 19 Jan - 3:16

Si elle avait caressé l’idée une vague seconde de se répandre en excuse pour son geste, l’entendre prononcer son prénom sur ce ton avait définitivement relégué celle-ci dans les annales d’un passé révolu. Elle prenait à présent l’allure d’une pensée éculée qui vous arrache un sourire compatissant envers votre vous passé, devant la stupidité d’avoir pu croire qu’il l’aurait repoussé. Rien ne comptait alors plus que les lèvres du jeune homme contre les siennes, que ses mains sur ses joues tièdes et rosies

Enfin pas exactement... Plus encore, il lui était vital que cela ne s’arrête pas. Si son professeur devait se raviser, l’instant était passé. Elle ne lui accorderait plus ce droit. Malgré tout, elle doutait de plus en plus que l’envie d’arrêter le prenne. A ses gestes empressés, elle répondit d’abord avec une douceur et timidité toute féminine. Elle n’était pas gênée de son ardeur, loin de là, mais il était tout de même la première personne qu’elle embrassait depuis Sanzo. Il lui fallait quelques secondes pour reprendre ses « marques » en quelque sorte. Puis, même en faisant abstraction de son statut de professeur, il restait un homme plus âgé. Elle ne voulait pas avoir l’air d’une gamine maladroite et peu à l’aise. Bref, elle était un peu intimidée.

Toutefois, le jeu de leurs bouches mêlées émoussa bien vite la dernière parcelle de résistance qu’elle avait pu ériger. Mitsu, sous ses atours rêveurs et calmes, se révélait bien vite bien plus emportée et passionnée qu’elle ne voulait bien se l’avouer. Et surtout bien plus dévergondée. Ses mains délaissèrent leurs chastes caresses timides des joues pour s’aventurer peu à peu le long de l’échine de Yuusuke. Dans le même temps, il lui sembla fort incongru de ne pas se retrouver lovée contre lui. Leur position ne laissant à ses yeux qu’une seule solution, elle se retrouva bien vite assise à califourchon sur les genoux de celui-ci. Contre son torse, un bras enroulé autour de ses épaules, elle se blottit doucement contre lui. Qui aurait pu imaginer qu’une « associale » comme elle pouvait autant goûter au contact d’un autre ? Qui aurait pu songer qu’elle le recherchait même avec avidité ? Sa poitrine déjà épanouie se pressait doucement contre ce corps que le contraste avec le sol dallé froid rendait encore plus chaud et accueillant.

Puis, il y avait aussi ce parfum d’interdit, capiteux et entêtant qui enflammait d’autant plus cette passion. N’était-ce pas d’autant plus amusant de braver ce qu’on souhaitait faire d’elle, une petite fille modèle et parfaite, sur le lieu même de travail de sa mère ? Un délicieux pied de nez à cette société qui voulait la pré-formater dans une école que s’abandonner aux baisers de celui qui était son professeur ? Mais plus encore, n’était-ce pas cette envie de contempler encore le soleil dans ses sourires et ses regards ? De le voir briller vraiment de tout son éclat et pas seulement celui qu’il offrait à tout le monde ? Assurément, ce que pouvait apercevoir Yuusuke dans les regards de la rêveuse, lors des brèves pauses dévolues à retrouver leurs souffles, n’avait rien de chastes pensées éthérées.
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Ven 20 Jan - 21:09

Le temps ne comptait plus vraiment. Rien ne comptait plus vraiment quand, dans ces instants intimes, on échange avec une telle intensité, des sentiments partagés. Yuusuke n’était plus vraiment un professeur ni plus vraiment un artiste. Un homme ? Peut-être que c’était cela ? Peut-être était-ce cette intuition, cette inspiration, qui le menait soudain à ne plus réfléchir aux conséquences mais bien d’agir.

Rowani se blottissait contre lui. Alors, il l’entoura de ses bras avec la douceur que l’on prend quand on veut protéger la chose auquel on tient le plus au monde. Elle était si chaude au contact. Il sentait cette chaleur le parcourir et l’éveiller. Face à Mitsu, il se sentait vivre plus que jamais.

Leurs baisers n’étaient entrecoupés que pour prendre leurs souffles. Mais, comme si l’envie était plus forte que l’instinct de survie même, Hasegawa prenait juste le temps qu’il fallait avant de rechercher les lèvres brulantes de la jeune femme. C’était devenu la seule chose qui comptait à cet instant, dans son esprit.

L’instant qui suivit, jamais il ne put véritablement savoir combien de temps il dura. Mais cela ressemblait vraiment à des moments de purs bonheurs, chaud et doux. Sa pensée était légère et elle se dispensait de raisons ou de pragmatismes. Mais sa pensée continuait tout de même.

Cette dernière parvint à sa conscience. Il venait de se rappeler, oui, il devait lui dire quelque chose, très rapidement, sans bien savoir pourquoi il devait se hâter. Yuu écarta donc ses lèvres de celles de Mitsu et plongea son regard dans le sien.

Un instant, il crut s’y perdre et oublier ce qu’il s’apprêtait à dire. Mais heureusement, ses lèvres firent le reste et prononcèrent ces quelques mots d’un ton extatique.


« Je t’aime. »
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MessageSujet: Re: Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]   Mer 8 Fév - 1:23

Mitsu rougit. Entièrement, jusqu’à la pointe des oreilles. Elle aurait voulu rétorquer un « moi aussi » de bon aloi. Pourtant les mots restèrent bloqués. Pourquoi ? Trop tôt, trop rapide, elle ne concevait pas l’amour comme quelque chose qu’on pouvait déclarer si vite en le pensant vraiment, en le ressentant pleinement.

Elle posa alors un doigt sur ses lèvres, léger mais autoritaire. Elle le remplaça d’un baiser doux avant de reculer légèrement. Elle pencha doucement la tête sur le coté avec un demi-sourire triste. Avec ce petit air que l’on prend quand on veut gourmander gentiment un enfant capricieux, elle secoua la tête.
- Tu ne m’aimes pas. Tu es amoureux de moi, comme je le suis de toi. Mais tu ne m’aimes pas. Tu ne me connais pas. Tu crois me connaître peut-être. Mais tu ne sais rien de moi, comme je ne sais rien de toi. Tu aimes l’image que je te renvoie, ce que tu crois comprendre et connaître après quelques mots échangés. Mais, non, tu ne m’aimes pas.
Avant qu’il ne puisse rétorquer, elle s’avança à nouveau pour baiser ses lippes une brève seconde.
- Je ne veux pas que tu m’aimes déjà.
Je veux apprendre à te découvrir chaque jour.
Je veux jouer de mystère et de secrets échangés.
Je veux que tu me désires.
Je veux que tu connaisses ce que je suis et pas ce que je montre.
Je ne veux pas que tu aimes Mitsu, ton élève, celle avec qui tu as échangé quelques mots sur l’art, celle qui commence tout juste à t’inviter dans son univers.
Je veux que tu m’aimes moi. Avec mes défauts que tu ne connais pas encore. Mes qualités que tu ne soupçonnes pas.
Et je veux t’aimer toi.
Celui qui parfois se perd dans ses pensées.
Celui dont le sourire s’efface quand il évoque à demi-mot le passé.
Celui qui s’emballe soudainement en me prenant de vitesse et pas seulement celui que tu offres au monde.
Je veux connaître chaque parcelle de ta peau, de ton esprit, ton cœur.
Ce qui te fait frémir, ce qui te fait rugir, ce qui te fait plaisir.
Je veux aimer ton ombre autant que ta lumière.
Elle soupira caressant sa joue du bout des doigts.
- Je ne veux pas être une adolescente qui s’entiche de son professeur comme il y en a tant.
Elle sourit un peu à nouveau.
- La prochaine fois que ces mots-là franchiront tes lèvres...
Je veux qu’ils embrasent non seulement ton cœur, tes reins, mais aussi ton esprit.
Je veux que tu ressentes le besoin impérieux de le crier peu importe les conséquences, tout en étant conscient de celles-ci.
Je veux t’aimer, mais pas à moitié.
Je veux vivre chaque instant où l’on apprend à se connaître, ceux où on doute.
Je veux que lorsque tu crieras ses mots, ils pénètrent jusqu’au fond de moi et que je ne puisse pas simplement rétorquer un simple « moi aussi » qu’on lâche presque laconiquement pour éviter les disputes et les prises de tête.
Je veux les crier au monde entier.
Je veux que ça me prenne les tripes à m’en faire mal.
Sans le relâcher, elle posa une main papillon sur son cœur
- Pour moi, l’amour, le bonheur, c’est cela.
Plus douce, elle reprit.
- Et pourtant, ne t’y trompe pas : je suis amoureuse de toi. Laisse-nous simplement le temps de transformer ces trois petits mots presque anodins en trois petits mots dont le sens devient plus grand que l’univers.
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Voyage au pays de l'imaginaire [PV Yuusuke]

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