Le lycée sous le signe de l'arbre aux 1000 écus
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  Connexion  

Partagez | 
 

 [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Eiji Kimihiro
Élève de la 3-A

avatar


Personnage
Âge : 20 ans
Chambre / Appart : 102

A savoir :

MessageSujet: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Lun 11 Avr - 19:46

Après une journée à vadrouiller sous le soleil de plomb de ce début d'été, l'herbe humide sous ses pieds possédait une fraicheur réconfortante. Ses getas à la main, le jeune homme se baladait non loin du temple, le long du lac, dans l'attente du feu d'artifice qui ne tarderait pas à être tiré. Quand Konata, avec une petite moue agacée, lui avait dit qu'elle avait prévue avec ses copines de s'installer à une terrasse d'un café pour regarder le feu d'artifice avant de participer au karaoké géant, elle n'avait pas manqué de le convier. Il avait eu la seule réaction logique à sa place : il avait fui en bafouillant une excuse qui ne l'avait pas trompée un instant, mais elle s'était contentée de le laisser fuir avec seulement quelques coups de tentacules de poulpe.
Pour sa part, il avait préféré fuir la foule du centre ville pour se diriger vers la tranquillité relative du temple. Il y avait pas mal de monde ici aussi, entre les enfants qui trainaient leur parents pour attraper des lucioles, les couples d'amoureux qui disparaissaient entre les arbres, ou les gens qui voulaient juste se recueillir vers le temple, mais avec les grands arbres et les ombres qu'ils procuraient, l'endroit semblait avaler obstinément tous ceux qui y pénétraient, laissant une simple impression de sérénité. Bien loin d'en être effrayé, Eiji prenait plaisir à cet atmosphère magique.

A marcher pieds nu dans l'herbe au bord de l'eau, dans une herbe sombre émaillée de lucioles, il avait presque l'impression d'avoir franchi la porte d'un autre monde sans s'en être rendu compte, à l'abri derrière un rideau d'arbre qui le gardait caché aux yeux d'un éventuel visiteur. Mû d'une subite impulsion, il sauta sur une des pierres du lac où effleurait l'eau, pas loin de là où il avait effectué le fameux « sauvetage » avec Dojima. La pierre était froide, tout autant que l'eau qui venait lui lécher les pieds. Ces inconvénients ne dérangèrent pas le kendoka qui continua à avancer pierre en pierre, testant le contact rugueux de la roche, et celui, plus humide et glissant, de la mousse qui avait poussée sur celle-ci.

Non loin de lui, une silhouette avait trouvé le même chemin et avait avancé sur la roche la plus près du bord. Une moue agacée se peignit sur le visage du jeune homme : c'était son domaine, pourquoi fallait-il que quelqu'un vienne empiéter sur son territoire ? Il y avait tout le reste du temple, et des montagnes pour les accueillir, qu'on lui laisse donc sa grève !
Le jeune homme avança délicatement avec la ferme intention de retourner sur la terre ferme, quand la silhouette, elle aussi vétue d'un yukata, avança maladroitement sur un rocher. Dans l'intention de le laisser passer peut-être ?
Mauvaise idée en tous cas. L'autre personne n'avait pas retiré ses getas et ainsi chaussé, manqua de glisser sur la roche humide, en direction du lac.

Le bras d'Eiji se referma sur sa taille, collant le dos de l'inconnu contre son torse pour l'empêcher de tomber à l'eau. La trop grande proximité était gênante, mais la surface minuscule de la roche émergente ne laissait guère d'autre possibilité. Une fois n'est pas coutume, dans la nuit, dans cet endroit où personne ne le reconnaissait, il choisit d'en rire. Le nez quasiment dans les cheveux bruns de l'homme qu'il avait empêché de tomber, le jeune homme laissa échapper un petit rire.

« Je ne crois pas que le feu d'artifice sera plus esthétique à voir en étant dans l'eau ! »


Dernière édition par Eiji Kimihiro le Sam 7 Mai - 16:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jiro Egawa
Admin martyr
Prof d'espagnol

avatar


Personnage
Âge : 24 ans
Chambre / Appart : en ville

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Mar 12 Avr - 11:03

Un grand vide ... C'était ce que ressentait Jiro depuis plus d'une semaine, peut-être deux, il ne savait plus ... La lassitude s'était emparée de lui telle une chape de plomb durcissant inexorablement autour de ses pieds, le retenant captif alors qu'il tentait vainement de ne pas se noyer. Mais, ne s'était-il pas mis de lui-même dans cette situation ? Il avait laissé ses sentiments grandir en se voilant la face, et n'avait pas demandé à changer d'affectation en apprenant qu'ils seraient dans le même lycée. Il s'était laissé prendre dans ce piège sans même se débattre ...
Depuis ses aveux, Cathan ne le lâchait plus, alternant entre nuits torrides et sorties en ville. L'américain faisait son possible pour le sortir de là et lui changer les idées. Action louable mais au final peu efficace, à part sur l'instant. Jiro avait le sentiment que plus il tentait de s'en détourner, plus ses pensées revenaient inexorablement vers la même personne. Et le retour de celle-ci à ses cours ne l'aidait pas non plus. S'il en était soulagé en tant que professeur, l'homme, lui, s'en trouvait bouleversé. Difficile d'ignorer cette présence à la fois désirée et redoutée ...

Jiro soupira, avançant d'un pas lent vers l'étendue d'eau à proximité du temple. La soirée était douce, soulageant chacun de la chaleur qui avait pesé sur cette première journée de festival. Le feu d'artifice ne tarderait plus, et bientôt les lucioles apparaîtraient pour participer à la fête elles aussi. Pourtant, l'ambiance de gaîté n'arrivait pas à l'atteindre. Il avait besoin d'être seul, de ne croiser personne parmi ses connaissances, raison pour laquelle il avait passé la journée au temple après la cérémonie d'ouverture, dans un endroit moins fréquenté que les autres.

Ah ! Cette cérémonie ... L'épreuve n'avait pas été une mince affaire. La démonstration de kyudo avait réclamé bien plus de concentration de sa part que d'ordinaire car, il le savait, Eiji était forcément dans la foule des spectateurs. Fort heureusement, l'application qu'il avait mise à éviter de laisser courir son regard en direction du public lui avait permis de ne pas le voir. Ou alors, le jeune homme avait gardé ses distances. Ou bien ... il n'était tout simplement pas venu ... Cette pensée, par-dessus toutes, lui fut désagréable. Magnifique esprit de contradiction ...

Elle n'était cependant pas aussi détestable que celle de voir le kendoka avec un autre homme ... alors qu'il le poussait lui-même discrètement dans ce sens ...
L'idée avait germée lors d'un entraînement de kyudo durant lequel Dojima avait eu un regard appréciateur - et qui n'avait rien de sportif - sur un autre jeune homme. Puisqu'il n'arrivait pas à s'éloigner d'Eiji, il fallait qu'il fasse en sorte que ce soit Eiji qui s'éloigne de lui. Et quoi de mieux pour cela que de lui faire prendre conscience que son sensei n'était qu'un fantasme et qu'un garçon comme Ryosuke serait bien mieux pour lui ? Ils étaient dans la même classe, partageaient la même passion pour le kendo, le kyudo et les traditions ... et s'intéressaient tous deux aux garçons. C'était déjà une bonne base. Non ? Et c'était mieux ainsi. Beaucoup mieux ...

Après quelques minutes de marche et pas mal de pensées moroses supplémentaires, les berges de l'étang se profilèrent enfin. L'endroit était paisible, n'ayant visiblement pas eut les faveurs des badauds. Il fallait avouer que ce n'était pas le meilleur endroit pour observer le feu d'artifice - d'ici, on ne le verrait qu'à moitié - mais comme ce n'était pas dans ses priorités, cela lui convenait parfaitement.
Jiro resta un moment au bord du lac, songeur, avant de réaliser qu'il n'était pas seul. La silhouette qui se découpait un peu plus loin semblait être posée sur l'eau, tant le rocher sur lequel elle devait être juchée affleurait tout juste la surface. Il l'observa rêveusement alors qu'elle revenait vers le bord. Et si c'était un kami des lieux décidé à profiter du solstice lui aussi ? Tout à cette pensée onirique, le brun fit un pas de côté sur le rocher le plus proche pour laisser passer "l'apparition". Mauvaise idée s'il en était : son pied glissa sur la mousse humide.

Alors qu'il chutait vers l'eau, un bras musclé l'enserra pour venir le plaquer contre un torse du même acabit. La situation, autant que le contact, provoqua une vive chaleur sur ses joues. Mais ce ne fut rien en comparaison de celle qui naquit au creux de son ventre lorsque son sauveur se mit à rire et à parler. Cette voix ...

" ... Ei...ji ... ... "

Son corps frissonna tandis qu'il essayait de trouver la force et le courage nécessaire pour lever une main et faire lâcher prise au jeune homme. Inutile ... Elle se contenta de se poser sur le bras, sans réussir à aller plus loin ...

✂- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -


Lorsque le thé est fait avec l'eau tirée des profondeurs de l'esprit
dont le fond dépasse la mesure, nous avons vraiment ce que l'on appelle le chanoyu.


Toyotomi Hideyoshi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eiji Kimihiro
Élève de la 3-A

avatar


Personnage
Âge : 20 ans
Chambre / Appart : 102

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Mar 12 Avr - 13:32

Son coeur manqua de s'arrêter dans sa poitrine quand une voix bien connue se fit entendre. Quel esprit vengeur se moquait donc de lui au point de faire tomber dans ses bras celui qu'il avait pris tant de soin à éviter ces derniers jours, se soumettant avec une étonnante docilité au supplice des cours alors que son esprit n'arrivait pas le moins du monde à se concentrer sur la langue espagnole quand tout ce que voulait son corps, c'était cédé à l'attrait de savoir à nouveau si les lèvres de Jiro contre les siennes provoqueraient chez lui le même état de désir que la première fois.
Plus expérimenté, il aurait pu comprendre que cet émoi n'avait rien avoir avec le sexe de son partenaire, mais bien avec les émotions qui le taraudaient et affolaient ses sens. Peine perdue, pour lui, cet état de faiblesse avait tout à voir avec l'homosexualité, et bien peu à prendre de l'amour.

La main de Jiro se posa sur son bras, arrêtant une fois de plus le temps. Il l'avait vu ce matin. Comment y échapper ? Quand il s'était dirigé vers la cérémonie d'ouverture, il avait tenté pendant un instant de détourner son regard de la démonstration des Kyudojins. Mais la tentation avait été trop forte pour qu'il ne laisse pas court à son envie. Son regard avait passé sur plusieurs archers, admirant leur tir ou leur concentration, avec de tomber sur le kimono de celui qu'il cherchait. Il avait cédé au plaisir de le regarder tirer dans toute sa splendeur, le kimono de cérémonie rajoutant encore à sa superbe et éclipsant les autres archers à ses yeux, le ramenant plusieurs mois en arrière, quand il l'avait vu tiré pour la première fois et avait été émerveillé de sa maîtrise.
La question n'était pas de savoir comme il pouvait être attiré par lui, mais comment les autres pouvaient ils ignorer ce que lui voyait quand il voyait Jiro un arc à la main.

Accepter l'attirance ne voulait pas dire aller jusqu'au bout. Malgré sa discussion avec le prof d'anglais, les nombreuses batailles dans son esprit, le jeune homme n'avait toujours pas idée de comment s'en sortir, et ne pensait honnêtement pas avoir besoin de résoudre cette question avant un bon moment. C'était cette méthode qui l'avait fait fuir Jiro et sécher un long moment. Le retour en cours avait un peu mis à mal sa résolution, mais la concentration nécessaire pour suivre lui permettait d'échapper au reste de ses pensées.

Mais ce soir... difficile de faire abstraction de ce corps collé à lui et de cette voix hésitante qui avait ramené à la surface toutes ces indécisions. Il lui était aussi difficile de le lâcher qu'il avait été impossible de ne pas le regarder pendant la cérémonie. Que restait-il donc à faire ? Peut-être était-il temps qu'il se comporte comme un homme et qu'il cesse de fuir, comme lui avait seriné plusieurs de ses profs. Après tout, foncer était probablement ce qu'il savait faire de mieux.

« Tu étais magnifique pendant la cérémonie. »

Sa voix avait sonné comme un murmure, destinée uniquement aux oreilles de Jiro contre lui. Foncer oui... mais il n'avait pas encore le cran de le faire à trop haute voix.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jiro Egawa
Admin martyr
Prof d'espagnol

avatar


Personnage
Âge : 24 ans
Chambre / Appart : en ville

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Mer 13 Avr - 15:10

Ils n'avaient jamais été aussi proches. Pas lorsqu'il réajustait sa position pendant les entraînements. Ni même lors de ce baiser - ces baisers - échangé où seules leurs lèvres s'étaient touchées. Jamais le contact n'avait été si intime. A travers les yukatas, il pouvait sentir la chaleur du corps d'Eiji, tandis qu'à chaque expiration son souffle rapide faisait s'agiter quelques mèches brunes près de son oreille. Sous ses doigts, la sensation était encore plus intense, presque brûlante, et il ne put s'empêcher de noter la tension des muscles qui avaient encore gagné en fermeté et en volume. Dans le silence qui s'étirait, Jiro essayait vainement de reprendre le contrôle de ses pensées, mais son cœur affolé lui répétait qu'il était parfaitement bien là où il était et que changer de position ne faisait pas partie des options.

Ce dernier manqua d'ailleurs quelques battements aux paroles murmurées, avant de repartir sur un rythme encore plus rapide. Alors, il était venu. Il était vraiment venu et ... il l'avait vu ... Quelque chose dans la phrase laissait même penser qu'il n'avait vu que lui ... Du moins était-ce l'interprétation qu'il voulait en faire. Qu'en aurait pensé Eiji ? Pouvait-il imaginer le temps qu'il avait passé à choisir ce kimono pour la cérémonie ? Alors qu'il en avait déjà un, Jiro l'avait acheté spécialement pour l'occasion. Et, même s'il le niait de toutes ses forces, il savait parfaitement que c'était pour qu'Eiji le remarque. Même pendant le tir, son esprit n'avait pas réussi à faire totalement abstraction de la possible présence de son élève.

Son élève ...
Jiro se mordit la lèvre pour étouffer un soupir douloureux. Pourquoi ? Pourquoi Eiji était-il son élève ? Sa main se crispa sur le bras du jeune homme, tremblante.

" Eij... "

Non ! Il ne devait plus l'appeler ainsi. S'il voulait reprendre le contrôle de la situation, il ne devait pas céder à ses sentiments. Il n'en avait pas le droit ... Il fallait absolument qu'il remette de la distance entre eux. Et pour ça ... Jiro ferma les yeux, remerciant le ciel qu'Eiji ne lui fasse pas face à cet instant.

" Je ne te permets pas d'être aussi familier ... Kimihiro-kun. "

Le nom avait eu du mal à sortir et sa voix était loin d'avoir la distance qui aurait été adéquate pour dire une telle chose, mais c'était déjà trop. Jiro se dégoûtait d'avoir à dire ça, même en se répétant que c'était la meilleure chose à faire, pour tous les deux ...
Sa main alla enserrer le poignet d'Eiji pour écarter son bras et ainsi pouvoir se redresser afin de rompre le contact trop intime. Difficile en revanche de s'éloigner plus, vu le peu d'espace dont ils disposaient sur ce rocher.

" Je te remercie de m'avoir retenu ... Kimihiro-kun ... Mais il n'est pas nécessaire de continuer à me tenir de la sorte. Un tel comportement n'est pas acceptable, Kimihiro-kun ... "

S'il le répétait encore et encore, s'il se montrait froid et distant, s'il l'ignorait ... est-ce que ce serait suffisant ? Ca revenait à fuir, d'une certaine façon, mais avait-il le choix ? Tout ce qu'il espérait pour l'instant, c'était qu'Eiji ne puisse pas voir son visage. Il avait déjà suffisamment de mal en lui tournant le dos et en fermant les yeux ...

✂- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -


Lorsque le thé est fait avec l'eau tirée des profondeurs de l'esprit
dont le fond dépasse la mesure, nous avons vraiment ce que l'on appelle le chanoyu.


Toyotomi Hideyoshi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eiji Kimihiro
Élève de la 3-A

avatar


Personnage
Âge : 20 ans
Chambre / Appart : 102

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Mer 13 Avr - 19:17

Son prénom se transforma en son nom de famille, prononcé d'une dure et appuyée, à de nombreuses reprises, trop nombreuses pour être vraiment sincère. Qui Jiro cherchait-il à convaincre ? Le jeune homme contre lui ou bien lui-même ?
Quand il avait commencé à s'avouer son homosexualité, à mots couverts, voir son attirance pour son sensei, le jeune homme s'était toujours imaginé que son seul obstacle serait lui-même, ses préjugés et ses convictions. Une fois celles-ci vaincues, pourquoi fallait-il que Jiro et la raison ne se rappellent à lui, apportant quelques grammes de bon sens dans une réalité qui avait déjà perdu pied depuis bien longtemps ?

Le jeune homme hésita suffisamment longtemps pour que son sensei se défasse de son étreinte, s'éloignant de lui autant que possible sur la minuscule surface de pierre qui était offerte à leurs pieds, juste à peine pour cesser le contact si agréable jusque là. Eiji ne se sentit compte du plaisir qu'il y trouvait que quand le vent frais de la nuit sépara leurs deux corps avec cruauté.
L'espace d'un battement de coeur, ou peut-être deux, le silence s'étira, douloureux sans qu'il sache quoi faire de ses mains. Il s'était enhardi à toucher Jiro, mais n'avait pas vraiment imaginer qu'il pourrait être repoussé. Il n'avait pas vraiment imaginé ce que serait la suite en fait, bloqué à ce moment perdu où il s'avouait ses propres envies. Oui, l'envie était présente, et bien réveillée en lui, mais de là à se battre pour obtenir ce qu'il désirait ?

Perdu, le jeune homme choisit de reculer d'un pas... et ne trouva que le vide. Instantanément déséquilibré, Eiji lança le bras en avant pour se raccrocher, sans réaliser que Jiro était encore moins stable que lui sur la surface mouillée de la roche. Un instant, le temps se figea, et il crut pouvoir arriver à se rétablir sans dégâts. Peine perdue. La seconde suivante, deux corps finissaient à l'eau dans une gerbe retentissante, l'eau glacée embrassant son corps avec une ferveur d'amante désespérée.
Instinctivement, Eiji referma son bras autour de la personne qui tombait à côté de lui, avant de se souvenir que l'eau était si peu profonde qu'elle lui arrivait tout juste à la poitrine, suffisante pour amortir sa chute, mais peu dangereuse même pour un mauvais nageur.

Un instant plus tard, il sortait la tête de l'eau et inspirait un grand coup. Le yukata détrempait pesait un bon poids, mais tout ce qu'il pouvait ressentir, c'était la chaleur au travers du tissu mouillé qui enveloppait Jiro.
Eiji pencha un instant le visage sur le côté, considérant l'homme qui lui faisait face, une expression de surprise sur le visage similaire à celle qu'il devait arborer. De surprise. Pas d'agacement, de colère, de mépris ou de dégout. Rien qui ne lui aurait vraiment fait se détourner, couvert de honte.

Il devrait peut être arrêter d'écouter les autres au final...

Le jeune homme tendit les bras jusqu'à coincer son sensei contre la pierre qui les avait portés, et se pencha contre lui pour à nouveau gouter ces lèvres interdites.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jiro Egawa
Admin martyr
Prof d'espagnol

avatar


Personnage
Âge : 24 ans
Chambre / Appart : en ville

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Mer 13 Avr - 22:57

A présent libéré de l'étreinte, sa main encore tremblante, Jiro attendait. Il n'avait pu se résoudre à rouvrir les yeux, rejetant la réalité bien trop douloureuse. Mais l'obscurité n'empêchait rien, ne le protégeait en rien. C'était juste un espoir. Celui de rouvrir les yeux plus tard pour constater que rien n'était vrai, qu'il avait juste fait un mauvais rêve. Comme un enfant qui cache à sa vue le loup terrifiant, tout en sachant parfaitement qu'il sera toujours là, sur le papier, lorsqu'il rouvrira le livre d'images. Ca n'avait aucun sens, mais il ne pouvait s'en empêcher.

Et maintenant ? En toute logique, Eiji allait partir, fuyant les lieux comme il l'avait fui pendant des semaines. Vexé d'avoir été rejeté, sans aucun doute, mais il allait partir ... forcément ... C'est ce qui allait se passer ...
C'est ce qui aurait dû se passer ... Mais les kamis ne semblaient pas l'entendre de cette oreille ...

Sans qu'il ait le temps de réaliser, Jiro se retrouva agrippé vivement. Il tenta un instant de ne pas basculer avec Eiji, mais ses getas n'étaient pas des plus adaptées un tel exercice et dérapèrent sur la mousse, le déstabilisant encore plus et accélérant la chute déjà bien amorcée.
Le contact de l'eau glacée lui donna une explication brutale sur ce qui venait de se passer. C'était à peine s'il avait eu le temps de couper sa respiration pour ne pas boire la tasse. Un bras l'enserra, le ramenant à la surface avant qu'il ne puisse se demander si le lac était profond ou non.

Jiro ouvrit les yeux dès que sa tête émergea. La mine surprise d'Eiji fut la première chose qu'il vit, et il lui fallut un moment pour réaliser dans quelle situation il était. Temps que le jeune homme exploita à sa manière, le coinçant contre le rocher sans lui laisser d'échappatoire. Son regard passa de la surprise à l'affolement et il détourna le visage au dernier instant, évitant de peu le baiser qui vint s'écraser à la commissure de ses lèvres.

" Arrête ... S'il te plait ... "

Les mains tout autant posées qu'agrippées au yukata détrempé, l'enseignant repoussait Eiji autant qu'il le retenait, oscillant entre la raison et le désir. Lorsque leurs visages se retrouvèrent à une distance un peu plus raisonnable, Jiro se risqua à regarder son élève ... Son élève ... encore et toujours ...

" Je suis professeur ... Eiji ... Ton professeur ... Comprends la situation ! ... Je ne peux pas ... Je n'ai pas le droit ... "

Sa gorge se noua tandis que son front alla s'écraser sans douceur contre le torse du jeune homme, dissimulant son visage aux traits douloureux de la seule façon possible dans sa position. Ses mains avaient abandonné leur tentative pour repousser Eiji. Il en était incapable ...

" Je n'ai pas le droit ! ... Je n'ai pas le droit ... Je n'ai pas ... "

Mais ce "droit" lui faisait trop mal. Beaucoup trop mal ...
Jiro se redressa soudain, ses bras glissant derrière la nuque humide et son corps se plaquant contre celui d'Eiji. Le baiser passionné qu'il lui offrit contenait tout ce qu'il avait refoulé jusqu'à présent. Ce qui lui restait de raison venait de se faire engloutir par une vague violente de sentiments et de désirs. Son esprit avait été trahi par la coalition de son cœur et son corps. Il ferma les yeux. Un peu plus d'eau sur son visage ne se verrait plus à ce stade ...

✂- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -


Lorsque le thé est fait avec l'eau tirée des profondeurs de l'esprit
dont le fond dépasse la mesure, nous avons vraiment ce que l'on appelle le chanoyu.


Toyotomi Hideyoshi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eiji Kimihiro
Élève de la 3-A

avatar


Personnage
Âge : 20 ans
Chambre / Appart : 102

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Jeu 14 Avr - 21:14

Autant d'explications qu'il ne voulait pas entendre et qui furent perdues dans le baiser, le premier vrai baiser qu'ils partageaient, incendiaire et déroutant. Accroché à Jiro comme un naufragé à sa bouée, le jeune homme participait autant qu'il subissait, cette fois loin d'être le dominateur dans ce baiser passionné, bien différent de tous ceux qu'il avait pu donner ou recevoir.
Il y avait dans l'étreinte de Jiro quelque chose d'affamé et de désespéré, une pure passion qu'il n'avait jamais ressenti dans aucune des étreintes qu'il avait pu partager avec des filles de son âge. Passion qui l'enthousiasmait autant qu'elle l'effrayait.

Jusqu'au baiser inattendu, Eiji avait à peu près su où il voulait aller, et ce qu'il voulait obtenir. Enfin... plus ou moins. Embrasser son sensei, arriver à assumer ce dont il avait envie, y gouter réellement. Que celui-ci le repousse n'avait pas été une option. Pourtant, il n'avait jamais imaginé ce qu'il se passerait quand Jiro participerait vraiment, chamboulant la maladresse adolescente avec la passion d'un adulte qui avait déjà une idée de ce qu'il voulait. En cet instant où enfin il y goutait, l'inquiétude se mêlait à l'envie d'y toucher plus encore.

Une explosion bruyante scinda le ciel de scintillements rouges et or au dessus de leur tête, manquant de faire sortir Eiji de sa peau. Le jeune homme rompit doucement le baiser avant d'enfouir son visage dans le coup de son sensei, trouvant naturellement sa place dans les bras d'un homme de quasi même taille et stature. Le souffle court, le jeune homme essayait de convaincre les battements de son coeur d'arrêter de tenter de détruire sa cage thoracique, sans y arriver alors que le souffle chaud de Jiro venait caresser sa nuque avec régularité.
Heureusement pour lui, l'eau froide qui les tenait dans sa méticuleuse caresse restait un dernier rempart à la décence, interdisant à son corps de s'échauffer plus encore.

« Finalement le feu d'artifice est bien plus beau vu de l'eau... » Et des bras de Jiro.

Un peu perdu, le jeune homme attrapa la main de Jiro et le tira avec lui en direction de la berge, attrapant au passage les getas qui flottaient sagement à la surface. Bientôt le niveau de l'eau baissa, laissant la réalité du yukata trempé pesait comme une chape frigide sur ses épaules. Seule la main de Jiro restait brulante entre ses doigts, la ligne de vie qui continuait à lui signifier que ce moment n'était pas juste un rêve fantasmé au creux de ses draps.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jiro Egawa
Admin martyr
Prof d'espagnol

avatar


Personnage
Âge : 24 ans
Chambre / Appart : en ville

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Sam 16 Avr - 11:42

L'explosion sonore et lumineuse fut suivie de près par la fin de leur baiser enflammé, ramenant brutalement Jiro à une réalité à laquelle il ne voulait pas penser pour l'instant. Tout était bon pour retarder le moment où il devrait y faire face et assumer ses actes. Là, tout de suite, il ne voulait pas penser qu'Eiji était son élève. Le sentir se blottir contre lui était une très bonne façon de ne pas y songer, et il se laissa aller à savourer cette sensation. Dans cette position, il pouvait sentir le cœur affolé du jeune homme, faisant écho au sien, et sa respiration précipitée qui venait lui chatouiller le cou.

Jiro ne put retenir un sourire tendre et amusé au commentaire sur le feu d'artifice, auquel il répondit par un petit "oui" murmuré. La pudeur avec laquelle Eiji avait détourné son sentiment sur leur étreinte était touchante.
Que de chemin avait-il dû parcourir depuis qu'il s'était endormi sur ses genoux après lui avoir avoué son homosexualité. Il aurait aimé l'aider, mais l'adolescent l'avait fuit juste après ça. Et puis ... aurait-il réussi à être suffisamment détaché ? Finalement, il y était arrivé seul ou, du moins, sans lui. Il s'en sortait même plutôt bien pour quelqu'un qui était si virulent dans ses propos quelques mois plus tôt.

Docile, Jiro suivit le jeune homme vers la berge, le regard rivé sur leurs mains jointes. Ce ne fut qu'une fois sorti de l'eau qu'il réalisa qu'Eiji était totalement perdu. Sa façon de se mouvoir, son regard, son expression ... Il avait réellement dû les vouloir, lui et ce baiser, mais visiblement sans jamais songé à "après" ...
Jiro avait eu tord : Eiji n'avait pas encore abouti sa démarche ... C'était logique en même temps ...
Et lui ? Lui qui venait de céder à son désir et d'enfreindre l'interdit, que devait-il faire à présent ?

" Il faut faire un vœu. "

C'était la tradition. Faire un vœu en regardant le feu d'artifice dans le ciel étoilé. Le kyudojin leva le regard vers le ciel embrasé. Son vœu à lui n'avait rien de concret. Il existait pourtant bel et bien mais ... il était incapable de lui donner forme, même en pensée ...

Un soupir résigné plus tard et Jiro reporta son attention sur celui qui l'accompagnait et dont il n'avait pas lâché la main brûlante. Les lumières vives des nébuleuses pyrotechniques lançaient des reflets irisés sur les gouttes glissant de sa chevelure vers son visage. Le regard de l'adulte suivit le chemin de l'une d'entre elles jusque sur l'épaule d'Eiji, épaule dénudée par un yukata légèrement défait et devenu trop lourd après son passage dans le lac.
Envoûté par ce spectacle, Jiro leva sa main libre pour remettre le tissu à sa place, tout en déposant un baiser à la base du cou, au creux de cette épaule brillante d'humidité.

" Tu vas attraper froid ... "

✂- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -


Lorsque le thé est fait avec l'eau tirée des profondeurs de l'esprit
dont le fond dépasse la mesure, nous avons vraiment ce que l'on appelle le chanoyu.


Toyotomi Hideyoshi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eiji Kimihiro
Élève de la 3-A

avatar


Personnage
Âge : 20 ans
Chambre / Appart : 102

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Sam 16 Avr - 18:18

Cette nuit prenait des allures de fantaisie à demi-réelle, renforcée par l'herbe humide et les feux d'artifice qui changeaient à chaque instant les couleurs de l'atmosphère. Même les frissons provoqués par son yukata détrempé – à moins que ce ne soit par le contact de Jiro ? - n'arrivaient plus à le convaincre de la réalité de la situation. Et c'était plus simple. Si la nuit était tout simplement irréelle, il pouvait se laisser aller à son gré, sans réfléchir.

«Je sais déjà ce que je veux... »

Le baiser de Jiro au creux de son cou fut comme une réponse à son vœu à peine formulé, provoquant des frissons exquis le long de son échine. Envouté, le jeune homme glissa un bras autour de la taille de l'autre homme, décidé à le garder contre lui jusqu'à la fin de la nuit si c'était possible, avant de changer d'idée pour s'assoir dans l'herbe fraiche, tirant sur la main du kyudojin pour qu'il s'asseye avec lui, contre lui, la chaleur de sa peau contre la sienne.
Le geste tranquille de lui remonter son yukata lui avait prendre cruellement conscience que contrairement à des vêtements plus modernes, le yukata glissait bien plus aisément, d'autant plus, quand, mouillés, la ceinture et le tissu en lui-même oubliaient leur tache première de couvrir sa peau. La nuit avait la délicatesse de couvrir son regard troublé, même si le feu d'artifice le mettait à nu régulièrement.

Malgré sa gêne, ce fut lui qui posa sa main légèrement sur la jambe de Jiro en cherchant une position confortable pour s'installer contre lui en regardant le feu d'artifice, recherchant le contact comme un perdu dans le désert se jette dans une oasis, assoiffé autant que plein de révérence devant le miracle qui a apparu devant ses yeux. Entre tissu froid et humide et peau chaude et moite se créaient une alchimie qu'il n'était pas près d'oublier ou de vouloir abandonner. Il voulait plus sans tout à fait savoir comment le demander.

« Tu crois que c'est parce que c'est l'heure du boeuf ? »

Il avait soufflé ces quelques mots contre la peau humide de Jiro, se demandant si son sensei allait les comprendre. L'heure des démons et de la magie... elle semblait tellement bien convenir à leur situation. Il savait, dans un éclat de lucidité, que Jiro ne pourrait que comprendre. Ces longs moments à discuter dans le dojo n'avaient pas tournés seulement autour du kyudo, mais autour de tout et n'importe quoi, de leurs vies, de leurs passions, amenant le kendoka à croire qu'ils étaient sur la même longueur d'ondes sur des détails de ce genre. C'était effrayant autant qu'excitant. Un baiser, un peu plus... il ne voulait pas s'arrêter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jiro Egawa
Admin martyr
Prof d'espagnol

avatar


Personnage
Âge : 24 ans
Chambre / Appart : en ville

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Jeu 21 Avr - 16:20

Jiro retint son souffle un instant. La main sur sa jambe avait fait remonter un frisson qui n'avait rien à voir avec le froid. Sans doute n'y avait-il pas songé en le touchant ainsi, mais Eiji venait de raviver le feu de son bas ventre qui s'était pourtant apaisé au contact de l'eau glacée de l'étang. Le kyudojin serra un peu plus les cuisses, ne voulant pas que l'adolescent remarque son état ... l'état dans lequel il le mettait ...

Un sourire amer vint flotter sur ses lèvres et Jiro ferma les yeux en passant son bras autour des épaules du jeune homme. L'Heure du Bœuf ... Si c'était ça, verraient-ils plus que des lucioles et des éclosions pyrotechniques cette nuit ? Le cortège des démons allait-il les happer pour les tirer de cette réalité où ils n'avaient aucun droit d'être ensemble ? Jiro ne savait pas ce qu'il préférait. Si tout ceci n'était qu'illusion, alors il pourrait reprendre sa vie comme si de rien n'était, oublier qu'il avait cédé à cette pulsion dévorante et interdite, et retrouver cette douleur d'aimer en secret un être intouchable. Pourtant, malgré toute sa foi dans l'existence des esprits japonais, il savait que tout ceci était bien réel et qu'il devrait assumer à un moment ou un autre d'avoir laisser ses sentiments prendre le dessus sur son devoir.

Mais cette nuit, juste cette nuit, il voulait se laisser entraîner par le cortège.

Jiro rouvrit les yeux pour les poser sur la main d'Eiji. Des petites tâches noires brouillaient encore sa vision, telles une multitude de petites noiraudes. Il avait laissé les yeux fermés trop longtemps. La sensation disparut rapidement, lui laissant tout loisir de contempler les contours des doigts sur sa peau. Il posa sa main libre sur celle d'Eiji, caressant ses doigts du bout des siens, et déposa un baiser sur sa tempe.

" Si c'est ça ... j'aimerais qu'elle ne prenne jamais fin. "

C'était impossible, mais qu'importe. Jiro se laissa envahir par la douce chaleur de ce corps contre le sien. Il avait l'impression que cette nuit réveillait ses sens encore plus que toutes les autres. Ses doigts parcouraient doucement les parties de peau qui lui étaient accessibles, que ce soit l'épaule ou la main d'Eiji, faisant battre son cœur de façon désordonnée. L'idée de rester ainsi toute la nuit était tentante.

✂- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -


Lorsque le thé est fait avec l'eau tirée des profondeurs de l'esprit
dont le fond dépasse la mesure, nous avons vraiment ce que l'on appelle le chanoyu.


Toyotomi Hideyoshi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eiji Kimihiro
Élève de la 3-A

avatar


Personnage
Âge : 20 ans
Chambre / Appart : 102

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Jeu 21 Avr - 16:56

Il n'y avait pas si longtemps, Eiji avait eu un discours assez moqueur et cynique sur l'amour. Cruellement abandonné par une petite copine qu'il avait cru aimer – et qu'il aimait vraiment tendrement – il n'avait pas eu envie de croire à nouveau à ce sentiment qui faisait la joie des lycéennes. Pour tout dire, dans un état normal, il avait toujours un peu de mal à croire à ce sentiment fleur bleu créé pour les midinettes. Comme tout bon mal viril, il se contentait de ricaner à l'idée avant de vite détourner la conversation. Être amoureux c'était bon pour les filles.

Restait... qu'il était bien là, contre Jiro, à observer le feu d'artifice et à profiter de la nuit en sa simple compagnie. Que les mots prononcés, aussi bateau puissent-ils sembler être, lui faisaient battre le coeur et donner envie que la nuit ne s'arrête plus. En quelques mots et gestes, ses doutes avaient été balayés. Nul doute qu'au matin venu, quand la nuit ne semblerait plus aussi magique, qu'il se sentirait perturbé de ce qui s'était passé, mais à l'instant même... les conséquences n'avaient plus l'air de vouloir dire grand chose. Autant se laisser happer par la nuit encore jeune et voir au matin ce qu'il en resterait.

Des lèvres douces vinrent caresser sa tempe. Sans vraiment réfléchir à son geste, Eiji tourna la tête pour les rencontrer et approfondir le baiser et le savourer. Moins violent et plus calme que le premier baiser octroyé par Jiro dans l'eau, il avait sa saveur propre, tendre et emprunte d'un désir mal dissimulé. Le jeune homme se tourna plus franchement et glissa son bras autour de la taille de Jiro, amenant plus de peau au contact de la sienne. L'intimité était grisante. Difficile de ne pas se souvenir d'une autre nuit, en un autre temps, où il avait eu une petite jeune fille intimidée dans ses bras. Le souvenir vint et passa, fugace, tant la comparaison était impossible et tant son esprit se refusait à garder des pensées cohérentes à cet instant.

Un geste trop fort, un moment d'incertitude, une peau humide qui ne fait pas une bonne prise et glisse aisément... Il n'aurait su dire quelle alchimie se produisit, mais en un instant, la position avait changé, le laissant à moitié affalé sur un Jiro étalé dans l'herbe fraiche, leurs torses au contact et ses lèvres sur les siennes. Un de ses mains étaient toujours liée à celle de son sensei tandis que l'autre s'était perdue sur le sol, quelque part près du visage de son compagnon, l'empêchant de tomber lourdement sur lui. Un instant contre lui, le jeune homme se redressa un peu, le visage à quelques centimètres du sien, encore confus de leur position et de tout ce qu'elle pouvait sous entendre,sans pour autant avoir envie de s'éloigner.

« Jiro ? »

Le nom du désir et de l'interdit, d'un jeu qu'il ne maitrisait pas et qui l'impressionnait autant qu'il l'attirait. Comme un papillon de nuit qui danse autour de la lumière, incapable de s'en détacher. Avec un peu de chance, il gouterait à sa chaleur, sans se bruler, non ? Il faisait confiance au jeune homme contre lui pour ça...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jiro Egawa
Admin martyr
Prof d'espagnol

avatar


Personnage
Âge : 24 ans
Chambre / Appart : en ville

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Sam 23 Avr - 7:16

Les yeux écarquillés, Jiro essayait de comprendre par quel enchaînement d'évènements il avait bien pu se retrouver allongé dans l'herbe, Eiji au-dessus de lui. Le baiser sur la tempe, le contact de leurs lèvres, le bras autour de sa taille, les corps collés l'un à l'autre, son cœur qui chavirait ... les corps chavirant ... Non, il n'arrivait pas à savoir pourquoi. Mais au final, est-ce que ça l'intéressait vraiment de savoir ? Il s'en moquait. Rien n'avait d'importance hormis Eiji contre lui.
Si le passage au tutoiement l'avait perturbé, l'énoncé de son prénom l'électrisa. C'était pourtant vrai. Là, en cette nuit irréelle, il n'était pas Sensei, il était Jiro. Juste Jiro ...

" Eiji ... "

Comme si cet échange de prénoms avait été un signal annonçant l'anéantissement de ses dernières barrières, sa main se leva, venant se glisser dans la chevelure châtain, et exerça une légère pression pour ramener à lui ce visage qui s'était éloigné. Le baiser langoureux qui suivit était un subtil mélange de désir et de tendresse, de passion et de douceur. La seconde main finit par lâcher celle d'Eiji et se posa à peine plus loin, sur la cuisse que le yukata détrempé avait laissée à nue dans leur chute. Elle remonta avec une infinie douceur, glissant sous le tissu imbibé, atteignant le boxer qui n'avait pas été épargné et sur lequel elle s'arrêta, se crispant sur la fesse ferme.

Un reste de lucidité retenait Jiro dans son désir. Mais ce n'était pas la lucidité qu'il aurait dû avoir, pas celle du professeur face à son élève, commettant un acte répréhensible. C'était cette lucidité de savoir Eiji inexpérimenté et probablement effrayé par ce contact masculin et tout ce qu'il impliquait. Même s'il sentait le désir du jeune homme, il ne voulait pas l'effrayer avec le sien, celui d'un homme plus expérimenté qui n'avait plus de doute sur sa sexualité depuis un moment. Il avait vécu ce moment, lui aussi, et n'avait pas l'intention d'initier Eiji à l'amour dans ces conditions ... Même si cela impliquait de ne jamais l'initier à quoi que ce soit ... car demain ...

Ce baiser avait une saveur unique, la saveur de quelque chose qu'on ne goûterait plus jamais ...


✂- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -


Lorsque le thé est fait avec l'eau tirée des profondeurs de l'esprit
dont le fond dépasse la mesure, nous avons vraiment ce que l'on appelle le chanoyu.


Toyotomi Hideyoshi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eiji Kimihiro
Élève de la 3-A

avatar


Personnage
Âge : 20 ans
Chambre / Appart : 102

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Mer 27 Avr - 17:57

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jiro Egawa
Admin martyr
Prof d'espagnol

avatar


Personnage
Âge : 24 ans
Chambre / Appart : en ville

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Mer 27 Avr - 20:38


✂- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -


Lorsque le thé est fait avec l'eau tirée des profondeurs de l'esprit
dont le fond dépasse la mesure, nous avons vraiment ce que l'on appelle le chanoyu.


Toyotomi Hideyoshi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eiji Kimihiro
Élève de la 3-A

avatar


Personnage
Âge : 20 ans
Chambre / Appart : 102

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Jeu 28 Avr - 9:52

Le feu d'artifice s'était tu depuis bien longtemps, leur laissant pour seul couverture un ciel d'encre où un fin croissant de lune dégageait une lumière pale. Allongé contre Jiro, la tête sur son épaule et sa main mollement posée sur son flanc, le jeune homme savourait la tranquillité qu'il découvrait d'un autre oeil après l'effervescence de plaisir qui l'avait laissé pantelant dans les bras de son amant, perdu dans les sensations et dans les caresses. Le silence s'était étiré, confortable, alors que le contact de leur peau venait prolonger le charme.

Il n'avait pas vraiment envie de voir revenir le matin, de connaître le moment où il rougirait en regardant Jiro dans les yeux, incapable de le voir sans penser à ce qu'ils avaient fait. Dans un soupir, le jeune homme se redressa et embrassa un croissant de peau plus sombre au milieu de la couleur laiteuse, l'endroit où il l'avait mordu. Il s'était arrété juste avant de véritablement rompre la peau, mais la marque sombre était sans équivoque et resterait bien après le matin. Il était géné d'avoir laissé une telle marque... et fier de lui, quelque part. Ce souvenir visible rendait impossible d'effacer ce qui s'était passé cette nuit en un revers de main. Il avait laissé une marque sur un autre homme pendant qu'il... la pensée envoyait encore des décharges dans son bas-ventre.

« Désolé... »

Il ne l'était pas vraiment, beaucoup trop satisfait de lui à cet instant. Mais c'était ce qu'il devait dire, non ? Il aurait voulu être plus adroit, et plus assuré, pour savoir quoi faire ou dire en cet instant, mais rien dans ce qu'il avait jamais vécu, ou lu, ne l'y avait préparé.
Les yeux mi-clos, Eiji observa une luciole se mettre à briller à quelques pas d'eux, son corps fragile émettant une faible lueur au milieu des hauts brins d'herbe. Elle menait sa vie tranquillement, se fichant au plus haut point de ce qui s'était passé dans l'herbe à côté d'elle et qui avait bien pu changer la vie de deux personnes en quelques instants. Il aurait aimé être aussi invisible aux yeux du reste du monde de la même manière qu'il l'était pour cet insecte, et, en quelque sorte, c'était ainsi que la nuit se déroulait.

« Jiro ? »

Une fois de plus, il gouta son nom d'une voix douce et légèrement interrogatrice, sans autre raison de l'appeler que de vouloir voir ses yeux sombres se tourner vers lui. Il se transformait en midinette énamourée et y prenait goût...
Pour un peu, tous les soucis de la semaine passée semblaient devenir insignifiant, voir amplement mérité pour gouter à l'instant paisible qu'il vivait maintenant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jiro Egawa
Admin martyr
Prof d'espagnol

avatar


Personnage
Âge : 24 ans
Chambre / Appart : en ville

A savoir :

MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   Ven 6 Mai - 23:26

Le souffle du vent dans les feuillages, le craquement des arbres, le clapotis léger de l'étang à chaque poisson effleurant la surface, le chant des cigales ... Le vacarme des explosions pyrotechniques avait laissé place aux murmures de la nuit depuis un moment, pourtant chaque son semblait plus assourdissant de minute en minute. Une effervescence nocturne qui faisait écho à celle de ses pensées et aux battements frénétiques de son coeur.
Il venait sans doute de commettre la plus grosse erreur de toute sa vie, sans parvenir à le regretter ... pour l'instant ... Dans le pseudo silence de la nuit, Jiro savourait le dernier moment de calme avant la tempête qui ne manquerait pas de l'assaillir dès le lendemain. Il n'avait pas bougé, rien dit, laissant le temps nécessaire à Eiji pour retrouver son souffle et ses esprits.

Leurs deux corps s'étaient réchauffés, depuis leur bain forcé, et il n'y avait guère plus que le contact encore humide des yukatas pour rappeler leur chute dans l'étang. Jiro fixait le plafond étoilé, cherchant machinalement à retrouver les constellations qu'il connaissait, lorsque les lèvres de son jeune amant vinrent embrasser la peau qu'il avait mordue peu de temps avant. Il ferma les yeux dans un petit soupir, un sourire amusé en guise de réponse à la pseudo excuse. La chair sensible le picotait par intermittence. Combien de temps garderait-il cette marque ? Une chance qu'Eiji n'ait pas mordu plus haut, sinon il aurait été condamné aux cols roulés et autres foulards pendant les premières semaines de juillet. Là, les chemises seraient largement suffisantes.

L'énoncé de son prénom l'étonna tout autant que la première fois. Dans la bouche d'Eiji, il avait une saveur particulière qui le faisait frissonner. Jiro tourna la tête pour plonger son regard sombre dans celui du kendoka. Sa main alla se poser sur la joue fraîche et ses lèvres vinrent chercher un baiser tendre.

" Je suis là. "

Un sourire doux et rassurant pour répondre aux incertitudes qui devaient planer dans la tête du jeune homme, puis la discussion s'engagea naturellement, comme ils l'avaient fait maintes fois dans l'enceinte du dojo d'Hamura. Mais cette fois-ci, Eiji était blotti entre ses bras et il sentait la chaleur de sa peau contre la sienne ...
Ils avaient la nuit pour eux, juste cette nuit, et Jiro ne voulait pas en perdre une seconde. Même s'il savait déjà que les premières lueurs du jour éclaireraient sa faute de façon douloureuse, il ne voulait pas y songer tant que la nuit les couvrait encore de son manteau pudique.

✂- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -


Lorsque le thé est fait avec l'eau tirée des profondeurs de l'esprit
dont le fond dépasse la mesure, nous avons vraiment ce que l'on appelle le chanoyu.


Toyotomi Hideyoshi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: [Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]   

Revenir en haut Aller en bas
 

[Festival]Denial is not just a river in Egypt [Terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ginkgo Gakuen :: Hors de l'enceinte de l'école :: Nature :: Sanctuaire Yokuoin-
Sauter vers: